A MONSIEUR ROUGET DE LISLE
« L'argent vous pleut, mon cher ami. M. d'ArgouL charge Mérimée, chef de son secrétariat, de m'instruire que votre pension au ministère du commerce vient d'être portée à 1,000 francs. Il désire savoir si enfm je suis coulent. Certes, je le suis, et à Tinstant j'écris à Monseigneur pour le remercier et lui annoncer que sans doute vous en ferez autant dèsque vous aurez connaissance de sa décision.
« Vous voilà-t-il riche I Quand je vous disais que le tout était de vivre. Vous le voyez bien maintenant. 3,500 francs de rente ! Qu'allez-vous faire de tout cela ? Je crains que l'embarras des richesses ne vous fasse perdre la tète. Et puis, qu'on nous dise maintenant que la révolution de Juillet n'a rien produit de bon 1 Ah ça ! n'allez pas vous laisser atteindre par le choléra, à présent que vous êtes millionnaire ! Vous êtes assez maladroit pour vous laisser mourir au moment où vous avez enfm de quoi vivre. Ne bougez pas de votre trou ; le mieux est de rester en place. Quant à moi, je vais de Passy à Paris, et de Paris à Passy, me moquant de Tépidémie, et bien portant au milieu des malades et des médecins.