‹ Le Béranger des famillesChapitre 63 sur 127 · LE TOURNEBROCHE · texte numérisé non relu

LE TOURNEBROCHE

Air : Le bruit des roulettes gâte tout.

Du dîner j'aime fort la cloche, Mais on la sonne en peu d'endroits; Plus qu'elle aussi le tournebroche A nos hommages a des droits.

Combien d'ennemis il rapproche Chez le prince et chez le bourgeois!

A son doux tic tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis.

Qu'on reprenne sur la musique Les querelles du temps passé ; Que par l'Amphion italique Le grand Mozart soit terrassé ; Je ne tiens qu'au refrain bachique Par le tournebroche annoncé.

A son doux tic tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis.

Lorsque la Fortune à sa roue Attache mille ambitieux,

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Les précipite dans la boue

Ou les élève jusqu'aux cieux,

C'est la broche, moi, je l'avoue,

Dont la roue attire mes yeux.

A son doux tic tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis.

Une montre , admirable ouvrage , Des heures décrivant le cours, Règle, sans en charmer l'usage , Le cercle borné de nos jours ; Le tournebroche a l'avantage D'embellir des instants trop courts.

A son doux tic tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis.

Ce meuble, suivant maint vieux conte,

A manqué seul à l'âge d'or ;

C'est l'Amitié qui, pour son compte,

Dut en inventer le ressort.

Vivent ceux que sa main remonte!

Mais gloire à celui du Trésor M A son doux tic tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis.

* C'est-à-dire à la cuisine des ministres d'alors, qui donnaient beaucoup de diners. (Xote de l'Éditeur.)

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