SCENE IX RAYMOND, LAURENCE, M. DE GIRIEU
RAYMOND, à Laurence, très simplement.
Eh bien?
LAURENCE, de même.
Il vient de s'endormir.
RAYMOND, toujours simplement.
La fièvre ?
LAURENCE, de même.
Toujours.
RAYMOND
A-t-on mis un thermomètre ?
LAURENCE
Oui.
RAYMOND
Combien ?
LAURENCE
Trente-neuf.
RAYMOND
La toux ?
LAURENCE
Incessante. La respiration difficile.
Le visage congestionné ?
LAURENCE
Oui.
RAYMOND
Le docteur vous a donné son ordonnance ?
LAURENCE
Je venais vous la montrer. Je ne comprends pas bien ceci. [Ils sont très près l'un de l'autre, regardant tous deux l'ordonnance que tient Raymond.)
RAYMOND, lisant.
« Tenir la température égale dans la chambre du malade. »
LAURENCE
Bien.
RAYMOND, lisant.
« Envelopper les jambes de ouate et recouvrir de taffetas gommé... ». Je vais le faire moi-même, dès qu'il sera réveillé. Vous direz qu'on me prévienne.
LAURENCE, à Raymond.
Qu'est-ce qu'il faudra lui donner à boire ? J'ai oublié de le demander et il a soif.
RAYMOND
De la mauve.
Il ne l'aime pas, je crois.
RAYMOND
Si, si... Vous vous rappelez, lorsqu'il a eu la rougeole.
LAURENCE
Oui, oui !.., Avons-nous été inquiets, là, encore !
RAYMOND
Il la boit volontiers... Vous vous rappelez bien ?
LAURENCE
Oui, je me rappelle, en effet... Alors, de la mauve... Relisons l'ordonnance : je n'ai rien oublié?... Sinapismes... La ouate, c'est vous qui vous en occupez. Moi, je vais faire faire le sirop. Ensuite... d'heure en heure... une cuillerée à café de la potion suivante.. [Le rideau baisse pendant qu'elle continue, — M. de Girieu est sorti lentement sur les derniers mots.^