CHAPITRE III
Le front de Macédoine et les armées en présence.
es préliminaires achevés, les opérations ne tarderont pas beaucoup à être reprises. En France, le Grand quartier général les désirait. Toute menace contre l'ennemi, dans les Balkans comme en Russie, ne pouvait que profiter au front d'Occident où Ton s'attendait à quelque grand coup de TEtat-major impérial. D'autre part, aucune diversion sérieuse ne pourrait être entreprise en Macédoine avant l'arrivée de renforts suffisants lents à venir.
Car les forces germano-bulgares méritaient considération. Sans parler des éléments austro-hongrois qui s'acheminaient vers l'Albanie, elles représentaient une masse de 200 bataillons, alors qu'Anglais et Français réunis n'en comptaient pas 100. Huit des douze divisions de l'armée bulgare avaient été identifiées sur la frontière; une neuvième était signalée en réserve; grosses divisions de 22 bataillons, sauf deux d'entre elles réduites à 20 et à 18 bataillons.
1 Les indications de ce chapitre et des suivants relatives à l'armée serbe m'ont été procurées, en majeure partie, par l'obligeant intermédiaire de M. le commandant Stoyanovitch, de l'état-major de la 3 e armée.
Leur stationnement jalonnait le front tout le long de la ligne frontière.
A l'aile droite, la 8 e division était établie dans la contrée de Monastir, tenant la plaine entre le massif du Péristéri qui la sépare du bassin du lac Presba, et celui du Kaïmakchalan dont les premiers contreforts orientaux s'élèvent au sud de la boucle de la Tcherna. A gauche de cette division, la 3 e , après avoir suivi les Serbes en Albanie, était venue occuper les régions supérieures de la Moglena, amphithéâtre montagneux ouvert au sud, entre le Kaïmakchalan à l'ouest et la croupe de la Dzena à Test, et d'où descendent les torrents qui, réunis, formeront laMoglenitsa. Ces deux divisions, droite du dispositif germano-bulgare, sont sur la voie par où Ton accède à la plaine du Bas- Vardar en venant de l'ouest. Elles sont sous les ordres du général Boyadjeff.
Le centre du dispositif, de part et d'autre du Vardar, à sa sortie des montagnes vers Guevgueli, était composé des 5 e , g e et 2 e divisions bulgares et de la ioi e allemande. C'est l'armée du général ThéodorofF. La 5 e division occupait les hauteurs de la rive droite, sous la Dzena, hauteurs de Huma à Guevgueli ; la division allemande était dans le couloir, sur la rivière même ; les 9 e et 2 e occupaient l'espace qui s'étend jusqu'au lac Doiran. De l'autre côté du lac, ce dispositif central était prolongé, dans les défilés de Belès, par la 1 I e division.
Les 7 e et 10 e divisions étaient à l'aile gauche du front, la 7 e devant le défilé de Rupel, la 10 e plus à l'est. Le général Jecof exerce le commandement dans cette région.
La réserve générale, 6 e division, stationnait au nord de la 7 e , dans la vallée de la Strouma, d'où elle pouvait se porter ou en renfort de la gauche en descendant la vallée, ou vers le centre par Stroumitsa, ou encore être acheminée au front roumain qu'observaient les i ie et 4 e divisions, avec la 12 e en seconde ligne.
Les neuf divisions de la frontière grecque, plus la 101 e division allemande à neuf bataillons, représentaient au total 201 bataillons. Une fois mis en ligne les derniers éléments revenus d'Albanie, le groupement complet sur les trois grandes voies d'approche du camp de Salonique fut le suivant :
voie d'approche de la Moglenitsa, deux divisions ;
voie d'approche du Vardar et du Galiko, cinq divisions;
voie d'approche de la Strouma, trois divisions.
L'arrêt sur la frontière avait rompu le contact avec les troupes alliées. Il s'était établi, en revanche, avec les troupes neutres mais tiraillées dans des sens contraires de la Grèce. Les deux politiques véniséliste et royale travaillaient Tannée hellénique avec prédominance, à cette époque, de la seconde.
Au mois de septembre 191 5, alors que les élections législatives favorables aux libéraux avaient imposé au roi Constantin le rappel de Vénisélos, celui-ci avait décrété la mobilisation générale de l'armée en réponse à la mobilisation bulgare. Quinze divisions, soit cinq corps d'armée, étaient prêtes à marcher. Avec un appoint allié, cette force serait en mesure de tenir la Bulgarie en respect et, le cas échéant, de seconder efficacement la Serbie.
Sur quoi, le roi avait renvoyé son premier ministre, dissous la Chambre, et gardé l'armée mobilisée à ses ordres. Les troupes de Macédoine, avec lesquelles les Germano-Bulgares étaient maintenant en contact à la frontière, étaient celles du 3 e corps d'armée grec à Salonique, — 10 e , 11 e et 12 e divisions, Salonique, Verria et Koziani — , et celles du 4 e corps d'armée, général Hodjapoulos, — 5 e , 6 e et 7 e divisions — , à Test de la Strouma, de Rupel à Cavalla.
Sur ces entrefaites, les renforts attendus par le général Sarrail commencèrent à débarquer. Le premier fut la 17 e division française coloniale, commandée par le général Gérôme, et qui arriva à Salonique au mois de février. Sa formation avait été facilitée par la dissolution du corps des Dardanelles. Les éléments blancs de ce corps avaient été réunis pour composer deux régiments (54 e et 56 e d'inf. col.) ; deux autres régiments étaient venus de France (i er et 3 e d'inf. col.).
Cette division arrivait à point pour permettre au général Sarrail de se constituer une réserve qui, jusqu'alors, lui avait manqué. Une des brigades fut envoyée dans le secteur britannique afin d'y organiser, à l'aile droite, au nord de la Chalcidique, la deuxième ligne fortifiée du camp. L'autre fut portée en avant de la région de Langaza, en avant-poste, afin de contenir, le cas échéant, à distance de cette région si rapprochée de Salonique, une artillerie lourde ennemie qui aurait pu être tentée d'essayer un bombardement de la ville. A la suite de ce renfort, le contingent français se trouva composé de quatre divisions à douze bataillons, plus le régiment de zouaves.
Simultanément, l'Angleterre avait envoyé une brigade de Yeomanry, et quelques semaines plus tard, en avril, ce fut au tour de l'armée serbe de débarquer. Sous le commandement du voïvode Boyovitch, elle constituerait la principale masse offensive du corps expéditionnaire.
Sa réorganisation avait été plus rapide qu'on n'eût osé le croire. Après sa tragique retraite à travers l'Albanie et le Monténégro, elle avait erré sur la côte de l'Adriatique, attendant que son sort fût définitivement arrêté et subissant, en attendant, les contre-ordres provoqués par les débats des gouvernements alliés. Ensuite d'une première résolution, 10.000 hommes avaient été transportés à Bizerte. Puis l'île de Corfou fut désignée pour recevoir l'armée. Les transports durèrent du 6 janvier au 10 février. A la suite de vicissitudes, les derniers convois, 8000 hommes et 10.000 chevaux embarqués à Valona, n'arrivèrent que le 5 avril. Y compris les hommes de Bizerte et 5ooo autres qui avaient accompagné la retraite des divisions Sarrail, le nombre des Serbes échappés de la campagne de 191 5 s'élevait à environ i5o. 000 hommes.
Ils débarquèrent sur divers points de l'île, dans un état piteux, affamés, anémiés, déguenillés et sans matériel de campement. Le dernier changement de destination, — île de Corfou au lieu d'Alger et Tunis, — avait été décidé comme les transports de matériel chargés de précéder l'arrivée des troupes étaient en mer, gagnant les côtes de la Tunisie. Les préparatifs n'étaient donc pas à jour, et lorsque les premiers échelons de troupes arrivèrent dans l'île du Lazareth, puis dans le port de Govino, puis dans celui de Corfou, les installations indispensables n'étaient pour la plupart qu'ébauchées. L'absence de tous moyens de communications d'ordres et de rapports compliquait gravement les opérations ; il n'y avait ni téléphone, ni télégraphe, ni bicyclistes, ni motocyclistes, ni automobiles, ni même d'estafettes à cheval. On mit en œuvre les unités du génie et du service des chemins de fer serbes, une compagnie du génie français, un détachement du génie de la Mission britannique, et finalement, à fin février encore, un bataillon d'infanterie fut mis en chantier dans la région méridionale de l'île pour les constructions de routes à l'usage des camps. Au début, les vivres avaient manqué ; le bois de chauffage et de cuisine pareillement, alors que le temps était froid et pluvieux ; les installations sanitaires étaient incomplètes; les camps, où les tentes étaient rares, devaient être improvisés. Chez ces troupes épuisées, dont les hommes avaient souffert d'une tension
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l • STROUM A. — Les rampes de gauche sont celles du front britannique, et ultérieurement hellénique, sur la Strouma, face a la plaine de Sérès, prés du pont d'Orljak.
8 LA STROUMA ET LES MONTS BELES. - Au sortir de la
gorge de Rupel, qu'elle traverse du nord au sud, la Strouma contourne l'extrémité orientale des monts Belés et se dirige à l'ouest vers les marais de Butkova. La photographie a été prise dans la direction des marais, soit face à l'ouest, et prend d'enfilade la dépression entre les pentes méridionales des monts Belés et les pentes septentrionales du Krusa Balkan (hors de la photographie, à gauche). Les montagnes du fond sont celles de la rive occidentale du Vardar, dans la région de Doiran et plus loin vers l'ouest.
nerveuse trop prolongée, ces dernières épreuves devinrent presque insupportables. Jusqu'alors les pires fatigues avaient été soutenues. La réaction se produisait ; la proportion des malades et des morts s'accrut tout à coup considérablement.
Petit à petit cependant, et grâce surtout aux missions française et anglaise, Tordre s'établit et l'hygiène put être observée. La concentration du début dans le nord de l'île, trop dense mais imposée par les circonstances, fut élargie. Des camps assez nombreux et espacés furent installés dans l'île entière. Néanmoins ce ne fut guère que dans le courant de mars qu'un repos réellement réparateur fut procuré à la totalité de ces débris héroïques d'une armée particulièrement malheureuse. De ce moment, et le printemps ayant succédé à une longue période de pluie d'hiver, l'état sanitaire s'améliora promptement. Lorsque débutèrent les nouveaux transports à destination de la Chalcidique, le 8 avril, le pourcentage des maladies s'était abaissé d'une façon réjouissante ; le physique des hommes devenait très satisfaisant. Après une période de réentraînement succédant à celle de la convalescence, la nouvelle armée serbe allait être en mesure de reparaître avec vigueur sur les champs de bataille des monts macédoniens.
Mais elle était réduite de moitié. Des 1 1 ! / 2 divisions entrées en ligne au mois d'août 1914, on n'en avait plus formé que six, plus une division de cavalerie à quatre régiments et les unités et services à la disposition du G. Q. G. Les six divisions d'infanterie comprenaient chacune 4 régiments à 3 bataillons, 1 régiment d'infanterie du I er ban, une cavalerie divisionnaire, une artillerie divisionnaire possédant des batteries de campagne, de montagne et d'obusiers, un génie divisionnaire, les unités sanitaires et d'intendance nécessaires, les services et le train. Accouplées, ces divisions formèrent trois armées, savoir. i re armée: les divisions Morava et Vardar ; 2 me armée : divisions Choumadia et Timok ; 3 me armée : divisions Drina et Danube. En outre, il fut décidé de former à l'aide des prisonniers yougo-slaves en Russie, qui se déclareraient disposés à combattre comme volontaires au service de l'Entente, une division qui pourrait devenir un corps d'armée par la suite.
Les bases de cette organisation avaient été jetées dans une conférence de représentants militaires de la Serbie et de la France, tenue à Paris, au mois de mars. Cette même conférence avait arrêté les mesures à assumer par la France et l'Angleterre pour fournir à l'armée serbe le complément
de matériel, d'armement et d'effets d'équipement, et, d'une manière générale, les ravitaillements dont elle aurait besoin. Quant à la mission de la nouvelle armée, elle serait, eu égard à la situation générale politique et militaire, de former au front des Balkans le noyau des forces alliées auquel incomberait la délivrance du territoire serbe et l'écrasement de l'envahisseur. Une division de volontaires yougo-slaves, constituée à l'aide des prisonniers en Russie, coopérerait à cette mission au front des armées russoroumaines, lorsque la Roumanie dont l'entrée en guerre aux côtés de l'Entente était considérée comme certaine démasquerait son intention.
Donc, le 8 avril, les transports débutèrent. Ils se succédèrent dans Tordre de numérotage des armées, division Morava en tête. Ils ne comportaient d'ailleurs, outre les hommes vêtus de neuf et munis de leurs fusils, que les chevaux et le peu de matériel que l'armée avait pu conserver pendant sa retraite. Tout le gros armement, voitures de guerre, équipements des diverses armes et services, munitions, devait être délivré en Chalcidique, au fur et à mesure de l'arrivée des unités.
Ces effets avaient été concentrés dans le midi de la France, à Orange, Lunel et Montauban, centres de réunion du matériel des trois armées. Des commissions serbes étaient venues en prendre livraison. En Chalcidique, une commission franco-serbe, composée d'officiers supérieurs de toutes armes et de toutes les spécialités techniques, avait préparé le débarquement et la distribution immédiate aux corps de troupes.
Le port de Mikra, non loin de Salonique, dans la Chalcidique du Nord, avait été choisi comme lieu de débarquement, et la vallée de la Vassilika comme région de stationnement et territoire de réentraînement avant l'envoi au front. Ce port modeste avait été transformé en une grande station de débarquement et base de ravitaillement. De nombreux pontons avaient été construits, les dépôts organisés, les magasins, les boulangeries, les locaux sanitaires installés. Des troupes de la 17™ division coloniale française avaient été mises à réquisition, à son arrivée des Dardanelles, pour aider aux travaux.
Le programme du débarquement prévoyait, dès la descente à terre, le passage des troupes dans les établissements de bain où leurs effets étaient désinfectés. Elles étaient ensuite soumises à une quarantaine de cinq jours au camp de Sédès d'où elles se rendaient dans leurs camps permanents. Mais dès l'arrivée des troupes de la division Morava, on
put constater que les précautions observées à Corfou avaient créé un état sanitaire tout à fait favorable qui dispensait de la quarantaine. Les divisions suivantes n'y furent plus soumises et purent se rendre directement dans leur rayon d'entraînement.
La fourniture des moyens de transport, les embarquements dans Tile de Corfou, le choix des itinéraires, le débarquement, avaient été confiés à la marine française. L'Angleterre et l'Italie lui prêtaient leur concours en mettant à sa disposition un certain nombre de bateaux-transports. L'Angleterre avait assumé en outre le service d'escorte par des bâtiments de guerre.
Afin d'éviter le risque des sous-marins, les gouvernements alliés, principalement le gouvernement français, avaient sollicité de la Grèce le passage par son territoire. Les troupes serbes ou partie d'entre elles auraient été transportées par voie ferrée de Patras à Ecatherina. Le gouvernement serbe avait également envoyé à Athènes un délégué spécial chargé, avec le ministre de Serbie et les représentants des gouvernements alliés, de stipuler un accord avec la Grèce et de régler les questions d'ordre technique.
Le gouvernement du roi Constantin, infidèle toujours à ses engagements envers la Serbie, — le cabinet Skouloudis était alors au pouvoir, — refusa catégoriquement. Il invoqua les exigences d'une neutralité qui était déjà une violation du traité d'alliance. Le gouvernement serbe fit appel aux sentiments d'humanité du cabinet hellénique: « Bien qu'il y ait d'autres chemins sur le territoire grec pour effectuer ce transport, lui mandait-il, le gouvernement serbe insiste sur l'itinéraire mentionné dans l'unique but d'éviter qu'un quelconque de ses transports soit coulé. Les pertes que la Serbie a subies pendant cette guerre sont si grandes et si hors de proportion avec ses forces réelles, que le gouvernement serbe se considère en droit de chercher les moyens d'éviter au moins les pertes inutiles... »
M. Skouloudis fit savoir au ministre de Serbie qu'il avait déjà répondu aux représentants de l'Entente que le transport par terre des troupes serbes ne pouvait absolument pas être admis et que, par conséquent, il ne pouvait entrer en aucune nouvelle conversation à ce sujet 1 .
1 Livre blanc grec, I, n<? 8 39 à 44, avril 1916.
Pendant que les pourparlers traînaient en longueur, la marine française avait pris ses mesures et s'était appliquée à surmonter les risques. Le premier transport avait quitté Corfou le 8 avril, a-t-on dit. Il était parti du port de Govino où furent embarquées la i re armée et la division de cavalerie. Les 2 e et 3 e armées partirent du port de Moraïtika. Le 6 juin, le dernier échelon de Tannée serbe prenait terre à Mikra. 11 ne restait à Corfou que le Ministère de la guerre et des commandements territoriaux, un bataillon des plus vieux soldats de la campagne précédente, quelques autres faibles détachements, un peu de gendarmerie, des institutions sanitaires de l'arrière, des compagnies d'ouvriers, au total une dizaine de mille hommes. Les effectifs de Bizerte furent maintenus en ce lieu à titre de réserves. Les transports s'étaient élevés au nombre de soixante-quinze, exécutés par vingt et un navires français, cinq italiens et trois anglais. Aucun accident ne se produisit, aucun bâtiment ne fut coulé.
Les troupes purent commencer leur instruction sans retard et se familiariser avec 1e nouveau matériel livré par la France. Les officiers de la Mission française visitaient continuellement les camps, donnant les renseignements et les directions. Les exercices furent poursuivis avec intensité malgré les chaleurs excessives. Lorsque le mois de juin amena la température d'été, le soldat serbe accoutumé à un climat moins chaud souffrit beaucoup d'un pays dépourvu d'arbres et pauvre en végétation. Néanmoins, dès la seconde quinzaine du mois, les troupes presque complètement rééquipées et prêtes à combattre pour la plupart, — il ne manquait plus qu'un peu d'artillerie et quelques trains, — furent en état de commencer le mouvement vers la frontière.
Les Russes et les Italiens devaient suivre en juillet et en août; les premiers, brigade Dietrich de six bataillons d'infanterie, mais sans aucun service, eurent un peu de peine à être constitués. Les seconds débarquèrent en fort bel ordre, munis d'un équipement irréprochable. Leur division, n°35, commandée par le général Petitti di Roreto, comprenait les deux brigades Sicilia et Cagliari, de deux régiments à trois bataillons chacune 1 . En outre, deux compagnies de mitrailleurs-bersagliers ; un escadron de cavalerie ; huit batteries de montagne et diverses troupes du génie, sapeurs, mineurs, pontonniers, télégraphistes.
1 Brig. Sicilia, 6je et 62e rég. d'inf. ; brig. Cagliari, 63 e et 64e rég.
En définitive, pour s'opposer aux 201 bataillons germano-bulgares, l'armée Sarrail comprenait en mai 19 16:
Six divisions serbes 72 bat.
Cinq divisions britanniques 60 bat.
Quatre divisions françaises plus un régiment de zouaves 5i bat.
Total i83 bat.
Renforts à fin août :
Une brigade russe 6 bat.
Une division italienne 12 bat.
Total 18 bat.
Total général, 201 bataillons.
Cependant, trois des divisions britanniques dénuées de transports devaient être décomptées pour une opération offensive, soit trente-six bataillons à laisser dans le voisinage immédiat du camp. Une différence existait aussi entre les effectifs des bataillons bulgares, maintenus à mille hommes par la proximité de leurs dépôts, et ceux des bataillons français et serbes. Par ordre du G. Q. G. d'Occident, les bataillons français durent être réduits à huit cents puis à six cents baïonnettes. Il en fut de même des bataillons serbes empêchés de récupérer leurs pertes. En fait, lorsque en été l'offensive pourra être sérieusement engagée, le général Sarrail disposera dans son secteur d'attaque de 118.000 rationnaires serbes et de 112.000 rationnaires français. Les troupes d'étape sont comprises dans ce dernier chiffre, savoir : trois bataillons indo-chinois, trois bataillons malgaches, deux bataillons de récupérés tirailleurs algériens et un bataillon de zouaves territoriaux. Les Anglais occuperont un secteur défensif. Les Russes et les Italiens ne sont .pas encore arrivés.
9. LA BUTTE DE KILKICH. - A quelque vingt-cinq km. au nord du Camp retranché, cette butte a été utilisée par un avantposte pour surveiller la sortie des montagnes dans la direction de Doiran. Elle couvre le chemin de fer de Salonique-Doiran-Demir-Hissar.