LES BULGARES AU FORT RUPEL
(( retirés devant le nombre. Les droits souverains de la Grèce ont été « respectés. »
Le gouvernement du roi Constantin protesta avec indignation; il télégraphia à ses représentants à Berlin, Vienne et Sofia de réclamer la prompte évacuation des territoires indûment envahis. En même temps, M. Skouloudis adressa une lettre aux ministres d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie et de Bulgarie à Athènes :
«Cette irruption soudaine de forces importantes en territoire grec ne « constitue pas seulement une violation de neutralité ; elle est aussi contraire « à l'accord passé entre nos autorités militaires et celles des armées alle- « mande et bulgare, d'après lequel les troupes des puissances centrales.... « pouvaient avancer jusqu'à la frontière grecque, mais sans la dépasser.
« Devant cette violation de la neutralité et la vive émotion qui en est « résultée, je dois adresser à Votre Excellence, en la priant de les trans- « mettre à son Gouvernement, les plus vives protestations du Gouvernement ce royal et insister pour que les troupes allemandes et bulgares évacuent au « plus tôt les territoires grecs envahis par elles. »
En fait, que s'était-il passé ? D'abord une entente avait été conclue entre les gouvernements intéressés. Le 23 mai, M. G. Passaro, ministre de Bulgarie à Athènes, avait adressé à M. Skouloudis la lettre suivante :
Monsieur le Président du Conseil,
La Bulgarie et ses alliés se voient forcés par le mouvement offensif des troupes de l'Entente de s'assurer le libre passage du défilé très important des gorges de Rupel, et de faire avancer à cet effet leurs troupes sur le territoire grec.
Il s'agit là d'une mesure purement défensive qui a été rendue nécessaire par les procédés de l'Entente et qui sera strictement limitée aux besoins militaires.
Le Gouvernement royal de Bulgarie tient en outre à faire au Gouvernement royal hellénique les déclarations suivantes :
i. L'intégrité territoriale du royaume sera absolument respectée.
2. Les troupes alliées évacueront le territoire grec aussitôt que les raisons militaires exigeant l'action auront cessé d'exister.