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CHAPITRE XII

Reprise d'offensive alliée. L'abdication du roi Constantin.

u front d'Occident, le programme de Chantilly avaiç subi de profondes altérations à la suite de divers événements imprévus. Originairement le plan du général Joffre avait comporté une reprise de la bataille de la Somme, mais sur un front plus étendu, avec des moyens plus puissants et une méthode plus rapide. L'attaque devait être prête pour le i er février.

Sur ces entrefaites, pendant le mois de décembre, une crise du commandement en France avait mis le général Nivelle à la place du général Joffre. Une transformation du plan de bataille en fut la conséquence. L'opération projetée reçut une ampleur plus grande, qui devait entraîner un supplément de préparatifs.

A cette première cause de changement, deux autres vinrent s'ajouter peu après : la retraite de l'armée allemande sur les positions Siegfried, qui modifiait les situations respectives des troupes en présence, et la révolution russe, qui était de nature à porter une atteinte à l'article de Chantilly fixant la simultanéité des offensives que devaient engager les armées alliées sur tous les fronts.

Cette exigence fut maintenue néanmoins, dans la mesure où elle pouvait l'être. Une conférence tenue le 26 février, à Calais, entre le Comité de guerre français et le Cabinet de guerre britannique l'avait rappelée. Le général Sarrail fut avisé de ce qu'on attendait de lui : dans l'opération d'ensemble, sa tâche consisterait à retenir devant lui le maximum de forces adverses possible.

De retard en retard, l'offensive d'Occident ne commença que le 16 avril, pour être assez tôt interrompue à la suite d'un début insuffisant. Au front des Balkans, elle s'ébranla le 25 avril.

Une série d'engagements régionaux l'avaient précédée. Dans la boucle de la Tcherna d'abord, où, le 12 février déjà, alors que les neiges de la saison compliquaient sensiblement les mouvements de l'un et l'autre adversaires, des troupes allemandes avaient attaqué en forces importantes les Italiens qui occupaient le secteur de la cote io5o au nord-ouest de Monastir. Elles avaient enlevé le sommet. Dès le lendemain les Italiens le leur avaient repris, mais depuis, les échauffourées se renouvelèrent constamment, paraissant souligner le caractère précaire de l'occupation de Monastir par les Français.

Ceux-ci se portèrent alors à l'assaut des pentes inférieures du Péristéri, positions dites de la Cervena Stara, ainsi que de la cote 1248, toutes hauteurs d'où les Bulgares continuaient à menacer et à bombarder la ville. Les combats sur ces points remplirent la seconde quinzaine de mars. Les Français y maîtrisèrent les Bulgares, leur enlevant, entre autres, les tranchées du sommet et leur faisant 2000 prisonniers. Mais ces combats conservèrent leur caractère local.

Un peu plus avantageuses pour l'ensemble de la situation en Macédoine furent les opérations menées par la 76 e division française dans la contrée du lac Presba et sur la route de Santi Quaranta à Florina, où des bandes austro-albanaises interrompaient les communications entre l'armée Sarrail et le corps débarqué par le gouvernement italien en Albanie. Elles remplirent les derniers jours de février et les premières semaines de mars, procurant la dispersion des bandes.

La véritable manœuvre succéda à ces avant-propos, bataille d'un mois dont les péripéties se déroulèrent sur tout le front, de la mer Egée au Péristéri. Du 22 au 25 avril, le duel d'artillerie s'était réveillé, grondant par intermittence tantôt ici tantôt là. L'intention du haut commandement

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