DOMFRONT
« Tandis que ces choses se passaient au cliùteau de Perrai , dit la chronique, Talvasle-Farouche concluait le mariage de sa fille avec Roger de iVlonlgommery, proche [latent du duc de Normandie.
T. lU i*
« Ce seigneur, très-puissanl par les grands biens dont il avait hérité de son père , par sa vaillance, élait la fleur de la cyievalerie : envoyé par le duc, avec Guillaume-Filz-Osbern et Guillaurae-Filz-Thierry , devers Geoffroy- Martel , qui s'était présenté devant une des places de la Normandie, Montgommery porta la parole, et lui dit avec hauteur, en présence (le tout le camp : Que si son projet était d'arcnicer sur Ja ville, h duc en gardait la porte, et qu'il s'y trouverait le lendemain pour le recevoir.
« Le comte répondit : Qu'il ne manquerait pas au rendez-vous, et que, pour qu*on pût mieux le reconnaître^ il monterait un cheval tout noir et serait couvert d'une armure d'ar- (jent.
<' Ce à quvii Montgommery riposta audacieuscment : « Verrez, beau sire, arriver le duc, de bon malin, monté sur un cheval blanc, portant
un écu tout vermeil, et au bout de sa lance, une guimpe à dame, pour vous essuyer le visage. »
« Après, il le salua courtoisemenl, mit son cheval au pas, fit, avec ses deux compagnons, lentement le tour extérieur du camp, repassa devant le comte en marquant visiblement un temps d'arrêt... enfin, il enfonça les éperons dans les flancs de sa monture, et disparut dans un nuage de poussière. »
Ces allures, ces élans chevaleresques émeuirent et plaisent, n'est ce pas? et les formules maniérées de notre beau langage n'en ont ni la noblesse, ni la grâce pittoresque!
« Le renom de Montgommery , reprend la chronique, dépassait les mers. Il n'était famille , si haute qu'elle s'estimât , qui n'eût tenu à honneur son alliance.
'■( L'orgueilleuse Mabille , fière de l'époux (jue son pore lui avait choisi, fut conduite à
Taulel clans une parure qu'eût enviée une reine. Les noces, célébrées avec la pins grande magnificence, durèrent huit jours. Le duc de Normandie donna à celle occasion des fêle!» et des léjouissances sans pareilles. Peu de îeuips après, il conclut avec ces deux puissantes maisons une ligue formidable contre leurs ennemis communs, les comles d'Anjou et les seigneurs manceaux, qui ne cessaient de former des entreprises contre la frontière. »
Suivre toujours la chronique m'entraînelait trop loin , en quelques pages il me faut résumer ici un gios in-folio. Je vais tâcher de grouper dans une rapide analyse les événements qui précédèrent le siège de Domfront, son épisode mystérieux, enfin le dernier et sanglant acte de ce sombre diame
Quelques années se sont écoulées depuis le m-:irlrgc de la dame de ^îonlgommcry , et
pendant lesquelles on voit la blonde jeune iémme, au visage céleste, que vous savez, tantôt dans ses résidences princières, entoure* d'hommages , jouissant de tous les enivrements de la puissance et des richesses, et souvent, à la fois, combaltie vaillaumient aux côtés de son mari , soit dans la défense de leurs domaines, soit dans les expéditions où ils poitent la guerre chez leurs voisins , et préluder ainsi au rôle extraordinaire qui Itïi est fatalement dévolu par la destinée!
Arnoul, son* frère, qui s'est révolté contre son père, meurt. En apprenant cette nouvelle , Guillaume-/«-Farowc/ie dit tranquillement : « N'ai deuil, ni souci plus de son trépan. Mahille ne laissera chcoir humiliée la bannière de .sa maison ! )>
Il succombe bientôt lui-même. Les notnbreuses blessures qui sillonnent son corps
ont mii)é cette conslilution de fer. Une maladie aiguë l'emporte dans la force de Tâge.
En face de la mort , sa vie l'épouvante : la fondation d'un monastère, des legs considérables à l'abbaye de Saint-Kvroul ; des dotations aux églises à cliarge de redevances en messes et prières, sont les derniers actes, icibas, par lesquels il espère balancer le terrible compte qu'il a a rendre là-baut !
Mabille, à vingt-trois ans, entre en possession de l'immense et périlleux béritage des Talvas 1
Peu de temps après , Roger de Monlgommery part pour l'Angleterre. La mort du roi Edouard a fait rêver au duc de Normandie la conquête de ce royaume, et l'audacieux Monlgoinmery, avide de renommée, intéiessé d'ailleurs dans la querelle engagée par le duc, d'accord avec sa fcnune, qui le seconde dans
ses ambitieux projets, a équipé des vaisseaux, armé des troupes, à ses frais, pour aller soutenir la cause normande de l'autre côté de la mer.
« Combattez tout sûrement les Anglais, a dit l'intrépide Mabille à son mari, n'ayez peur à mon endroit; saurai défendre l'héritage de mes pères ! n
Et c'était lourde charge cependant que cette succession ! Beaucoup de villes et châteaux qui en faisaient partie avaient été usurpés, on le sait, et après la mort de Guillaumele-Farouche , les anciens seigneurs dépossédés avaient recommencé la guerre.
En outre , les entreprises incessantes du duc d'Anjou et de ses alliés contre la frontière, que Mabille, par ses traités avec le duc de Normandie, devait défendre, la forçaient à être continuellement sur ses gardes et à
nïaiiilenir nombreuse garnison dans les places (ju'elle possédait de ce côté.
« La courageuse femme, » dit la chroni- (jue, '( faisait face à tous et partout. Jamais on ne vit hiavoure si ferme, audace pareille. Klle acquit dès-lors le surnom de Vaillante qui lui est resté dans l'histoire. Nombre de chevaliers, séduits par ses mérites, et enthousiasmés de l'éclat de sa renomrnée, se rangèlent sous sa bannièie. Elle-même, à la tête de ses troupes, livrait avec résolution le combat, et son panache : or et azur (les couleurs de sa maison), était toujours aperçu au plus luit (lu daiiger.
« Dans ces assauts journaliers, on remar- (juait toujours présent dans les rangs des enn<Miiis de la dame de Monlgommery, un chevalier de haute stature, monté sur un cheval maure à crinière flottante; sa visière exacte-
ment abaissée ne laissait apercevoir que le feu sombre qui jaillissait de ses regards; ses traits, son nom, son pays étaient inconnus.
« On le désignait sous la sinistre qualification du Chevalier-de-/a -Mor/, tant à cause de la pesanteur de son bras, qui renversait tout devant lui dans la bataille, qu'aussi, de la couleur lugubre de son panaclie et de ses vêtements tout noirs.
« Il semblait se multiplier. A. voir son infatigable constance à faire face partout, on eût dit que Fépée du CheyaViev-de-la-Morl était engagée au service de quiconque déclarai! la guerre à la puissante suzeraine.
" Ce fut à celte époque , pendant que le sire de Montgommery, avec une bonne partie de ses troupes, était occupé en Angleterre, que Rotrou II, comte de Mortagne, à l'instigation et puissamment soutenu par les
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Giroyes, à bon escient, les plus mortels ennemis des Talvas, vint avec des forces considérables assiéger Domfront, usurpée jadis sur sa maison, par Guillaume ^^
« A ce moment , Mabille était en sa ville d'Alençon, où pendant les courtes trêves que lui laissait la guerre, elle tenait un état aussi magnifique que celui de la duchesse de Psormandie à Lillebonne. La nouvelle lui en parvint nuitamment, à une fête, lorsqu'elle faisait repiésenterau château, devant nombreuse compagnie, les saints mystères de JNoël.
c< Tout aussitôt elle monta à cheval, suivie de ses chevaliers et écuyers, franchit en moins de trois heures les neuf lieues de chemin , cl entra à l'aube dans la place de Domfronl, où elle soulinl, durant (rente-six jouis, un des plus mémorables sièges (\m aient eu lieu en .Normandie. Des actes d'une barbarie inouïe
Je signalèrent de part et d'autre : plusieurs batailles, très-meurtrières des deux côtés, turent livrées sous les murs de la ville, dont le sac avait été promis par Rotrou à ses soldats pour exciter leur ardeur ; el l'on a relaté entre autres, qu'à la suite de ces combats, les prisonniers qui tombaient entre les mains des assiégés, étaient rejetés tout vivants du baut des remparts, en guise de projectiles, sur les assiégeants...
i< Voyant le siège traîner en longueur, Mal)il!e, menacée de la famine, barcelait sans cesse l'ennemi. A la tète des siens, braves et <léterminés à son exemple, l'intrépide femnie faisait de brusques sorties, tombait comme la foudre dans les rangs des assiégeants, en faisait un affreux carnage et resenait se ren fermer derrière ses solides murailles où elle ne pouvait être forcée. Ces expéditions, qui
se renouvelaient presque cliaque jour, diminuaient notablement les forces de Rotrou , qui, désespérant de réduite celle place si vigoureusement défendue, se décida à lever le siège.
« Mabille, instruite de son dessein, fit soiliinuitamment une partie de la garnison par une issue souterraine donnant sur la campagne, fit cerner le camp, et au point du jour livra une bataille, où l'armée de Rotrou, enveloppée de toutes parts, fut taillée en pièces. Lui-même, blessé, ne dut son salut qu'à la fuite et en abandonnant tous ses bagages.
r.HiPITRI^ \1.
i y. CHF.VA.LÏER-DE-LA-MORT. UN COTUR TK
FEMME. — l'ermitage.
ce Dans ces luUes^acliarnées de pail el (l'autre, les représailles étaient impitoyables; on ne faisait pas de quartier; tout ce qui tombait au pouvoir du vainqueur était massacré sans miséricorde, à l'exception des chevaliers, pour leur faire i acheter leur vie au
moyen d'une grosse rançon, ou pour en obtenir d'autres concessions.
« Après le combat, les soldats de ^labille, en dépouillant les tués, trouvèrent gisant sur le terrain ensanglanté , percé de coups , le Chevalier-Je-/a-3forf. Ils le connaissaient ircsbien pour l'avoir vu quanles fois en face; et comme il respirait encore, au Heu de Tacbever, espérant en faire leur profit autrement, ils le cbargèrent sur leurs épaules et l'apportèrent en ville.
« A l'annonce de cette importante capture, la damedeMontgommery tressaillit d'aise. Elle tenait en son pouvoir cet inconnu dérobant à tous les regards ses traits, son nom, sa vie ! . . . ILlle allait donc enfin comiu lie ce mystériLMix cbevalier qui, en toutes rencontres, apparaissait menaçant, implacable devant la baimière des Talvas !...
«f Le C\ieya\ïer-de-la-Mort fui Iransporlé par les ordres de Mabille dans la tour nord du château , sans avoir recouvré connaissance. Le chirurgien déclara d'abord ses blessures mortelles; cependant il guérit.
« Ceux de son parti qui l'avaient vu tomber sur le champ de bataille, ne faisaient doute de sa mort; et les jours s'écoulaient sans que lui, dans sa prison , daignât parlementer avec ses geôliers pour le rachat de sa liberté.
« Mabille envoya un de ses gentilshommes l'interroger.
« — Mon secret est la part de Dieu ; ma tête est celle de la dame de Montgommery ; reportezlui , que ne veux d'elle ni grâce ni merci, vépondit-il fièrement, et après louina le dos à l'interrogateur.
(( Sur ce rapport, l'impérieuse femme ordonna que le prisonnier fût, de gré ou de Ibrce, amené en sa présence.
« Quatre hallebardiers i'ailèrent chercber , et le conduisirent dans la grande salle basse du château , où se trouvait assise sur une liaule chaise surmontée d'un dais placé à la droite du foyer, la dame de Montgommery» et plus loin , endormi sur la natte de jonc , au milieu de ses jouets, son fils Robert, un bel enfant, âgé de cinq ans.
u Le Cheval ier-dc-ïa-Mor/, désarmé, revêtu de sa seule cotte de mailles, la tête nue, fut introduit; les portes sitôt se refermèrent, ils demeurèrent seuls.
« — Vous!!! vous, dans les rangs de mes ennemis! exclama-t-elle en retombant anéan- \ ie sur le siège d'où elle s'était soulevée à demi pour recevoir le chevalier.
« — Me suis souvenu... dit il avec hauteur.
« L'altière Mabille abaissa son front décoloré vers la terre.
« Et lui, les traits bouleversés, la poitrine haletante, d'un mouvement heuité, arracha de dessous ses vêtements une petite croix qui reposait cachée sur son cœur : — Sur cette croix que m'avez donnée... sur ce signe révéré, dites, qu'aviez-vous promis? lili demanda-t-il d'un ton terrible.
(( — N'étais qu'une enfant alors... réponditelle à voix basse.
(( — Non ! non ! étiez déjà une ambitieuse femme à la figure d'ange, au cœur de marbre,.. Vos paroles, les avez sitôt oubliées, et moi en ai srardé religieuse souvenance : les répétais , lorsque dans les champs de la Palestine, mon bras, las de frapper, s'arrêtait... Les lépétais à travers les combats, les mas-
sacres, où à chaque heure jetais ma vie, pour obtenir la renommée qui devait me mériter voire estime, pour conquérir la gloire, auxquelles, jeune fille, vous aviez attaché le haut prix de votre main !
« — Ai dû me soumettre aux ordres de mon père... murmura-t-elle.
« Mais lui, désespéré, continuait toujours : « — Les obstacles, les ai tous brisés : votre père, le farouche Talvas, guerroyait sans cesse, lai trêve , contre ma maison , contre mes alliés... J'ai été par-delà les mers chercher un autre ennemi à combattre, enlever à d'autres des trophées, planter ma bannière victorieuse sur des murailles (|ui ne fussent pas les vôtres Pour être votre époux , pour presser
votre cœur sur mon cœur , j'aurais traversé l'abîme et le feu , j'aurais renoncé à mon salut éternel !... »
<r Un sourd gémissement répondit à i'expression si vraie, si touchante de cette fatale passion , qui avait brisé toute une existence a[lorieuse, puissante, enviée! Une pâleur effrayante couvrait le visage de la dame de Montgommery ; les mouvements précipités de son sein révélaient ses angoisses intérieures; ses mains jointes étaient retombées sur ses genoux ; toute son attitude accusait une détresse profonde.
« — Et, reprit-il avec une sombre énergie, el quand après trois années d'un valeureux exil, plein de foi dans la sainteté de vos promesses, j^accourus déposer à vos pieds mou épée redoutée... depuis trois années, vous étiez la femme d'un autre...
« En retour de tant de constance, vous... vous m'aviez lâchement trahi ! »
« Â ces mots, jetés avec mépris, l'orgueil-
Jeuse fille des Talvas se redressa de toute sa hauteur, le regard étincèlant, la menace sur le bord des lèvres; mais d'un geste impérieux le Che\a\\ei-de-la-Mort domina la superbe. — « Maintenant, ajouta-t-il avec dédain, faites tomber ma tête, car ma liaino n'aura d'autre terme que ma vie. )>
« Que se passa-t-il dans celte ame de femme?... Nul ne le sait! Son regard toul-àl'beure si irrité, s'arrêta long et pénétrant sur le prisonnier... Puis, avec une irrésistible douceur, elle dit : — Faut pardonner beaucoup à qui a beaucoup souffert... î)e votre discours conserverai tristesse profonde, de ressentiment point : vous êtes libre.
'■ — Kt à toujours misérable!... murmurat-il en étreignant avec désespoir de ses deux mains son front biûlant.
(' l.e soir de ce jour, au moment oii \n
douzième heure tintait au beffroi du château de Domfront, le pont-levis s'abaissa; an homme recouvert d'un vaste manteau le traversa et gagna rapidement la campagne
« Vers ce temps aussi , un ermite , venu on ne sait d'où, s'établit sur les hauteurs de Chaumont. Une grotte formée par la nature dans le roc lui servait d'asile. Il vécut là quelques années dans l'austérité et la prière, et la retraite la plus absolue. Cette contrée, protégée par la forteresse que Mabille y avait fait bâtir, était tranquille. «/KO/
« Elle-même affectionnait ces lieux, qui lui devaient leur sécurité. Elle quittait volontiers sa belle résidence d'Àlençon pour venir s'y reposer dans la solitude des grandeurs de son orageuse vie. Souvent on la voyait, suivie d'un seul écuyer, parcourir les campagnes environnantes, s'arrêter au bas de
la montagne, laisser son cheval, et seule, gravir à pied la roclie de Chaumont , pour aliei" dévolieuseinent s'agenouiller au calvaire de Termitage.
« On remarqua qu'après la mort tragi(|ue du [jauvre solitaire , la dame de Montgomin^îiy ne résida jamais plus à la forteresse.
H Ces diverses particularités peuvent donner lieu à des conjectures approcliant plus ou moins de la vérité. Le petit Robert, témoin de l'entrevue dans la grande salle du château de Donifront, fut-il l'innocent accusateur de sa mère, ou bien d'autres yeux percèrent-ils l'épaisseur des murailles, et plu* tard désignèrent-ils la victime à l'assassin? Mais ces points n'ayant jamais été éclaircis, Ij^y aurait imprudence notoire à formuler ici un jugement sur celle aventure pleine de mystères et de doules. »
Moins timorée que la prudente chronique, j'affirmerais , et vous aussi , je le parie , que l'humble tombe près de laquelle nous nous sommes arrêtés sur les hauteurs de Chaumorit recouvre le noble et infortuné descendant des comtes du Mans!...
« Depuis le siège de Domfront jusqu'au tuneste événement que nous allons rapporter, continue la curieuse chronique, dix années s'étaient écoulées, pendant lesquelles la maison de Montgommery avait atteint le faîte des honneurs et de la puissance. Le pouvoir de Roger et de sa femme était sans bornes à la cour du duc de Normandie depuis l'expédition d'Angletere; d'autre part, la valeureuse Mabille avait réduit à merci les seigneurs qui lui avaient déclaré la guerre; et à l'époque où nous arrivons ; elle était l'objet de l'ad-
miration et des hommages de tout ce que la Normandie comj lait de plus illustre,
«( Néanmoins elle conservait encore d'irréconciliables ennemis. De ce nombre , et les plus acharnés, étaient Guillaume Pantolf et Hugues de Salgey, félons chevaliers, qui, comblés de ses bienfaits , avaient favorisé l'entreprise de Rotrou II sur Domiront.
Mais injure ne resta oncques impunie au vis-à-vis de Mabille, et après en avoir fini avec Rotrou, elle était allée forcer les places et châteaux qu'ils tenaient de sa générosité , et les en avaient chassés, ce qui n'était que bonne justice faite.
« En outre , il faut savoir que ce Pantolf était également si avant dans les bonnes grâces de Roger de Monigommery, qu'il l'avait emmené avec lui en Angleterio, où il le fit gou-
verneiir du comté de Salop, el que c'est au même temps qu'il se rendait coupable de la plus noiie ingratitude envers Mabille.
a Plusieurs années avaient passé sur la vengeance qu'elle en avait tiré; mais la haine est ^ la plus vivace des passions , et la mémoire des hommes n'est oublieuse que du bien 1 Pantolf et Hugues de Salgey, et les Giroyes, assure-t-on, jurèrent la perte de la redoutable femme qu'ils n'osaient attaquer en face. Hugues de Salgey se chargea de l'exécution. Longtemps il épia l'occasion ; enfm elle se présenta.