‹ Le Béribéri à Poulo-CondoreChapitre 11 sur 27 · É AT D · texte numérisé non relu

É AT D

r POTTRRE 1 ER

Lopes EE Peu après les fourmillements ou en même temps qu'eux | le malade éprouve de la parésie dans les membres infé- “rieurs, qui va graduellement croissant ; l’œdème est nul ou insignifiant et reste tel pendant toute l’évolution du mal. Dans ce cas, le béribéri est dit paralytique ou atrophique.

D’autres fois, l'œædème a la priorité, non-seulement au ; | point de vue de l’époque de son invasion, mais aussi de son 5 importance, qu'elle conserve dans toute la durée de la maladie ; les troubles de la sensibilité et de la motilité, bien qu’existant, sont relégués au deuxième plan. On a alors le à béribéri œdémateux. |

Enfin, le plus souvent, les troubles sensitivo-moteurs et l’œdème sont associés dans une égale mesure ; on a alors la forme mixte.

C’est Da Silva Lima qui est l’auteur de cette classification, qui est suivie par le plus grand nombre des auteurs.

Mais ces types ne sont jamais nettement tranchés, et même dans les cas qui paraissent tels de prime-abord, on retrouve toujours des traces d’œdème aux malléoles, qui est le lieu où linfiltration débute habituellement.

Aussi le Dr Costa Alvarenga ne reconnaissant pas, au début, l'existence isolée de ces formes ; et admettant que la maladie, dans sa forme initiale est toujours mixte, établit trois périodes : 1° la période d’invasion ou augment; 2 la période d'état ou apogée (béribéri confirmé) ; et 3° celle de terminaison.

Nous ne ferons que mentionner les autres divisions établies par les auteurs.

Ainsi Wight décrit le béribéri inflammatoire, et le béribéri asthénique.

ique, graisseuse, ne

À ropique chronique. FR VER Oudenhoven les formes : exhecique, rdropique, grais- 5e ses. 3 ee H, à Len tr w:

Nous rejetons. la classification de Da etre Lima, pour ds motifs que nous apprécierons plus loin, et nous adop- | terons la division de de Bauër à laquelle nous ajouterons | RE nendail la forme paralyliqe qui vient la compléter. = Nous décrirons donc le béribéri : hydropique aigu,

hydropique chronique, paralytique. |

A l'exemple du D' Costa Alvarenga, nous insisterons

sur Jes phases les plus accentuées de la maladie; mais

outre ses périodes d’invasion, d'état, de terminaison, nos

observalions nous ont conduit, sinon à décrire, du moins à signaler une nouvelle période, celle d’incubation,

qui, pour être insidieuse, n’en est pas moins fort impor- : tante et dont la nolion exacte pourra seule nous éviter les

mécomples de l'avenir. Il s’agit ici d’une période larvée

dans toute la force du terme, et qui nous nargue en quel-

que sorte par son hypocrisie séméiolique.

Ceute période n’est caractérisée, en effet, par aucun phénomène apparent qui ressemble de près ou de loin à un quelconque des symptômes qui devront plus tard accabler notre futur béribérique, Celui-ci, au moment actuel où nous le considérons, nous apparaît avec tous les emblêmes de la santé, et lui-même a conscience de sa vigueur. Toutes les fonctions s’exécutent avec une régularité parfaite :

Bauër reconnait les divisions : à optique à aiguë ne

| l'appétit est bons même “excellent, et notre su us se livre avec ardeur aux travaux jouroa iers d pro sion. Cependant cet homme, ‘aux statures athlétiques,

allures gaies et alertes, couve déjà la maladie dont l'éclo-

sion va avoir lieu à une époque souvent fort éloignée du qe

moment où nous le considérons.

À quel signe reconnaitra-t- -on donc qu ‘un sujet 4 en puissance de béribéri? Comme nous Pavons dit, ce n’est

pas la constatation d’un quelconque d’ entre les symptômes

à venir, même très atlénués, qui va nous guider en la

circonstance. C’est par un signe banal et qui semble n’avoir avec phou-thoum aucune connexion, que nous atri-

verons à pressentir l’éclosion du mal.

Ici deux cas se présentent, et nous ne pouvons guère nous tromper, car l’un est en quelque sorte la contreépreuve de l’autre ; mais malheureusement dans le second cas, c’est le signe qui devait nous faire prévoir le béribéri qui l'engendre. Il constitue véritablement « le réactif du béribéri. +

Premier cas. — Un homme est porteur d’une plaie, phagédénique même au début; mais cette plaie, sous l’influence des topiques appropriés, revêt depuis longtemps un

bon aspect. Le vide délerminé par la destruction molécu-

laire des tissus est largement comblé ; les bourgeons charnus d’un bon aspect proéminent, même légèrement; la plaie, en d’autres termes, est en voie de réparation ; mais, depuis deux mois, quatre mois, six mois, des années même! cette plaie est restée figée dans cette phase évolutive, se montrant ainsi réfractaire à tout l'arsenal des topiques. Hé bien! lorsque nous voyions semblable plaie

Taper

rt in im “mm à “ Ha avec de béribérs ie

ee EU ul s'agit de deux jeunes Annamites, robustes el tra . qui pendant le cours ns long 1 traitement rs

PER ea)

bi eur du béribér budrojaut. | Le PONT A é CSS cn \ 2

Le Denis le n° 2362, se présentait depuis un mois à la visite

“pour de petites plaies à la jambe et sur lesquelles le traitement n'avait

exercé aucune influence modificatrice, lorsque, dans la nuit du 29 au 30 juin 1882, cet homme est pris du béribéri facial aigu et meurt subitement. Or, le matin du jour qui devait être son dernier, cet homme n’avait accusé aucun symptôme particulier, il n'avait pas éprouvé le moindre malaise.

A l’autopsie qui fut faite neuf heures après, on ne conslata pas la moindre infiltration des membres inférieurs ; en revanche, l’œdème facial, reconnaissable à la bouflissure du visage, était très accentué.

A la section du cuir chevelu et des parties molles de la tête s'écoule une quantité assez considérable de sang noirätre, augmentée encore, au moment où l’on fait sauter la calotte osseuse, par le sang veineux des üissus. Les vaisseaux qui rampent à la surface des méninges sont aussi le siége d’une forte congestion. OEdème sous-arachnoïdien très marqué ; proportion considérable de sérosité dans la cavité de l’arachnoïde et sous les différents ponts que forme cette membrane avec la substance cérébrale. Les deux ventricules latéraux renferment chacun environ 6 à 7 grammes de liquide séro-sanguinolent. Consistance du cerveau, ferme. Les autres cavités n’oat pas été examinées.

Lis pe Voici la seconde observation ; je la reproduis textuelle-

ment :

- N° 2703. — Annamite, âgé de 26 ans; constitution assez ro-

buste ; tempérament lymphatique. En traitement à l’ambulance du

bagne depuis son arrivée au Pénitencier (10 mois), pour bubons suppurés.

Les lèvres des plaies sont affrontées, mais on voit, aux deux aines, depuis l'épine iliaque antérieure et supérieure jusqu’à l'angle interne du triangle de Scarpa, une longue traînée de bourgeons charnus proéminents et blafards.

Ii y a hait jours, a va survenir de l'œdème aux membres inférieurs,

appréciable surtout aux pieds, qui sont le siège d’un gonflement.

assez notable.

Le malade n'accusait alors aucun autre symptôme, lorsque, tout à coup, il y a trois jours, la face s'est œdématiée. IL fut pris en même temps d’une faiblesse générale très grande, qui parut l'inquiéter vivement, et dont il se plaignait constamment.

Joint à cet élat subit, le malade accusait de plus, des douleurs lancinantes dans les jambes, une anorexie complète, des douleurs en ceinture à la base de la poitrine et à maximum d'intensité à la région épigastrique; météorisme abdominal. léger. A déclaré avoir, depuis trois jours, des selles assez fréquentes (3 à 4 par jour), peu abondantes, constituées uniquement par du mucus, sacs trace de sang ; pas d'épreintes, ni de cuisson à l'anus pendant la défécation. :

Hier soir, à 5 heures, le malade est plongé dans une anxiété très grande. La suffocation est imminente ; dyspnée très intense, avec exacerbation des symptômes précités. Les mouvements de la poitrine sont accélérés. La tête est projetée en arrière, et l'on voit saillir sous la peau les inspirateurs auxiliaires, et notamment les scalènes. La face est un peu cyanosée ; les lèvres ont une forte teinte violacée. La faiblesse est telle, que le malade, sentant sa fin approcher, n’attend pas la fin de l’examen, et réclame de notre part, une intervention rapide, une médication immédiate. Céphalalgie persistante ; pas de fièvre.

le être accrue. at per | War Pr rescriplion. - — € Hodeue allemande, 30 grammes. Ventouses

| «sèches ala base de la poitrine, en avant.

. Pas d'amendement dans les symptômes ; Ja dyspnée augmente, Ds « età cinq heures du soir le malade succombe. D EMÉILTAT

A l’autopsie, faite le lendémain matin, on constate une légère con

le (2 : 4: A 1 Airectit de U Test pp

Len: Aire

| rate, plus étendue qu'a l'état normal. On entendait au cœur, un “bruit ; de souffle à la base et au DE temps ; ; la matité précordiale sem- ie

PRES 2 ‘q FN Et Sy

/ sd.

gestion des méninges, de l'œdème, sous-arachnoïdien accentué,

“une notable proportion de sérosité dans les veatricules.

A l'ouverture du thorax, on trouve le péricarde considérablement distenda et rempli de sérosité citrine; hypertrophie du cœur qui contient des caillots noirâtres ; pas de lésions valvulaires. Les plèvres contiennent environ un litre de sérosité jaunâtre, limpide, et sans flocons albumineux ; les poumons, de couleur normale, quoiqu'un peu infiltrés, crépitent cependant sous les doigts. Foie de volume normal, couleur

lie de vin, et à aspect extérieur marbré ; induration nianifeste de son parenchyme. Rien de spécial pour la rate. Les reins, de grosseur na-

turelle, sont un peu congestionnés et présentent de la résistance au scalpel. |

Voilà donc deux jeunes Annamites dont la santé géné-

rale ne laisse rien à désirer ; mais tous deux sont porteurs

de plaies peu importantes, qu'aucun lopique n'avait pu modifier, leurs plaies semblaient vouées à une immobilité désespérante, lorsque tous deux sont pris de symptômes du béribéri, qui les enlèvent avec une effroyable rapidité. Arrivons maintenant au deuxième cas qui ne mérile pas moins d'attirer l’attention, justifiant d’ailleurs laphorisme de

La matité 6 du foie semble: commencer un peu Se De et celle sf je 5

PAPE NE LE NEA rte de ue le VU OÙ YLES A PE Î d

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Verneuil : « le traumatisme bat le rappel des diathèses d: Il n’est pas moins curieux que le premier. Il a trait à l’'éclosion du béribéri, chez des individus bien portants, à la suite d'opérations chirurgicales entrainant des traumatismes souvent insignifiants. ? Fe

Nous avons été témoin de US fs de ce genre, et nous avons encore à la mémoire le souvenir de ce Cambodgien qui se présentait à la visite du matin pour se faire extraire une dent dont il souffrait déjà depuis la veille ; c’élait une des premières molaires qui ne présentait qu'un

léger point de carie. Ce jeune homme était robuste, et sa

santé générale excellente. Nous procédâmes donc à l’avulsion de cette dent qui s’enleva très facilement. Cependant notre Cambodgien fut pris le soir même de symplômes du béribéri aigu dont il mourut dans la nuit même.

Un autre prisonnier Annamite, le n° 2874, entre à l'ambulance le 10 mai 1881, pour phimosis, se plaignant de ne pas pouvoir uriner. La palpation dénote la présence, dans le tissu préputial, d’une tumeur de la grosseur d’une petite noisette, et dont la compression sur le canal génait la miction. L'opération fut différée jusqu’en juillet, époque à laquelle on procéda à l’ablation de ia tumeur ; or, le soir même notre opéré fut pris des symptômes du béribéri hydropique aigu, dont il mourut le lendemain.

Voilà les résultats nécropsiques :

Habitude antérieure. — Cyanose : œdème généralisé, appréciable surtout à la face, et aux extrémités inférieures ; rigidité cadavérique. A la partie inférieure du gland, vaste plaie consécutive à l’ablation d’une tumeur sise sous la muqueuse préputiale.

Cavilé encéphalique. — Les sinus sont gorgés de sang noir ; les méninges sont fortement congestionnées; œdème sous-arachnoïdien considérable, Consistance du cerveau, ferme.

surf os et suragent ; ss ‘consistance homogène. La section du tissu laisse

à ne : sir les vésicules gorgés d'un liquide grisâtre, spumeux, aéré. Pas de sérosité notable dans le péricarde, Le cœur est pâle, hyperpus mais sans augmentation d'épaisseur de ses parois ; pas de lésions valvulaires, | caillots -noirâtres aux orifices aortiques et ie

naires. : - Cavité abdominale. — Léger ascite; le foie ce ÉSctrophiés il

a perdu sa consistance et est complètement graisseux. Les surfaces de section sont parsemées de granulations graisseuses, grisâtres, dont les plus petites égalent au moins la tête d'une grosse épingle. Vésicule

biliaire distendue par une grande quantité de bile. — La rate, devenue énorme, mesure 18 centimètres de long sur 8 de large. Pas d’al-

tération de structure. La capsule est gris-verdâtre, et le parenchyme,

couleur de lie de vin, a sa consistance habituelle. — Les reins sont le siège d’une forte congestion. La muqueuse stomacale est saine.

Voilà done deux hommes. jouissant d’une bonne santé, et se présentant à l’effet de subir une opération chirargicale peu importante, et qui succombent tous deux, peu de temps après l'opération, du béribéri aigu, foudroyant.

La constatation de pareils faits n'est-elle pas favorable à la croyance, sinon d’une diathèse béribérique, du moins

de l'existence larvée du béribéri? Et nous nous sommes

souvent demandé si le béribéri n'avait pas déjà choisi ses viélimes, bien longtemps à lavance, les intéressés ne se

“1 érpos Des Hoaiits, de poumon extraits des Été do | aussi bien. en avant qu en arrière, plongés dans l’eau, regagnent la

doutant pas qu’ils sont déjà la proie de l’ennemi qui doit plus tard les terrasser.

Loin de nous l’idée de faire servir ces données à l’édification d’ane doctrine plus où moins complexe et que la découverte de nouvelles lois viendrait peut-être contredire plus tard; notre rôle est plus modeste, el nous nous contentons seulement d'attirer l’attention des médecins qui pratiquent dans un milieu béribérique, sur ces faits que le temps ne démentira jamais; et c’est parce que nous avons été nous-même frappé d’une part, du rapport de certaines formes de plaies avec le béribéri, et d’autre part, de l'influence du traumatisme sur le béribéri, que l'idée nous est venue, de chercher dans la statistique, sinon le secret de ce rapport qui est encore à trouver, du moins la

confirmation des observations journalières que nous faisions à ce point de vue.

Et d’abord, en parcourant les registres de Cou-Non, nous avons trouvé pour toute l’année (de mars 1881 à mars 1882), onze malades avec le diagnostic « anémie » et qui ont fourni trois décès. Je voulus m’assurer, si dans cette maladie, dont on avait fait un terrain si propice au phagédénisme, la fréquence des ulcères aux jambes était aussi remarquable que dans le béribéri ; or parmi ces onze anémiques, nous n'avons trouvé que le n° 2861 qui présentait en même temps une solution de continuité spontanée des Lissus, ce qui donne la proportion de neuf plaies au pied pour cent anémiques.

Nous nous sommes de plus assuré (fait important), qu'aucun de ces anémiques ne s’était jamais présenté pour

RÉ ENS “ MEET ur DE ANA sn L Ex PRET 16, Mie VE AS En LR Er? NONESR PÉTRT

, dans tout le courant de l'année sur laquelle ont M A 2 a” : PAPE . ES re 3, au

ri 2 #5: “ k s #7 “(oneste à ce q qui a trait au | de que voyons- nous? Ps RE mA TRE à FA Et d'abord, sur le personnel lotal du pénitencier, Je plaies LV, ee CS Laos “sont. très nombreuses ets élèvent Loule l’année au nombre : te EN AR Fes absolu de 90. RÉAL | ue en 5 2e à ET RS RE pe Nous disons oh car, pour donne une idée du OI pre | ; minutieux à avec lequel nous avons procédé à ces recherches r° ANNEE VEN ape fois que nous élions en possession d'une nouvelle plaie | : < N'ES ù CUT = au pied, nous suivions ses vicissitudes, omellant EMA RE ie "ESC as AU. Le compter de nouveau dans la statistique, lorsque nous la ra voyions apparaître après avoir disparu pendant un certain

temps du nombre des malades. #

Nous évitions de la sorte de porter deux ou trois fois le même homme qui après s’être retiré Incomplètement guéri, # revenait plus tard nous demander nos soins. C’est ainsi que Re

Mie nous avons procédé aussi pour le béribéri et l’anémie ; de | ro : telle sorte que le nombre trouvé pour chacune de ces caté- k gories représente non le nombre de maladies, mais celui des AE . individus atteints une bonne fois pour toutes des maladies 15 susdites.

ns Nous avons pu alors nous convaincre que :

= 1° Des 11 anémiques qui ont fourni 3 décès, pas un ses | n’est devenu béribérique. | ®% Que pour un personnel de 772 prisonniers il y a 90 plaies au pied. Parmi ces plaies, tandis que l’anémie n’en réclame qu’une, le béribéri en revendique pour lui seul 11. Ce qui donne 12 béribériques pour 100 plaies au pied. 3° Ces béribériques se décomposent ainsi : Plaies qui sont restées longtemps dégagées de toute concession apparente

avec le béribéri 5, dont 3 décès. — Plaies et béribéri concomitant 6, dont 2 décès.

4° Nous trouvons pour toute l’année 1881 à 1882, 45 béribériques en tout, dont 34 sout par conséquent exempts de toute plaie.

L'EMAS LSE La e100 . a = 24

100 béribériques nous fournissent donc 24 plaies au pied, rapport presque triple de celui fourni par l’anémie.

En faisant ressortir le rapport fréquent du béribért et des ulcères aux jambes, telle n’est pas mon intention de vouloir essayer le moindre rapprochement entre la maladie qui nous occupe et le scorbut où Pulcère ou plutôt les ulcères constituent un caractère si constant, ces deux maladies revêlant une physionomie d’ailleurs trop différente pour qu’elles puissent constituer, comme le prétendent certains auteurs, des formes variées d’une même entité morbide.

Frappé des rapports que nous venons de signaler, nous fûmes naturellement incité à rechercher, dans les différents auteurs qui se sont occupés du béribéri, des passages ayant trail à la constatation de faits analogues à ceux qui nous occupent, et voilà le résultat de nos recherches bibliographiques.

Da Silva Lima est le seul avec le D' Gayet qui en fasse mention.

Da Silva Lima, tout en faisant des réserves sur le degré de conlagiosité du béribèri, rapporte, d’une façon incidente, les faits suivants dont il aurait été lui-même témoin.

Il raconte que deux exclaves noirs appartenant au même maitre étaient entrés à l'hôpital pour des affections chirur-

NT premier, le deuxième esclave st pi

DIRE | #4 ge Er Re

ris à son tour et suc- sé fombe en huit j jours, asphyxié comme Vautre. RES

Dans un travail récent dont les éléments ont été puisés | d'ailleurs à la même source que la mienne, le D' Gayet, médecin de première classe de la warine, confirme aussi ce. rapport fréquent des ulcères et du béribéri. Voici ce qu'il dit à ce pro,os : « Que de Jois nous avons vu des « hommes entrant à l'hôpital jour ectyma, devenir béri-

« bériques quelques jours après, el toujours dans les cas” « graves, ces boutons devenaient des plaques qui s ulcé- « raïent et donnaient lieu au pe ulcère de Cochin- « chme. Il restait alors peu d'espoir de sauver le malade,

« le phagédénisme de l’ulcère marchant avec rapidité, et

« les symptômes du béribéri aggravant. » Voir Ar ch. de de nav., 1884 vol. 42, p. 166).

Et un peu plus loin, même ouvrage, l’auteur s’exprime ainsi: « Un fait nous échappe cependant, et que nous ne € pouvons NOUS expliquer ; il nous a semblé à l'hôpital

« de Poulo-Condore, que le voisinage du béribérique « avait une influence fâcheuse sur les malades attrints de « plaies ou d'autres affections. »

Les cas fréquents que nous avions sous les yeux, de faits de cette nature, nous avaient vivement impression, et nous avons élé réellement en effet surpris du silence que les médecies ont gardé sur ce point, puisque Da Silva Lima est le seal qui en fasse mention el:encore sans trop y

insister. On comprend cependant que ce fait a une importance pratique considérable, et nous impose une règle de conduite à suivre dans les épidémies, et dont nous ne devons jamais nous écarter ; il nous impose, dis-je, le devoir de nous abstenir de toute opération chirurgicale, au cours d’une épidémie, à moins que nous y soyions absolument forcé, si nous ne voulons pas nous exposer à voir notre opéré emporté par les symptômes du béribéri foudroyant.

Invasion. — L'aspect du malade varie suivant qu'il est atteint du béribéri hydropique aigu où du béribéri hydropique chronique, où de béribért atrophique (paralytique). Ce serait là, à mon avis, la meilleure division qu’on aurait pu faire des formes cliniques de la maladie qui nous occupe. La classification de Da Silva Lima, qui est une des meilleures qui aientété données jusqu’à présent, lout en facililant, dans une certaine mesure, la descriplion symptlomatique, outre qu'elle a de la tendance à nous faire croire à la différence tranchée des formes qu’elle établit, ne fait pas la part assez tranchée de l’inteusité des symptômes qui ici l'emporte et contribue à donner sa forme clinique à la maladie. Aussi, c’est probablement le sentiment instinctif de cette lacune qui a porté François à ajouter aux trois formes de Da Silva Lima, une nouvelle, la forme foudroyante.

La classification que nous proposons, tout en tenant compte de ces dérniers cas qui ne sont pas rares, nous permettra de donner une idée plus exacte du phou-thoum.

Qu'est-ce que le type mixte, en effet, sinon le type œdémateux même? de telle sorte, qu'on S’expose fatalement à des redites lorsqu'on vient à suivre cette classification.

À a dar a rade . marche e es

ne 4

2 La forme paralytique, en elfet, est TE ane Ga LT E y de POS F nique; a fortiori, n'y voit-on jamais de cas foudroyants M, & comme il arrive lorsque les troubles sensitivo-moteurs et LL NET VER AS RE Dee ounour l’œdème dominent la scène pathologique. A GeRCAS Le PRE

0 sents appartient la forme foudroyante. | LS Ainsi nous allons décrire un béribéri arostste aigu , : La (foudroyant de François), un béribéri hydropique SRBONE SR ss AR que, et un béribéri paralytique. db

La forme mixte n'ayant point ici sa raison de être est

supprimée. !

Un court parallèle entre ces trois formes va en elfet bien faire ressortir les caractères qui les distinguent; et Re nous sommes bien ici à la période d’invasion, car, dit Jules | F2 à Rochard : « Dans les épidémies que nous venons d'indi- rs “ 25 quer (Parmentier, Indien) nos confrères n’ont jamais obs- : se Lee à D servé la période prodromique signalée par les médecins a. 4 anglais et caractérisée par de Paccablement et de l'anhé- Lee # PA Ar lation. Lorsque le malade se présente, le béribèri est déjà ne déclaré ; si l’on examine alors les articulations métatarso- ve à phalangiennes, on y constate un commencement d'œlème.» A < Forme hydropique aiguë. — Voici comment se passent # les choses dans la forme hydropique aiguë, si fréquente Æ dans les cas d’épidémie, où l'on voit le phou-lhoum revêÿ tir cette (orme intense et enlever le malade à la façon du 4 choléra, en quelques heures.

Rare

Le malade est pris subitement d’un sentiment de faiblesse très grande, quel qu’ait pu être son élat antérieur de santé, il est pris, dis-je, subitement, ct sans aucun prodrome, d’un sentiment de faiblesse, de dyspnée intense et de constriction à la base de la poitrine (ceinture béribérique du Dr Azevedo), en même temps que de fourmillements à la jambe; son corps s’enfle subitement, comme cela ne peut guère arriver que dans les ædèmes de nature vaso-motrice. Ce dernier fait serait, pour moi, l’argument le plus frappant à invoquer coutre ceux qui font du béribéri, l’aboutissant de toutes les cachexies (scorbutique, paludéenne, ete.), empruntant une forme particulière au climat et à la race.

On a signalé, à la vérité, dans le rhumatisme, et nous avons entendu dernièrement mentionner le fait, ces cas d’œdème sabit, qui ne peuvent guère s'expliquer que par un trouble vaso-moteur ; mais dans ces cas mêmes, on dirait que le grand sympathique n’est pas impressionné à la façon des Intoxications; car toujours dans ces cas, ces œdèmes subits sont bornés à un département artériel. Déjà depais longtemps, dans une clinique intéressante, le D° OIlivier, médecin en chef de la marine, frappé de la soudaineté de certains œdèmes rhumatismaux, avait eu l’idée de demander aux vaso-moteurs l'explication d’un phénomène aussi Sür prenant.

Mais ici, lout le grand sympathique semble ébranlé à la fois, dans son tronc, Jusque dans ses moindres racines, par Ja dose d’infectieux béribérique ; témoin, outre l’œdème, ecte dyspnée subile. et cette sensation de barre sternale qui tndique que loul l'arbre pneumo-gastrice sympa-

ET sn comp} ent et bien autorisé en matière. we RL À PEER ae du béribéri, Scheube, professeur au Te NT AE

Japon, vient de trouver, àla suite de re cherches patiemment ERA et ÿ LR dirigées, vient de trouver, dis-je, des lésions NES le LAS 215 55 PNR TEEN TROUS EU sympathico pneumogastrique. PE SO PARA En Re

Mais revenons à notre béribérique. Le Sois done. pris 1 RE subitement d’œdème, de dyspnée, de SNSAUONS JE COHE n " L' |A Loue PTS A 02." triclion Slernale, et de fourmillements dans les jambes, ce prer auxquels vient se joindre la cyanose, Nous allons mainte- |

nant passer en revue chacun des symptômes particuliers de

celle forme aiguë. ée PNEU Et d’abord, quelle est done cette faiblesse si grande, et : ICE qui, certes, n’a pas son analogue dans aucune maladie, au point que les malades en sont si vivement préoccupés, qui es

leur fait oublier même les douleurs angoissantes de la à à

barre sternale? Quiconque à eu l'occasion d'observer le Re RAS 2 béribéri, dans son foyer de prédilection, Poulo-Condore, se 22 : € trouve en effet frappé de l’insistance que les malades É. D meltent à rappeler cette faiblesse, sur laquelle ils revien- : nent incessamment et qui les préoccupe tant,

dl « mét qué chüng, mét qua chüng, gân chët » 1e fatigue à la dernière extrémité, fatigue extrême, près mourir,

ne cessent-ils de répéter. Quelle serait donc la caractéris- 4 À tique de cette faiblesse qui lui donne ici une forme inso-

DRE OT PO Mn Te eh Vans

AU eS

lite? Serait-ce une faiblesse douloureuse, ou cette faiblesse s'accompagnerait-elle, plus que partout ailleurs, d’un sentiment de défaillance, de la sensalion non équivoque de la vie qui s'éteint? |

Les malades sont en proie, en eflet, à un xérilable’ désespoir qu'ils traduisent par des gestes aussi variés que significatifs ; et ils se font si peu d’illusion sur leur compte, que, portant alternativement la main à leur poitrine et la retirant précipitamment, comme s'ils voulaient arracher. quelque chose qui les gênerait, ils demandent qu’on les délivre vite ou qu’on les laisse mourir tranquilles. Rien de plus navrant, en effet, que ce tableau du béribéri foudroyant, et de plus cruel pour le médecin que la conscience de son impuissance et le rôle auquel il se voit astreint, spectateur passif d’un mal qu'il est appelé à combattre et contre lequel vont bientôt échouer tous ses efforts!

C’est ici surtout que l’aphorisme d’Hippocrate trouve sa consécration et au delà : « Tempus breve, judicium difficile.

À celie forme du béribéri, nul n'échappe ; le malade est emporté en quelques heures.

A Poulo-Condore, nous avons êté frappé de nombreux faits de ce genre, surtout lorsque la maladie qui y est endémique revêt une poussée épidémique. Gayet en cite cinq cas ; 1l fait remarquer, il est vrai, que ces cas avaient trait à des inéividus sortis peut-être prématurèment de l'hôpital où ils avaient été traités pour béribèri chronique. « C'était une mort par asphytie, dit-1l, due à une augmentation du liquide céphalo-rachidien et à la migration de ce liquide

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