‹ Le béribériChapitre 2 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

sage et les extrémités bouffis, ils ressemblaient à des albuminuriques, mais l'examen des urines infirmait cette hypothèse. D'autres enfin, étaient décharnés, squelettiques ; par leur dé^ marche, ils rappelaient les individus atteints de polynévrite toxique ou infectieuse. Eh bien î toutes ces manifestations, si diverses, si disparates, relevaient d'une seule et même maladie protéiforme : le béribéri.

Il faut donc que le médecin chargé d'assurer le service médical d'une plantation, d'une mine, d'un corps de troupes, d'une prison, sache saisir les plus légers indices révélateurs de cette maladie meurtrière, qu'il soit en état de dépister les formes frustes, d'autant plus redoutables qu'elles disséminent le fléau si Ton n'y prend pas garde.

A l'étranger, le béribéri a fait l'objet d'importants travaux. En France, divers côtés de la question ont été traités avec plus ou moins de développement; mais nous ne possédons jusqu'ici aucune monographie d'ensemble sur ce sujet, bien que nous ayons à lutter, en Gochinchine, contre l'un des foyers les plus intenses de béribéri. Le but que je me propose, en publiant le présent travail, est de combler cette lacune de notre littérature médicale. Pour écrire cette monographie, j'utiliserai surtout les nombreux matériaux que j'ai recueillis en Indo-Chine, en Birmanie et à Java, sans négliger toutefois les ouvrages des médecins hollandais, allemands

et japonais qui ont poussé si loin l'étude de celte maladie.

J'ose espérer que cet exposé rendra service aux médecins de la Marine et des Colonies, aux médecins de District et de Plantation, aux médecins sanitaires maritimes et, d'une manière générale, à tous les colons ou fonctionnaires qui emploient des coolies dans les pays décimés par

E. Jeanselme.

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