C. TROUBLES VASO-MOTEURS, SÉCRÉTOIRES ET TROPHIQUES
Le béribéri est peu ricbe en symptômes de cet ordre. L'aspbyxie locale des extrémités, la gangrène symétrique, les panaris du type Morvan, la résorption des phalanges, les arthropatbies^ le mal perforant ne font point partie du tableau babituel de la névrite béribérique. A titre exceptionnel, on observe, dans les formes invétérées, une diminution ou une suppression de la sécrétion sudorale, un état ichtyosiforme de la peau, de Finduration et de la sclérose du derme au niveau des extrémités dont les muscles sont en voie d'atrophie.
A vrai dire, l'œdème est le seul trouble vasomoteur qui mérite une mention spéciale. L'importance de ce symptôme est très variable. Minime ou même absent dans la forme sèche, il devient tout à fait prépondérant dans la forme humide. Au plus léger degré, c'est une infiltration circonscrite, peu Qxe et même fugace, qui bouffit les régions sus-malléolaires, les mains ou la face. Au degré le plus élevé, c'est un anasarque, accompagné d'épanchement dans les cavités séreuses, en tout semblable à celui qui caractérise les néphrites suraiguës. Il ne s'en distingue guère que par sa consistance plus
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ferme et par sa réiiUence élastique Q). Le mécanisme qui commande ces sufîusions est encore obscur ; le rein ne parait pas y prendre part, l'insuffisance cardiaque qui peut ajouter ses effets à la cause hydropigcne ne joue certainement ici qu'un rôle secondaire, car les désordres circulatoires sont également prononcés dans l'un et l'autre type clinique du béribéri. Vraisemblablement la névrite, en altérant les filets nerveux qui exercent une action régulatrice sur les capillaires, conditionne les troubles osmotiques générateurs de l'œdème. Touie cette question serait à reprendre en s'inspirant des nouvelles méthodes, telles que la cryoscopie, à l'aide desquelles on est parvenu récemment à jeter quelque lumière sur le mécanisme producteur de l'œdème en général (^).
(') Baelz et K. Miura relèvent de légères différences entre l'œdème de la forme hydropique et celui des maladies da rein. L'infiltration séreuse, disent-ils, s'amasse au niveau de la nuque, des épaules et des parties latérales du thorax, de sorte que le tronc affecte une forme trapézoïde. Baelz décrit sous le nom de forme pseudo-hypertrophique, une variété rare de la forme hydropique dans laquelle l'œdème infiltre les muscles du mollet. Ceux-ci, en apparence hypertrophiés, ont une consistance élastique et ferme. Leurs mouvements deviennent difficiles.
(2) Le dosage des sels, et en particulier des chlorures dans l'urine, le sang et la sérosité interstitielle, serait indispensable, pour savoir si la théorie de la rétention est applicable au béribéri. On sait que, d'après cette théorie, les substances non éliminées s'accumulent dans les tissus en y attirant l'eau nécessaire à leur dilution.
D. TROUBLES GAROIO-VASGULAIRES ET KESPIRATOJRES
Rares et peu accusés dans la plupart des polynévrites, ils occupent dans le béribéri une place considérable. Une accélération constante des battements du cœur qui restent réguliers, une instabilité très grande du pouls qui saute, au moindre effort, de 70 à 120 pulsations, des accès de palpitations qui surviennent de préférence la nuit pendant la période de repos absolu, sont des indices qui annoncent l'entrée en scène du béribéri. ^Que ces désordres s'installent sournoisement, qu'ils se démasquent soudain, ce sont eux presque toujours qui entraînentrissue fatale.
En général, l'ondée sanguine est faible, la pulsation molle, parfois bondissante et dicbrole. Il existe un contraste frappant entre la diminution de la tension artérielle enregistrée par le spbygmographe et l'impulsion exagérée du cœur qui soulève violemment la paroi tboracique. Comme dans Tinsuffisance aortique, maladie dans laquelle la pression est également abaissée dans les artères, les carotides, la crurale, la sous-clavière, l'aorte abdominale battent avec force ('). Toujours la matité précordiale est
(1) Souvent, dans les grosses artères, on entend, mê::ne dans les cas relativement légers, un ou deux souffles, et, dans les cas graves, un ou deux claquements. Dans la convalescence, aussitôt que la diurèse s'établit, la fréquence du pouls s'abaisse jusqu'à 5o et même [\o. En une ou deux semaines, il redevient normal.