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TROUBLES CARDIO-VASCULAIRES ET RESPIRATOIRES

accrue. A l'hypertrophie qui domine d'abord, succède plus tard la dilatation et toutes ses conséquences : assourdissement des bruits du cœur, accentuation du deuxième lemps pulmonaire, rythme de galop, embryocardie, irrégularité et même ralentissement du pouls, enfin, à la période ultime, insuffisance tricuspidienne.

Ces désordres circulatoires s'accompagnent d'une oppression continue dont les paroxysmes sont habituellement nocturnes. Beaucoup de malades se plaignent d'une sensation de plénitude et de poids qui barre l'épigastre. Quelques-uns éprouvent des douleurs angineuses extrêmement aiguës.

La mort par le cœur est rapide ou lente. Tantôt elle frappe à l'improviste, c'est la 5?/7icope brutale qui tue, sans avertissement préalable, un individu à peine touché ou môme sain en apparence. Tantôt elle est prévue, attendue même, c'est la terrible agonie qui traduit l'insuffisance du myocarde.

L'affaiblissement des contractions cardiaques favorise la formation de caillots qui peuvent remplir les ventricules, se prolonger dans l'artère pulmonaire et ses ramifications jusque dans ses plus fines divisions ou se morceler pour donner naissance à des infarctus. Cet accident, conséquence de l'asthénie cardiaque est, de même que la mort subite, imputable à la névrite du nerf vague. Sur un béribérique ayant succombé à cette complication, j'ai constaté une

dégénération avancée du pneumogastrique cervical gauche.

Faire la part respective du cœur et du poumon dans le compiexus symptomatique n'est pas possible. Mais il est certain que les troubles respiratoires ne sont pas toujours subordonnés à l'état de la fibre cardiaque. L'épanchement de sérosité dans le péricarde, qui est pour ainsi dire constant, peut être assez abondant pour gêner le jeu du cœur ; rh3^drothorax double, l'œdème et la congestion passive des poumons, les inflammations pulmonaires bâtardes sont autant de causes de mort pour le béribénque.

Une dyspnée, à retours paroxystiques, pouvant tuer par asphyxie siiraiguë, est un accident assez habituel dans les formes pernicieuses du béribéri. Rien n'est plus pénible que d'assister à une de ces crises. Le malade se débat en proie à une angoisse inexprimable : il essaie d'arracber avec ses mains le poids qui accable sa poitrine, son épigastre et ses hypocondres. Il pousse des gémissements et demande en grâce au médecin d'abréger ses souffrances par le poison. Il faut que ces douleurs soient bien atroces pour que le jaune, impassible devant la mort, se livre à de pareilles démonstrations !

Dans ces formes, la lésion qui m'a paru constante à Tautopsie, c'est la distension des poumons par un emphysème considérable. La mort est sans doute la conséquence d'une névrite des rameaux pulmonaires du pneumogastrique dont

Scheube a pu constater une fois la dégénéresrence.

La paralysie du diaphragme est un type assez commun de mort par asphyxie mécanique. Le moribond fait des efforts surhumains pour introduire un peu d'air dans sa poitrine. Mais il n'y parvient pas, car à chaque inspiration les hypocondres se dépriment et les organes abdominaux viennent combler le vide thoracique. Cette lente agonie, par inertie du diaphragme, est due à la dégénérescence du nerf phrénique.

La dyspnée irispiratoire et le tirage causés par la paralysie du crico-aryténoïdien postérieur a été signalée par Ba(4z et par Scheube. Ce type de suffocation paraît exceptionnel, cependant Pekelharing et Winkler, dans deux cas de mort subite, ont trouvé les nerfs laryngés profondément dégénérés.

La névrite du récurrent et les troubles qu'elle entraîne sont certainement plus fréquents. Dans une seule année, à ïokio, Baelz a relevé des modifications de la voix dans un cinquième des cas.

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