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BUSTE DE COSTANZA BUONARELLI

Marbre.

Florence. Musée national.

romains, une façade toute à jour, avec de larges fenêtres et un portique ouvert, c'est parce qu'il construit son palais, non sur une rue, mais au milieu d'un jardin. Le Palais Barberini est, pour ainsi dire, une seconde Farnésine.

Au rez-de-chaussée, comme au Palais Farnèse, c'est un grand portique à arcades, mais les piliers sont moins forts, plus élancés, avec des ressauts moins violents. Au premier et au second étage, c'est le même parti de piliers cantonnés de demicolonnes ou de pilastres, mais toujours avec plus de sveltesse et plus de prédominance des ouvertures. Enfin, pour le couronnement, le Bernin renonce à la corniche massive du Farnèse pour se rapprocher des délicates corniches de la Farnésine et de la Chancellerie. A l'intérieur on remarquera le vestibule, l'escalier, la décoration des portes et des cheminées, la belle disposition des salles, et en particulier le grand salon dont la voûte fut décorée de peintures par Pierre de Cortone.

Pendant qu'il travaillait au Palais Barberini, le Bernin exécuta deux fontaines près de ce palais : l'une, \di Fontaine des Abeilles, qui était placée sur la place Barberini, à l'angle de la Via Sistina et qui fut démolie en 1870, représentait une grande coquille dressée en éventail, au-dessus d'une vasque sur laquelle s'agitaient les abeilles des Barberini; l'autre, la Fontaine du Triton est encore intacte sur la place Barberini. Le Bernin nous

donne ici un des plus saisissants exemples de l'emploi de ces formes courbes que lui-même et les architectes du dix-septième siècle introduiront plus tard jusque dans leurs grandes œuvres d'architecture. On n'y voit pas une ligne droite, et c'est le jeu le plus charmant pour balancer les lignes et opposer les courbes les unes aux autres. C'est, dans le bas, comme soutien, trois énormes dauphins, dont le corps et la queue se replient, se tordent et s'unissent pour porter la coquille ondulée qui sert de vasque. Et sur cette vasque semblent se cramponner les jambes tortueuses du Triton, dont le corps se dresse, et dont les bras souples soulèvent la conque dans laquelle il souffle pour en faire jaillir le petit filet d'eau de la fontaine. Comme art de la composition, comme goût décoratif, comme fantaisie inventive, comme beauté de sculpture, c'est une œuvre des plus curieuses et, dans son genre, une des meilleures du maître.

On attribue ordinairement au Bernin la fontaine de la place d'Espagne, dite la Barcaccia, où l'on remarque un des traits de sa manière, son ingéniosité à tirer ses principaux effets des difficultés mêmes qu'il rencontrait. Ne pouvant, faute de pression, avoir recours à ces jets d'eau qui, le plus souvent, sont le principal motif des fontaines, l'auteur de la Barcaccia eut l'idée de donner à son bassin la forme d'une barque submergée par les eaux.

Mais cette œuvre est attribuée positivement au père du Bernin par Baglione qui était son contemporain; et cette attribution se retrouve dans le journal écrit par Velazquez lors de son premier voyage à Rome '.

Urbain VIII ne se contentait pas de commander au Bernin des travaux d'architecture, il voulait en faire un peintre. Il avait rêvé de le charger d'un travail qui eût égalé en importance et, croyait-il, en beauté, la voûte de la Sixtine de Michel-Ange, le décor de l'immense Loge de la Bénédiction qui surmonte le Portique de Saint-Pierre, mais ce projet n'eut pas de suite.

Urbain VIII commanda au Bernin d'autres peintures pour Saint-Pierre, afin de continuer cette ornementation que ses prédécesseurs avaient commencée, mais n'avaient pas poussée très avant. Grégoire XIII avait orné de mosaïques la Chapelle Grégorienne; Clément VIII, après avoir fait décorer la grande Coupole d'après les cartons du cavalier d'Arpino, avait fait peindre la Chapelle Clémentine par le Pomerancio, et avait commandé à divers peintres toute une série de tableaux d'autel. Ces travaux, continués sous Paul V, furent repris avec plus d'activité sous Urbain VIII, qui, en 1627, commanda de grands tableaux d'autel au Dominiquin, à l'Albane, à Lanfranc, Sacchi, Pas-

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