‹ Le BerninChapitre 14 sur 35 · DEUXIÈME PARTIE DU PONTIFICAT d'urbain VIII (DE 1630 A · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE DU PONTIFICAT d'urbain VIII (DE 1630 A

Niches de Saint-Pierre, saint Longin. — Monument de la comtesse Mathilde. — Chapelle Raimondi. — Chapelle Angelo Pic. — Chapelle de la Beata Allaleona. — Bustes du cardinal Borghèse, du roi Charles I" d'Angleterre, de Richelieu, d'Urbain VIII. — Tombeau d'Urbain VIII. — Campanile de Saint-Pierre.

L est difficile de marquer des divisions très précises dans l'art du Bernin qui se poursuit sans à-coups, procédant par une évolution régulière. Toutefois, pendant le long pontificat d'Urbain VIII, pendant ces vingt années si pleines de travaux, on peut noter, après la première période d'un art relativement simple que nous venons d'étudier, et qui va de 1623 à 1630 environ, une seconde manière correspondant à un style plus riche, plus compliqué, qui fait prévoir les grandes audaces de la fin de sa vie.

Le baldaquin de Saint-Pierre, commandé au début du pontificat, venait d'être terminé, et Urbain VIII, continuant à embellir la basilique, chargea le Bernin d'une seconde œuvre non moins importante, le décor des quatre grands piliers soutenant la coupole. On lui demande ici, non pas de faire une œuvre de toutes pièces, mais de terminer, de décorer l'œuvre de ses prédécesseurs. Ce n'est pas lui qui a conçu les grandes niches superposées ouvertes dans les pilones; ces niches dataient des travaux de Michel-Ange et peut-être même des premiers projets de Bramante; mais au temps du Bernin, ce n'étaient encore que des trous sans aucun décor et l'on n'avait rien prévu pour les orner. Nous pouvons supposer presque avec certitude qu'elles n'étaient pas destinées à recevoir des statues' ; elles étaient trop vastes pour cela. Et d'ailleurs cette conception de niches vides ne doit pas trop nous surprendre : la Renaissance nous en fournit de nombreux exemples, chez Michel-Ange notamment, à l'extérieur

I. Dans une de ses reconstructions de Saint-Pierre, M. de GeymuUer suppose, avec grande vraisemblance, que ces niches avaient été prévues par Bramante. Il suppose aussi que les niches inférieures devaient rester vides, mais il met des statues dans les niches supérieures. Or ces statues, auxquelles il donne la même échelle qu'à celles qui sont dans les niches beaucoup moins grandes des bras latéraux de l'église, paraissent bien petites; et il semble que sur ce point l'hypothèse de M. de GeymuUer soit un peu incertaine.

de Saint-Pierre, et avant lui chez Bramante au Tempietto et chez Brunelleschi au Dôme de Florence. C'était une forme qui plaisait aux architectes de cet âge, soit par suite du jeu décoratif de l'ombre et de la lumière, soit parce qu'elle avait sa raison d'être au point de vue constructif. Ces niches en effet étaient un allégement des masses des murailles. Par un système de murs alternativement massifs ou creusés par des niches, les classiques obtenaient le même effet que les gothiques par l'alternance des contreforts et des murs évidés.

Mais quelle triste ressource architecturale d'en être réduit, au centre de Saint-Pierre, à n'offrir que des trous à la vue des fidèles, et comme Urbain VIII eut raison de chercher à y mettre un peu d'intérêt! En commandant ces nouveaux travaux au Bernin, Urbain VIII n'est pas conduit uniquement par une idée décorative, avant tout il veut faire une œuvre chrétienne; et, dans ce but, il projette de transformer les niches supérieures de façon à les faire servir à l'exposition des quatre grandes reliques conservées dans Saint-Pierre : la Lance, le Voile de sainte Véronique, la Sainte Croix et le Chef de Saint-André; et, dans les niches inférieures, il place les quatre statues des saints dont ces reliques rappellent les noms, saint Longin, sainte Véronique, sainte Hélène et saint André.

Le motif choisi par le Bernin pour les niches

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