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LA VÉRITÉ

Marbre,

Rome. Palais Bernini.

LE BERNIN 8i

Quelques années plus tôt, au début du pontificat d'Urbain VIII, le Bernin avait été chargé de construire deux clochers sur la façade du Panthéon. Le résultat en avait été fort laid, et le Bernin se plaisait lui-même à le reconnaître, car il les appelait des oreilles d'âne. Même lorsque la papauté voulut faire du Panthéon une église et y mettre une marque chrétienne, elle aurait dû laisser intacte sa forme première et ne pas chercher, par un faible subterfuge, à transformer une œuvre intransformable. De nos jours, lorsque le Panthéon cessa d'être une église, la première pensée, et l'on eut mille fois raison, fut de jeter à bas ces clochers qui défiguraient si inutilement la majesté auguste du plus beau des temples romains.

Plus tard, Alexandre VII voulut faire décorer la coupole de ce même monument, coupole qui avait depuis longtemps perdu tous ses ornements. Mais le Bernin, à diverses reprises, refusa de se charger de cette tâche, disant qu'il n'avait pas le talent nécessaire pour bien l'accomplir et que la seule chose qu'il se risquerait à faire pourrait être de peindre les petits pilastres si l'on n'avait pas assez d'argent pour les refaire en marbre.

De ces travaux du Bernin au Panthéon, il ne faut retenir qu'une chose, la profonde impression que

Carlo Rainaldi et par Cesare Braccio, après la démolition du campanile du Bernin (Tab. 63, 64, 65 et 66).

ce monument fit sur lui. Il s'en est inspiré plus tard dans toutes ses églises à l'Ariccia, à Castel Gandolfo et à Rome dans la chapelle de Saint-André. C'est très probablement de ses projets pour le décor du Panthéon que dérivent sa prédilection pour les coupoles et sa manière de les orner.

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