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CHAPITRE V

PONTIFICAT d'innocent X (1644-1655)

La Vérité. — La Sainte Thérèse. — Fontaine de la place Navone. — Palais Ludovisi. — Décor des nefs de Saint-Pierre. — Crucifix. — Bustes d'Innocent X et du duc François d'Esté. — Monument du cardinal Pimentel.

'avènement d'Innocent X marque un brusque changement dans la politique de la papauté. Le parti espagnol, tenu si longtemps à l'écart sous Urbain VIII, redevient tout-puissant : les Barberini sont éloignés de Rome, et avec eux tombent tous ceux qu'ils avaient protégés et dont la fortune était liée à la leur.

Le Bernin n'échappa pas à cette disgrâce, et, pour achever de le perdre, ses ennemis trouvèrent une occasion particulièrement favorable. A la suite de la construction du campanile de Saint- Pierre, la façade de Charles Maderne avait donné

coup, et le Bernin fut rendu responsable de cet accident qui compromettait la solidité de l'auguste basilique. Je n'entrerai pas dans le détail de cette affaire qui fut la seule tristesse que le Bernin ait connue dans sa vie, mais qui pendant longtemps le rendit fort malheureux '. On fit enquêtes sur enquêtes, on eut recours à l'avis des plus célèbres architectes; le Bernin put dire pour sa défense que cet accident ne provenait pas de son fait, que le sol sur lequel avait été construite la façade n'était pas très solide, que Maderne n'avait pas pris suffisamment ses précautions et que, au surplus, on exagérait considérablement le mal. Mais ses ennemis pouvaient répondre que les fissures de la façade étaient une réalité et qu'elles ne se seraient pas produites si le campanile n'avait pas été construit. Bref, malgré l'avis favorable des experts, le Bernin fut condamné à démolir son œuvre, bien heureux encore d'échapper à la peine dont il avait été menacé, celle de payer les frais de construction et de démolition; il eût été ruiné. On se contenta de le disgracier : nous verrons plus tard comment il parvint à rentrer dans la faveur pontificale *.

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