I. A VISITATION
Marbre.
.Sa\ 0:1e. Chapelle Siri au Sanctuaire de la Miséricorde.
tantin qu'Innocent X lui avait commandé et qu'il terminait en 1670.
« Ce que l'on me reproche, disait parfois le Bernin, c'est ma plus belle qualité. Je rends le marbre souple comme de la cire et j'ai uni dans mes œuvres les ressources de la peinture et celles de la sculpture. » Ces paroles sont bien faites pour nous faire comprendre ce qu'il a cherché dans sa statue équestre de Constantin. Le cheval, au point de vue des recherches qui le préoccupaient, est quelque chose de bien étrange et de bien significatif. Ce n'est pas la structure anatomique, le dessin précis des formes qui le hantent, il fait ici, si l'on peut dire, de la sculpture impressionniste; il veut rendre la forme en mouvement, et cela non seulement par l'allure, par la position des jambes mais par l'aspect de la peau. Il semble que les muscles frémissent, que la peau s'échauffe et que les poils soient luisants de sueur. C'est d'une audace telle qu'on a peine à comprendre qu'un sculpteur ait pu songer à rechercher de tels effets.
La statue, conçue comme un immense basrelief, se détache sur une grande draperie de stuc rehaussée d'or qui fait ressortir la blancheur du marbre et donne à cette œuvre un caractère très brillant et du plus puissant effet décoratif. C'est en effet une œuvre décorative que le Bernin a voulu faire; la statue est placée au pied de la Scala Regia, dans le prolongement du vestibule de Saint-
Pierre, dont la paroi est ouverte de façon à le grandir, en conduisant le regard jusqu'à cette statue qui semble en faire partie et le terminer \
I. En 1725, le sculpteur Cornacchini fit une statue équestre de Charlemagne qui fut placée en pendant de celle du Bernin à l'autre extrémité du portique de Saint-Pierre. Cornacchini, auteur des deux bénitiers de Saint-Pierre, est un des plus faibles sculpteurs qui aient travaillé dans cette église.