L ÉVEIL DU SEXE
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LKVEIL DU SEXE
A Rdyinond Nyst.
— Tu es pour moi tous mes enfants, tu es à la fois mon fils et ma fille, disait M"^' Dulac à sou Gabriel, un joli garçon fi'èle qui, avec ses cheveux ondes s'aime lant jusqu'en travers des épaules et son mince profil d'une courbure selon le type des beaux anges de la Renaissance, ressemblait, en eiïet, à un petit ange Gabriel, mais un auge Gabriel brun, aux virilités indécises se féminisant de la pâleur languide et des gracilités longues de la toute jeune fille.
Elle l'avait eu d'un mariage malheureux au bout duquel la certitude d'avoir •té trompée constamment par un mari très beau, qui finissait par s'exiler en
enlevant la femme d'un de ses amis, la faisait s'absorber dans cette passion pour un fils en qui reparaissait le mâle visage paternel. Et c'était, à mesure qu'il grandissait, une tendresse jalouse, la ceinture de ses bras autour de ce petit cœur qu'elle eût voulu garder captif après le coup de vent qui avait dispersé son autre amour. A quinze ans, son féroce égoïsme de mère douloureuse, s'effarant au seul penser de la séparation, la violentait d'un si furieux besoin de le retenir contre sa chair, avec le regret de ne l'y pouvoir faire rentrer, qu'il ignorait encore la petite indépendance des jeux en compagnie des camarades.
Jamais il n'était sorti sans elle ; elle le couchait dans son lit, avec le repliement de ses mains autour de son sommeil comme pour le défendre contre les suggestions du rêve , et même endormi, lui fermer les chemins de l'évasion. Les robes de fillette et les pantalons puérils dont elle éludait sa croissance de petit homme, longtemps la leurrèrent de l'illusion d'une enfance s'i2;norant mûrir et se