‹ Le Bétail de la Drôme: L'élevage dans la région de CrestChapitre 43 sur 52 · EC PO · texte numérisé non relu

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Mais s'il à perdu en nombre, le cheptel à gagné en aleur. Le mode d'exploitation du troupeau à subi une évolution complète au cours du xIX° siècle. La laine était, autrefois, un des principaux revenus que les paysans attendaient du petit bétail. Travaillées grossièrement dans les campagnes, les laines du pays alimentarent en grande partie, au xvitt® siècle les manufactures de Die, mais surtout de Crest. « Cette dernière ville était devenue, à « la veille de la Révolution, un très gros centre de Pindus-

« dustrie et du commerce des draps, le plus important

« peut-être du Dauphiné, après Vienne. Les étoffes qu’on

« fabriquait dans les montagnes, sous le nom de ratine « de Crest, étaient assez grossières..…. » {1. Aussi, sous Napoléon I”, des croisements avec des béliers espagnols eurent lieu, encouragés par le gouvernement impérial. Comme conséquences, on constate, à l’époque de la Restauration, que si les mérinos et leurs métis « exigent une

« nourriture plus substantielle que les moutons indigènes,

«ils dédommagent amplement le propriétaire par le pro-

«duit de leur toison.… » (Delacroix).

La laine est presque devenue, dé nos jours, un revenu accessoire. Le mouton est essentiellement un producteur de viande. Les animaux ne sont plus conservés durant plusieurs années ; plus précoces ils sont vendus jeunes à la boucherie. Les envois à l’abattoir se répètent fréquem-

ment ; l’éleveur possède certes moins de têtes de bétail à-

la fois, mais il en produit davantage pendant la même durée. C’est maintenant un élevage intensif. La diminu-

(1) D’après D. Faucher (Mémoire de M. Daly, négociant à Crest, présenté aux Etats: de la profince en décembre 1788).

ni MODES

' , . . À tion du cheptel existe done bien, mais elle a un caractere

quelque peu factice.

Depuis 1902, la population ovine de la région est en

diminution de 48,80 %. Les moutons ont vu baisser leur

nombre de 87,05 %, les brebis seulement de 37,22 %. Le

chiffre des mères devient donc relativement de plus en plus fort dans nos troupeaux. Ce sont leurs produits, les agneaux, qui sont maintenant la grande richesse de notre cheptel.

Races, -— (Juels sont les moutons dominants dans notre région ? Ç

Au siècle dernier, Magne parle dans son traité des moutons dauphinois. C’est une appellation basée, semble-til, plutôt sur l’aire géographique occupée que sur des Caractères zootechniques: bien définis ; il décrit tout aussi bien,

en effet, sous ce nom les moutons des Préalpes drômoises.

et du Briançonnais, que les animaux de la plaine de Bayanne, entre Valence et le Péage, ces derniers fortement croisés avec des mérihos, et célèbres à cette époque par la finesse de leur laine. De même, ces moutons provençaux, (les Basses-Alpes, du Vaucluse et de la région d'Aix, ont des caractères « se rapprochant, dit Magne, «les races du Dauphiné ». RTE

Sanson, beaucoup plus précis, donne au cheptel ovin de la Drôme, le nom de race de Sahune, adopté définitivement de nos jours en zootechnie. Les noms de races de Quint, de Saint-Nazaire-le-Désert, de Valdrôme. sont moins des noms de familles que des appellations régionales. Pourtant les caractères de nos moutons, leurs poids et leurs formats ne sont pas toujours identiques : mais il

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ne parait pas nécessaire de créer des variétés distinetes dans notre race locale, ces différences étant conditionnées bien souvent par les ressources alimentaires mises à la disposition des animaux, et susceptibles par conséquent de variations.

La race de Sahune, dominante dans la région de Crest, présente des “aractéristiques propres. Profil nettement busqué, face étroite et fine, décharnée et effilée, qui doit permettre aux animaux,.eomme il à été dit, de « boire dans le verre de leur maître ». Absence de cornes presque toujours.

Le poids est variable. Dans la vallée de Quint, terre d’origine des quintonnes, nom donné aux agnelles d’élevage qui nous viennent de .cette contrée montagneuse et de ses confins, Faucher a relevé les poids suivants sur des sujets de un à deux ans : béliers de 55 à 70 kilogs, femelles de 45 à 55 kilogs. Th. Dumont, sur l’ensemble de la race, arrive à des écarts très élevés : béliers de 45 à 95 kilogs, brebis de 35 à 70 kilogs. Quant aux brebis grasses, sacrifiées à labattoir de Crest, leurs pesées varient autour de 50 kilogs. Malgré les différences constatées, on peut conclure que c’est le poids moyen de nos moutons ; on doit les classer de ce fait parmi les eumétriques.

Variables sont aussi les dimensions. Celles effectuées par Th. Dumont permettent de constater des écarts assez considérables :

Taille : Hauteur au garrot, brebis Om. 52 à 0 m. 75

» béliers 01m. 55 à 0 m. 80 Hauteur au Sternum .... Om. 30 à 0 m. 40 Longueur du tronc .... 0m. 60 à 0 m. 80

etc: etc;

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