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foire de Beaufort-sur-Gervanne et de Saillans (foire de la Saint-Géraud, du 13 octobre) aux cultivateurs de la plaine, qui les engraisseront au cours de l'hiver.
De nombreuses expéditions de ces animaux se font durant huit mois de l’année environ, avec leur maximum au printemps. Elles sont à peu près complètement arrêtées en été, au moment (les chaleurs, les agneaux étant généralement abattus avant l'envoi. C’est prêts pour l’étal du boucher, sans têtes, sans pieds, sans abats, les gigots recouverts de la coiffe qu'ils parviennent dans les centres de Saint-Etienne, de Lyon, mais surtout de Paris.
Ce sont surtout les troupeaux de la plaine qui sont plus particulièrement spécialisés dans la production de l'agneau de boucherie. La montagne s’y adonne bien dans une certaine mesure, mais elle sé livre surtout à la naissance des jeunes. Les mâles terminent leur engraissement dans des centres plus riches. Quant aux agnelles, très recherchées, elles servent à reconstituer les troupeaux de nos campagnes. [l ‘existe donc une véritable association d'élevage, comme à dit Faucher, entre les parties hautes et basses de notre région. Cette spécialisation n’est pourtant pas toujours constante, et le mode d'élevage mixte est fort souvent pratiqué.
Ce cheptel, il faut le reconnaître a des défauts. Nos moutons ont une maigre toison. La laine n’est pas un produit négligeable ! La conformation des animaux laisse aussi trop souvent à désirer : poitrine étroite, lombes manquant de largeur, fesse pointue, gigot plat et trop peu descendu.
En compensation, nous l’avons vu, les qualités sont sérieuses. Nos ovins sont surtout admirablement adaptés
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au milieu où ils vivent. Ce serait donc une faute, croyonsnous, que de se livrer d’une façon inconsidérée à des croisements. Ne risquerait-0n pas ainsi de détruire chez nos animaux leurs qualités laitières et prolifiques, de même que leur rusticité ? | L'amélioration de nos troupeaux doit être obtenue par la méthode, lente peut-être, mais sûre de ia sélect:on. C'est ce qu'ont bien compris les dirigeants de l'élevage de notre département. Les services agricoles et l'office régional agricole du Midi ont créé, immédiatement après la guerre, deux bergeries d'élite, l’une dans les Baronnies, à la Bâtie- Verdun, l’autre dans le Diois, à Saint-Étienne-en-Quint, celle-ci distante de Crest d’une quarantaine de kilomètres. Les effectifs y sont médiocres : mais, si l'effort est modeste, il a le grand avantage de donner à l'élevage local des directives et des indications précieuses. Il faut done conserver à la race sa pureté. Ce n’est pas un empêchement à la pratique du croisem'nt industriel ou de première génération, en vue de obtention d’agneaux de boucherie plus précoces et mieux faits. Les métissages habituels ont lieu avec le Southdown ou le mouton de la Charmoise. 1] y a quelques années, pour augmenter le poids des agneaux de la race locale, la Société des agriculteurs de la Drôme imtroduisit des béliers South-* downs. Les agneaux obtenus pesaient vers trois mois de 29 à 31 kilogs. Avec la même nourriture ct dans le même temps, les agneaux gagnaient de 5 à 8 kilogs par tête (V. Féraud). Louis Rolland à vu des agneaux croisés de 27 à 28 kilogs. Mais les brebis issues de ces ‘croisements furent reconnues moins prolifiques. D'autres métissages furent pratiqués avec le mouton de la Charmoise, animal
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perfectionné, d'excellente conformation, bien gigoté. Les produits furent d'excellents agneaux de boucherie, dun rendement élevé. Mais, ici encore, les agnelles conservées pour la reproduction perdirent, en partie, à la fois, leurs qualités de prolificité et de rusticité.
— La proportion des ovins est, en moyenne, pour 100 tétes de gros bétail, de 374 pour les communes du canton de Crest-Nord, et de 278 pour celles du canton de Crest-Sud. Montoison, Gigors, Lozeron, Omblèze et Saou dépassent largement le chiffre de 500. La première de ces communes se livre plus particulièrement à l’engraissement des agneaux de boucherie. Elle est limitrophe de la plaine de Montmeyran, en dehors de notre étude, où se pratique largement cette spéculation. Quant à Gigors-Lozeron et à Omblèze, c’est dans leurs pâturages de la montagne qu’elles s’adonnent à la naissance des agneaux d'élevage, de même que Saou dans les herbages qui du haut de Roche- Courbe dominent sa Forêt.
Les grands troupeaux sont rares, à cause du morcellement de la propriété : 60, 80 brebis sont un chiffre élevé pour notre région. Mais chaque exploitation possède, si petit soit-il, un troupeau de quelques têtes.
Transhumance. __ Nous estimons nécessaire, dans cette étude des ovins, de dire quelques mots de la transhumance.
Elle à quelque importance dans la Drôme . 22.896 ovins ont été conduits de Provence dans tes alpages du département au cours de Pété 1925. Notre région en héberge plusieurs milliers, dans les beaux pâturages du plateau
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d’Ambel. Omblèze, sur le territoire de laquelle ceux-ci sont situés, tient de ce fait la tête des communes du département adonnées à cette spéculation.
Dans la première quinzaine de juin, les rues de Crest retentissent presque journellement du tintement des grosses sonnailles signalant le passage d’un troupeau. Celui-ei a quitté ses pâturages méridionaux brûlés par la sécheresse, pour aller estiver dans les Alpes. La vallée de la Drôme est en effet un itinéraire fréquemment emprunté par les animaux qui, venant d'Arles, se rendent soit dans
. la région, soit dans le Haut-Dauphiné et la Savoie.
Depuis quelques années, par suite du relèvement des tarifs de chemin de fer, c’est surtout par la route que s'effectuent ces grands déplacements. Spectacle curieux et toujours attrayant, malgré sa monotonie, que ce défilé ! En tête le peloton des ânes porteurs des bagages ; puis le maître-berger, le bayle, un vétéran de la route, suivi du flot des moutons : béliers vénérables aux longues cornes enroulées en spirales, brebis, agneaux, bêlant, piétinant, gardés en serre-files par les chiens. A l’arrière-garde, entin, les aides-bergers donnant la chasse aux traînards.
Ce n’est plus par grandes masses que se déplacent de nos jours ces caravanes ; chaque troupeau compte seulement, en général, de 2.000 à 3.000 têtes, souvent moins.
Il y à plusieurs siècles, déjà, les moutons de Provence venaient brouter herbe d’Ambel. Les moines de Léoncel, propriétaires de ces herbages, les louaient à raison de « 5 liards tournois pour chaque trentemier de moutons ». La location était de 2 franes par tête d'animal immédiatement avant la guerre ; de nos jours ce sont des taux beaucoup plus élevés, 15 à 20 francs.
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Le métis-mérinos de Provence se juxtapose au mouton indigène, dans notre région, sans exercer d'influence sur lui. Bien rares sont les croisements avec la race locale : il n’en est observé chez nous, que sur les confins du massif d’Ambel.
Vers la fin septembre partent d’abord les brebis prêtes à agneler. Embarquées à Âouste -ou à Crest, € rest par la voie de fer qu’elles rentrent au bercail.
‘Puis au début d’octobre, à l’apparition dès premières neiges sur les cîmes, c’est le départ pour la Crau, « c’est: la descente des hautes vallées dauphinoises de ce riche troupeau -».…
Dis aüli coumbo doùfinenco Falié véire descèndre aqueu riche escabot !
(Frédéric MISTRAL. Mireille ch. IV).
Une autre transhumance, dénommée commerciale par certains auteurs, n'a pour notre région qu’une importance minime. Nous voulons parler des moutons africains achetés à Marseille, et remis en état d’engraissement dans nos campagnes avant d’être dirigés sur les grands centres où ils sont livrés à la boucherie, Cette spéculation or délaissée depuis quelques années.
Les transhumants de toutes sortes, malgré les règlements édictés pàr les services sanitaires, ‘et la surveillance dont ils sont l’objet, sèment fréquemment sur leurs passages les maladies contagieuses : fièvre aphteuse et clavelée principalement.