‹ Le Bétail de la Drôme: L'élevage dans la région de CrestChapitre 46 sur 52 · LA CHÈVRE · texte numérisé non relu

LA CHÈVRE

La chèvre ne peut être passée sous silence ; sans avoir dans notre région une importance économique comparable à celle des autres espèces que nous avons déjà étudiées, elle est néanmoins une source de revenus appréciables pour nos populations rurales.

Le cheptel caprin du département n’est point négligeable. Composé de 41.715 têtes en 1835, de 97.321 en 1892, 1] compte encore de nos jours 62.749 unités.

Dans nos deux cantons, leur nombre était de 4.253 au dernier recensement, après avoir été de 5.530 en 1913.

Il n’est pas fait, aux environs de Crest d'exploitation méthodique de cet animal ; on n’y rencontre pas de troupeaux de chèvres, mais bien plutôt de petits groupes dépassant rarement une dizaine d'unités. En général, chaque cultivateur possède 2 ou 3 chèvres.

Elles vont parfois aux champs, mélangées aux ovins, broutant aussi bien les herbes refusées par les autres animaux, que les végétaux ligneux, les ronces:et même les pousse d’arbustes. S’attaquant à tout, elles commettent souvent des dégâts. Aussi, des règlements prohibitifs, pris

pal FORT

par l'administration des eaux et forêts, ont à plusieurs reprises, au XVII et au xiIx° siècles, entravé l'essor de cette espèce. Le régime général est plutôt celui de la stabulation.

Notre région est peuplée de chèvres, rappelant l'alpine et la chèvre du Massif Central. C’est habituellement du Vivarais que nous viennent les quelques chèvres, mises en vente sur nos champs de foire et n’appartenant pas à la production locale. La tête, de profil concave, est généralement dépourvue de cornes. La taille est plutôt petite, la livrée brune, grise, plus rarement fauve, baie ou blanche. Sobres, rustiques, elles mettent bas tous les ans 2, 3, quelquefois 4 chevreaux. Leurs aptitudes laitières sont assez diverses ; la production annuelle d’une chèvre est en moyenne de 360 litres. :

Rien de méthodique n'a été fait jusqu'à maintenant pour améliorer ces animaux :.« il serait pourtant facile, « d'arriver par sélection, à créer dans chaque région de « bonnes familles laitières et d'améliorer :très rapide- « ment ainsi les rendements en lait. » (Desmoulins) :

C’est vers l’âge de un mois que les chevreaux sont sacrifiés pour la boucherie. Viande trop jeune, sans goût. appréciée pourtant par une clientèle nombreuse. Les chevreaux tout abattus font l’objet d’expéditions assez importantes dans les grands centres.

Les chèvres, une fois mises à la réforme et engraissées sont expédiées principalement à Saint-Etienne, à Marseille et en Savoie. Dans cette dernière contrée la chaïr de ces animaux est destinée au saloir, les Savoyards, même de condition aisée préfèrant, parait:il. cett> viande à celle du pore.

Page 1