SON ÉVOLUTION DU XVIII SIÈCLE A-NOS JOURS
Du moyen-âge au xvin° siècle l'élevage ne se modifia guère : les conditions économiques changent peu et la routine règne en maîtresse !
Au temps des derniers rois de France, les ressources fourragères étaient peu abondantes. A la belle saison, le bétail trouvait assez facilement sa nourriture, mais l’hivernage était, bien souvent, difficile.
En l’an IT de la République, une enquête agricole nous apprend quel était le régime des animaux dans le canton d’Aouste, dépendance du district de Crest : « Les inulets, « chevaux, juments et bœufs sont nourris, dans le temps «des semences et grands travaux, de foin et foin-garousse « mêlés ; en hiver, de la « mêlée » (1), et de la paille. Les
(1) Mélange de paille et de regain, d’après Ph, Arbos,
moutons sont gardés, de même que les brebis, pendant toute l’année, dans les champs, « hermes » (2), et broussalles, sauf l'hiver et jours de pluie qu'on les nourrit dans ce temps avec de la paille, quelque peu de «° mêlée », la grappe de raisin, des fagots de feuilles de chêne ou de fayard, qu’on les coupe en son temps. et on leur donne du sel une fois par décade. On donne aux brebis, dans le temps qu’elles font les agneaux, ou qu'on leur tire le lait du foin second, pour qu'°Iles puissent avoir une plus grande quantité de lait, et par ce moyen nourrir mieux les agneaux. Les pores et truies sont nourris étant jeunes des herbes des champs qu'on Tamasse en été, et en hiver, on les nourrit de la crotte de vers à soie, ou des feuilles de mürier que l'on ramasse à la fin de l’automne, et sur fin on leur donne des choux, courges, pommes de terre, des glands, et pour les faire boire, on y met quelque peu du son de « pain de noix », qu’on à soin de faire détremper. » (sic).
Régime assez maigre ; et que devait-il être les années
mauvaises et dans des quartiers plus déshérités !
C’est à ce moment, alors qu’un peu partout en France d “
pareille œuvre s’accomplissait, qu’un homme d'initiative,
de Delay d’Agier, maire de Romans sous la Révolution,
et plus tard comte de l’Empire, vulgarisa, autour de son
pays d'abord, puis dans le département tout-entier, la cul-
ture des fourrages artificiels. À la même époque Louis-
Michel Rigaud de l'Isle, propriétaire des environs de Crest,
introduisit dans la Drôme la culture de la betterave four-
(2) Espaces incultes (terme actuellement employé dans le dia--
lecte régional).
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