Puisqu'on ne peut le voir
qui sépare le qàf du Noun \ car il voit que tout ce qui est manifesté dans chaque manifestation est manifesté par sa parole. Il regarde l'essence de l'ordre et non les rangs multipliés dans chaque manifestation, car dans chaque manifestation, le Paradis s'attache à un pareil voyage : et l'on ne peut s'imaginer son point suprême dans les contingences. Il voit dans cette manifestation-ci, toutes les manifestations précédentes, avec l'œil de la certitude. Si quelqu'un avait regardé avec ce regard dans la manifestation du Prophète de Dieu, il eut vu dans sa face tous les Prophètes 2 et il y eut vu toutes s les manifestations suivantes de la façon qu'il était possible «le les voir dans cette manifestation. Un tel personnage est digne de voir Celui que Dieu doit manifester et de lui dire au moment où il est tourné vers Dieu :
« U mon Dieu ! Tu es le premier, et avant toi il n'y a rien ».
Car toutes les manifestations qui ont eu lieu ont abouti au Béyân, et tout ce qui est dans 1e Béyân aboutit à Celui que Dieu doit manifester. Donc, ouest ce qui est avanl Lui et qui soit digne d'être mentionné, car s'il était digne d'être mentionné on n'aurait pas lancé contre lui l'ordre de la non foi : a Tu es le dernier et en dehors de toi il n'y a rien ».
Car toutes les manifestations qui se manifestent par la suite, c'est Lui, dans sa manifestation et non autre que Lui.
i D;ins la parole Kooun.
•2. Voir les Bept Preuves de La Mission du Bàb, page <>
.'*. Voir page u6, N'otel.
l8 SEYYÈD ALI MOHAMMED DIT LE BAB
« C'est toi l'apparent et au-dessus de toi il n'y a rien ».
Car chaque chose manifeste est, dans son temps, manifeste par Lui et non dans d'autres que les croyants en Lui : car s'il se manifestait quelque chose sans Lui, il faudrait ordonner que cette chose est au-dessus de Lui alors que c'est au contraire l'ordre de non foi qui l'atteint ; comment dès lors pourrait-on dire qu'elle est au-dessus.
« Tu es le caché, et en dehors de toi il n'y a rien ».
Car si autre chose que Lui était caché, il faudrait que ce fut l'essence d'une chose, et dans sa manifestation chaque chose est néant, si ce n'est par Lui. De même chaque essence de chose devient vaine dans chaque manifestation, à moins qu'elle n'entre dans cette manifestation qui est le spectacle de Dieu.
« Tu es puissant sur toutes choses ».
Car en dehors de Lui il n'y a pas de spectacle de la puissance, car s'il y en avait il faudrait que subsistât un ordre des ordres du Puissant et voilà que dans chaque manifestation, tout ce qui est des spectacles passés devient néant s'il ne rentre pas dans cette manifestation.
C'est pourquoi, celui pui connait Dieu, au moment de la manifestation du soleil de la Vérité, arrive au summum de l'allégresse de son existence. Puis, au moment du coucher, jusqu'au lever suivant, il pleure de ce que (le soleil) est caché, plongé dans la plus grande douleur qui puisse atteindre tout maître de douleur, car toute douleur est l'ombre de cette douleur.
Vois la séparation de l'enfant et du lait (le sevrage), comme ce lait est le conservateur de son corps, c'est
IMTÉ TV, PORTE 6. Iig
pourquoi il est si douloureusement affecté. Ce qui est le conservateur de son cœur, s'il ne le voit plus, combien plus en sera-t-il désespéré?
Ces amitiés d'apparence qui se lient entre certains hommes sont des reflets de l'amour qui est manifesté en lui. Comment donc en peut-il être pour Celui qui laisse de telles traces dans les spectacles des corps matériels. Et cependant cette amitié même ne peut-être mentionnée relativement à l'amour spirituel. Il en est «le même en ce qui concerne l'amour spirituel relativement à l'amour du cœur. J'en jure par l'Essence très pure de Dieu, tous voyagent dans le monde de la nature ; s'ils progressent de ce monde, ils entrent dans le monde du corps essentiel ' et alors ils ne peuvent plus s'écarter une seconde des spectacles du a tèkbir » ; peut être même, de toute éternité, devant le tombeau dernier1, fixent-ils la place de leur anéantissement3.
Il en est de même, s'ils entrent dans le monde de l'amour spirituel ; ils s'asseoient alors dans le temple et s'occupent à des œuvres de dévotion envers les spectacles du « tahalil ». S'ils progressent encore, c'est alors auprès des spectacles du Tahamid qu'ils s'inclinent ; s'ils progressent encore, alors c'est dans l'amour des spectacles du Tesbili qu'ils s'occupent de dévotion. S'ils progressent encore et regardent ce qui est manifeste dans ces spectacles, alors ils se prosternent devant Dieu. Car tout l'amour, s'il est avec la foi en Lui, devient l'amour Paradisiaque, sinon c'est l'amour d'une