‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 103 sur 255 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

18. Le corps est le char dont les chevaux sont les sens, dont la course est la marche de Tannée, dont les roues sont les deux espèces d'actions, dont les trois qualités sont Tétendard, et les cercles les cinq souffles vitaux^

19. Le Manas en est la rêne, l'inteUigence le cocher, le cœur la caisse; les impressions opposées [de la peine et du plaisir] sont le double joug ; les coffres sont les sens qui reçoivent les cinq attributs sensibles, et lés armures les sept éléments.

20. L'attention est cette direction de l'Esprit au dehors, par laquelle il se précipite^ vers le mirage dès objets; les onze sens sont les armées avec lesquelles il se plaît dans les cinq lieux de carnage; le Yavana dont l'impétuosité est irrésistible, est l'année dont la marche mesure le cours du temps.

21. Les Gandharvas sont les jours de l'année, comme les Gandharvas femelles en sont les nuits ; ils sont au nombre de trois cent soixante, et leur succession abrège la durée de la vie humaine.

22. La Fille du Temps est la vieillesse; le monde ne l'accueille pas avec plaisir; le chef des Yavanas est le Dieu de la mort; il a pris la vieillesse pour ^œur, afin de détruire les créatures.

25. Les Yavanas qui forment son armée et sa suite sont les douleurs et les maladies; le feu de la fièvre qui s'avance rapidement pour affliger les mortels, est la fièvre qui a un double caractère.

26. C'est ainsi que plongé dans les ténèbres, l'Esprit dort pendant cent années au sein du corps, souffrant des maux divers qui lui viennent des Dieux, des éléments et de lui-même,

25. Et que s'attribuant, quoiqu'il n'ait pas de qualités, les résultats de l'action du souffle vital, des sens et du cœur, il ne songe qu'à recueillir un peu de plaisir, et agit avec la pensée du moi et du mien.

26. Lorsque l'Esprit, ne reconnaissant pas en lui-même Bhagavat, l'Être absolu, le précepteur [des mondes], s'attache, quoiqu'il soit lumineux en soi, aux qualités de la Nature,

27. ^ors s*attribuant les qualités, il accomplit involontairement des actes; et il renaît dans des conditions diverses, selon que son action a été blanche, rouge ou noire.

154 LE BHÂGAVATA PUBÂNA.

3& Ce$ diverses actions lui feront obtenir un jour, la première , ttfi€ demeure resplendissante de liuiiière; la 5econde, un séjour ou Ton ne recueille que de la douieur et où Ion se fatigue à agir; la troisième, un monde de chagrins et de ténèbres.

29« Suivant la nature de ses actiona et des qualités auxquelles il s unit, il est tantôt mâle, femelle, hermaphrodite et privé d'^intelti:* gence, tantôt homme. Dieu, ou animal.

50. De même qu un chien misérahle^ dévoré par la £(um, va de maison en maison, et y trouve ce qwte le Destin lui réserve, des coups ou des aliments ,

51. De même Tesprit individuel, tout entier à aes désirs, parcourt les voies élevées ou inférieures [de Texistence], et recueille dans les conditions basses, moyennes ou hautes^ la peiae ou le plaiâir que le Destin lui réserve.

32. L'esprit individuel ne peut s'affranchir d'aucune des trob espèces de douleurs qui lui viennent des Dieux, des élémenteiou de lui-même ; quand même il résisterait à Tune «d elles^ [il suecombera toujours sous une autre des trois. ]

55. En effet, comme un homme qui porte sur sa tête un lourd fardeau, le fait passer sur son épaule, ainsi les moyens par lesquels TEsprit résiste à la douleur [ne font que la déplacer]..

54. Cest toujours uiie action que le moyen qnon emploie pour s affranchir de 1 action^ et ce moyen siest pas définitif; Tune et Tautre action sont le fruit de l'ignorance^ et la première ressi»able à mx songe dans un songe.

55. Car quoique les objets niaient paa d.e réalité véritaj^, le cceur, enveloppé par la fiorme du corps subtil, ne peut amêter le cours ée la transmigration, pas plus qu'un songe n'interrompt le cours d'tm autre songe.

56. Puis donc que rE5prit, qui est la réalité véritable, est retenu [ par le cœur ] au sein du monde <pÀ n'est qu'une auccessicai de vaines laptparences , ie seul moyen qu'il ait de e'aiffranchir de ce monde est une. dévotion ai^olae pour le Précepteur suprême.

57. Pratiquée d'une manière eonranaUe^ la dévûtion par kqueUe

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