CHAPITRE PREMIER
GRANDEUR DE PRIYAVRATA.
1. Le roi dit : Gomment Prîyavrata, ce serviteur de Bhagavat, qui trouvait sa joie en lui-même, pnt-*il se plaire àla yie de chef de maison, laquelle produit le lien des œuvres et Toubli de soi-même?
2. Non, les soins d'un chef de famille ne conviennent pas, ô grand Brahmane, à des hommes qui sont, comme il était, détachés de toutes choses.
5. Ces hommes magnaninves, 6 Richides^ Brahmanes, dont Tesprit repose satisfait à Tombre des pieds du Dieu dont la gloire est eicdlente, n ont ni la pensée ni le désir d'âerer une SamiUe.
&« G*est pour moi le sujet d'un doute grave, ô Brahmane , qu'il ait pu, avec une femme, une maison et des enfants, atteindre à la perfection et tenir son esprit constamment fixé sur Krïchna.
5. Çuka dit : Tu dis vrai, ô roi; mais ceux dont Tesprit s'occupe à savourer le nectar du lotus des pieds^ bienheureux de Bbagavat dont la Ivoire est excellente, ne peuvent abandonner, quelque obstade qu'ils rencontrent, la voie fortunée où ils marchent en écoutant les histoires du Dieu chéri des sages contemplatifs, ses serviteurs dévoués.
6. En effet, quand Priyavrata, ce serviteur dévoué de Bhagavat, qui avait dû au culte des pieds de Nârada de connaître l'essence même de la vérité, %e vit, au moment où il se préparait au sacrifice de Brahma, chargé de gouverner le monde, par son père qui trouvait en lui un trésor abondant des perfections recommandées par l'Écriture , il n'accueillit pas avec plaisir un ordre qui ne devah bependant pas être repoussé; car il avait, par la pratique d'une contemplation immédiate, dirigé vers Vâsudêva seul tous les mouvements de ses sems,
172 LE BHÀGAVATA PtJRÀNA.
et il prévoyait qu'au milieu des devoirs de la royauté , le inonde , malgré sa vanité réelle, finirait par triompher de lui.
7. Alors le premier des Dêvas, Brahmâ, le Dieu né de lui-même, qui songeant sans cesse à la prospérité de ce monde, produit des qualités, pénètre les pensées de tous les êtres, descendit de son palais, entouré des sages qui forment sa suite et de tous les livres sacrés.
8. Recueillant, à mesure qu il s avançait, semblable à la lune dans le ciel, les respects des che& des Immortels qui le saluaient du haut de leurs chars, et les louanges des Siddhas, des Gandharvas, des Sâdhyas, des Tchâranas et des Solitaires, qui se pressaient en foule sur son passage, Brahmâ descendit dans la vallée de Gandhamâdana qu il remplit de sa splendeur.
9. Reconnaissant Hiranyagarbha (Brahmâ) son père au cygne sur lequel il était monté, Nârada, le Rïchi des Dieux, se leva aussitôt; et accompagné du Manu et de Priyavrata son fils, il lui rendit les honneurs de Thospitalité, tenant les mains réunies en signe de respect.
10. Le Dieu [qui était] Bhagavat lui-même, le premier des Esprits, après avoir reçu ces honneurs, et avoir entendu le sage qui ne se lassait de célébrer dans des hymnes convenables ses qualités, ses incarnations et ses triomphes, le Dieu, dis- je, regardant Priyavrata avec un sourire de tendresse, lui parla ainsi , ô descendant de Bharata.
11. Brahmâ. dit : Écoute, ami, la vérité que je te déclare; n accuse pas le Dieu infini dont Bhava , dont ton père , dont ce grand Rïchi et moi nous voulons tous exécuter la volonté avec soumission.
12. Non, personne ne peut, soit par les austérités, la science ou Ténergie du Yoga, soit par la force de Tintelligence , soit par les moyens que donnent les richesses et l'observation des devoirs, soit enfin par des ressources personnelles ou étrangères, nul ne peut anéantir ce qu*il a fait.
15. Cest pour accomplir des œuvres qui condamnent l'homme à la naissance et à la mort , au chagrin , à Terreur, à des craintes perpétuelles, au plaisir et à la peine, que la foule des âmes s'unit aux corps que le Seigneur invisible assigne à chacun».