‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 126 sur 255 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

24. Je ne vois rien de supérieur à ceux qui conservent en ce monde la forme ravissante que je revêtis autrefois, et dans lesquels résident la suprême et pure Bonté, la quiétude, Tempire sur soi-même, la vérité, la bienveillance, les austérités, la patience et la grandeur.

25. S'ils n'attendent rien même de inoi ; quoique je sois l'Etre infini ^ l'Etre supérieur à ce qu'il y a de plus élevé, et le souverain du ciel et de la délivrance, comment pourraient-ils demander quelque chose à un autre, eux qui, dans leur pauvreté, ont pour richesse la dévotion qu'ils me témoignent?

26. Sachez, ô mes enfants ^ reconnaître en tous lieux ^ avec un regard pur, que tous les êtres mobiles et immobiles reposent en mon sein } ce sera me rendre un culte véritable.

27. En effet, le but manifeste de l'action du cœur, de la voix, de la vue et des autres organes, est le culte que l'on me doit; sans ce culte, l'homme est incapable de se dégager des chaînes du Temps, qui le retiennent dans un aveuglement profond.

2S. Çuka dit : Tels étaient les conseils que Bhagavat, cet être toutpuissant et doué d'une extrême bienveillance, donnait, sous le nom de Rïchabha , pour instruire le monde , à ses fils déjà si éclairés par eux-mêmes. Voulant ensuite enseigner aux grands, solitaires dont la vertu était la quiétude et qui avaient renoncé aux œuvres, lès lois de Tascétisme le plus élevé qtie caractérisent la dévotion , la science et le détachement, il sacra roi de la terre l'aîné de ses cent fils, Bharata, ce serviteur accompli de Bhagavat et l'ami des hommes dévoués à ce Dieu. Puis ne gardant de tout ce qui lui appartenait datls son palais, que son corps, nu, les cheveux en désordre, semblable à un insensé, ayant bu les cendres du feu consacré, il sortit en mendiant du Brahmâvarta.

29. Semblable à un idiot, à un aveugle, à uii muet, à un sourd, à un Démon on à un insensé, ne portant d'autres vêterttents que ceux qu'on rejette, voué à une constante taciturnité, il gardait le silence, lors même qu'on lui adressait la parole.

50; En quelque lieu qu'il allât, que ce fût une ville, un bourg, un village, un verger, une mine, un camp, un parc», une station de J)as-

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teurs, une réunion de marchands, une montagne, un bois ou un ermitage, les plus vils d'entre les hommes l'assaillaient comme les mouches attaquent Téléphant des forêts, le chargeant de menaces, de coups, d'injures, lui jetant des pierres, le couvrant de poussière, de crachats et d'excréments. Mais lui, méprisant ces outrages, inébranlable, étranger^ au milieu de cette demeure sans réalité qu'on nomme le corps , à l'égoïsme du moi et du mien , parce qu'il se reposait dans sa propre grandeur qui consistait à reconnaître ce qui existe réellement et ce qui n'existe pas, il errait seul sur la terre.

31. Ses mains, ses pieds et sa poitrine étaient d'une extrême délicatesse; ses bras robustes, ses épaules, son cou, son visage et ses autres membres étaient bien proportionnés; il était naturellement beau; un sourire sans affectation animait son aimable visage; ses grands yeux bruns au milieu desquels brillaient comme deux lunes mobiles, ressemblaient aux pétales d'un frais lotus; ses joues, ses oreilles, sa gorge et son nez. étaient d'une forme élégante et régulière; l'éclatante beauté de sa figure où sommeillait le sourire, faisait entrer l'amour dans le cœur des femmes de la ville; et [avec toutes ces perfections], la masse épaisse de ses cheveux bruns, mêlés et tombant en désordre sur son visage, ainsi que son corps né^igé et couvert de poussière, le faisaient ressembler à un astre éclipsé.

52. Quand il vit que le monde était onoosé à la doctrine du Yoga et qu'on blâmait les efforts qu'il faisait pour le corriger, il imita le serpent, restant couché pour manger, pour, boire et pour satisfaire aux autres nécessité$ de la nature, [sans s'inquiéter si] les mouvements qu'il faisait souillaient son corps.

55. Mais il s'élevait autour de lui un air embaumé qui répandait son parfum à dix Yôdjanas à la ronde.

54. Il imita ensuite l'exemple des vaches, des antilopes et des corbeaux, pour marcher ou pour rester debout, assis ou couché, et celui des corbeaux, des antilopes et des vaches, pour boire, manger et satisfaire aux nécessités de la nature.

55. Telles étaient les diverses pratiques auxquelles se livrait Rïchabha, le maître de la délivrance, que le sentiment de la suprême

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