LIVRE CINQUIEME
8. Il parcourat ainsi à Taventure le pays des Kôgkas, dés Végkas,
des Kutakâs, des Karnâtakas méridionaux, et se retira dans la forêt du mont Kutaka , ayant la bouche pleine de pierres , nu , les cheveux en désordre et semblable à un insensé.
9. Là un violent incendie allumé par le frottement des bambous que le vent agitait, embrasa la forêt tout entière et consuma le corps de l'ascète.
10. Cest Rïchabha dont les préceptes égareront fatalement Arhat, roi des Kôgkas, des Vêgkas et des Kutakas, cfxxi apprendra son histoire, lorsque, l'injustice dominant dans l'âge Kali, ce prince, après avoir abandonnera voie sûre de son devoir, prêtera le secours de son intelligence trompée à la mauvaise doctrine et aui fausses croyances.
11. C'est par ses eflForts que dans l'âge Kali, égarés par la divine Mâyâ , les derniers des hommes , méconnaissant les devoirs de leur loi et les règles de la pureté, adopteront suivant leur caprice des pratiques injurieuses pour les Dêvas , comme celles de négliger les bains, les ablutions, les purifications, ou de s'arracher les cheveux; et que troublés par l'injustice toujoui^s croissante de cet âge, ils outrageront le Vêda , les Brahmanes , le sacrifice et le monde de Purucha.
12. Alors pleins de confiance en ces pratiques, fruit de leur volonté rebelle et dont le temps ne fera qu'accroître l'erreur, ils tomberont d'eux-mêmes dans de profondes ténèbres.
15. Cette incarnation [de Vichnu en Kïchabha] a pour but d'enseigner la délivrance aux hommes esclaves de la passion ; aussi chantet-on les stances suivantes qui en expriment le caractère :
14. « Ah! que de tous les continents et de tous les pays de la terre « qu'entourent les sept Océans , il est le plus pur, celui dont les habi-
« tants célèbrent les hauts faits de Vichnu et ses belles incarnations !
15. a Ah! qu'elle est purifiée par la gloire ^ la famille de Priyavrata « dans laquelle l'antique Purucha , le premier des esprits , revêtit un « corps jpour accomplir les devoirs qui conduisent à l'inaction !
16. v^Quel autre Yôgin pourrait jamais atteindre, même par la « pensée , à la région de Rïchabha où cesse l'existence , s'il désire ces
« facultés magiques du Yoga « but de ses efforts , mais que Rïchabha a sut mépriser comme vaines ?»
17. Le récit de la pure histoire de-Bbagavat nommé Rïcbabba, du maître suprême des Vêdas , des mondes , des Dêvas , des Brâbmanes et des vacbeSf est fait pour effacer tous les péchés des hommes; cest la voie des grandes et suprêmes vertus, et celui qui l'écoute ou qui le répète avec recueillement et avec une foi toujours croissante, se sent pénétré d'une dévotion exclusive pour le bienheureux Vâsudêva.
18. Les chantres inspirés qui, pour échapper aux ardeurs du monde et aux fautes de tout genre, se plongent constamment, trois fois le jour, dans cette inaction suprême comme dans un bain, ne font plus attention même à la délivrance définitive, ce premier but de l'homme, qu'ils ont obtenue d'eux-mêmes; car l'avantage seul d'être les serviteurs de Bhagavat leur assure les objets de tous leurs vœux.
19. Le bienheureux Mukunda, ô roi, a été pour votre famille et pour celle des Yadus un protecteur, un maître, une Divinité, un ami, un chef de famille, quelquefois même un serviteur; il est vrai: cependant Bhagavat donne à ceux qui le servent la délivrance, mais jamais l'ardeur de la dévotion.
20. Adoration au bienheureux Rïchabha, qui exempt de tout désir parce que son bonheur est de se connaître perpétuellement luimême, a, dans sa miséricorde, décrit le séjour plein de sécurité qu'il habite, en faveur des hommes dont l'intelligence, depuis longtemps endormie , prenait pour la béatitude des conceptions sans réalité !
FIN DU SIXIÈME CHAPITRE , AYANT POUR TITRE
HISTOIRE DE RÏCHABHA,
DANS LE CINQUIÈME LIVRE DU GRAND PURANA
LE BIENHEUREUX BHÂGAVATA
RECUEIL INSPIRÉ PAR BRAHMÂ ET COMPOSÉ PAR VTÂSA