Quand des hommes pèchent parce qu'ils ont au milieu d'eux
un coupable, la faute d'un seul n'en est pas moins celle de tous, se
dit le roi en entendant l'excuse de ces pauvres gens; aù^i, malgré
son respect pour les vieillards , emporté par son naturel , il paria ainsi ,
avec quelque colère et l'esprit troublé par la passion , au Brahmane
dont l'éclat ne paraissait pas plus que celui d'un feu caché : II. 27
6. Que tu es à plaindre, mon frère! Il est clair que tu es bien fatigué d'avoir porté seul, pendant une si longue route, et si longtemps. Tu es si maigre, si faible de corps, si épuisé par la vieillesse I Tes autres camarades, ami, ne sont pas si mal que toi. Mais, malgré tous ces sarcasmes, le sage qui devenu Brahma lui-même, n'attachait pas les fausses idées du moi et du mien à cette forme accidentelle et sans réalité du corps, sa dernière demeure, où la matière, les qualités, les actions et le cœur sont le produit de l'ignorance, le sage garda le silence et porta la litière comme auparavant.
7. Irrité de voir le palanquin marcher toujours irrégulièrement, Rahûgana s'écria :
8. Qu'est-ce que cela.^ Quel est ce mort-vivant qui, par mépris pour son maître, désobéit à mes ordres? Je vais, semblable à Yama qui châtie les mortels, te guérir de ta négligence, de façon à te rappeler à toi-même.
9. C'est par ces paroles et d'autres discours sans suite, que fier de sa grandeur, ce prince, enflé d'un orgueil qu'augmentaient la Passion et les Ténèbres, insultait, tout en se croyant sage, à celui dont Bhagavat avait fait sa demeure exclusive et chérie; mais le bienheureux brahmane qui uni à Brahma, et devenu ainsi l'ami et l'âme de tous les êtres, était profondément versé dans les pratiques des maîtres du Yoga, lui répondit presqu'en souriant et sans hauteur.
10. Le Brahmane dit : Ce que tu dis swait vrai et sérieux, s'il existait, pour moi qui porte et qui marche, un fardeau et un chemin à parcourir ; mais ce n'est pas parler en sage que de dire : « Tu n'es « pas maigre , » car cela ne touche que le corps.
11. L'embonjpoint , la maigreur, les maladies, les souffrances, la faim, la soif, la crainte, les querelles, les désirs, la vieillesse, le sommeil, le pjaisir, la colère, l'orgueil, les chagrins, rien de tout cela n appartient à ma personne véritable qui est née avec ce corps.
12. Ce que tu nommes mort-vivant est la condition nécessaire de tout ce qui change, parce que tout cela a un commencement et une