‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 158 sur 255 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

ELOGE DE SAMRARCHANA.

1. Çuka dit : Quand Vichnu, qui est l'objet du sacrifice, franchissait [les trois mondes], l'ongle du pouce de son pied gauche pénétra dans la partie supérieure de l'œuf [qui renferme l'univers]- Les eaux extérieures entrant par cette ouverture, formèrent un courant, qui n'ayant encore d'autre nom que celui de Bhagavatpadi, descendit sur le sommet du ciel pendant l'immense durée de mille Yugas. C'est ce fleuve qui pour avoir lavé le lotus des pieds du Dieu , et s'être coloré de ses filaments rouges , est devenu pur et capable d'enlever pac le contact de ses eaux les souillures des péchés de tous les mondes.

2- Ce point dû ciel est ce qu'on nomme la demeure de Vichnu. C'est là que ferme dans ses desseins et dévoué à Bhagavat , le fils d'Uttânapâda sentant son cœur se fondre sous les ardeurs de sa dévotion toujours croissante pour le Dieu, ses poils se hérisser sur tout son corps, et des larmes pures s'échapper de ses yeux à demi fermés par le regret et par le désir, reconnaît que l'eau de ce fleuve a baigné les pieds du Dieu de sa famille, et la reçoit encore aujourd'hui sur sa tête avec une vénération profonde.

5. De là elle tombe sur les nœuds de la chevelure des sept Rïchis, qui connaissant sa vertu, la reçoivent avec respect, et qui dédaignant la .voie de l'esprit et les autres objets des désirs de l'homme, par cela seul qu'Us ont acquis une dévotion inaltérable pour le bienheureux Vâsudêva, âme de toutes choses, regardent la faveur [de recevoir ses eaux] comme la récompense définitive de leurs austérités, et l'accueillent avec le même empressement que ceux qui veulent se sauver reçoivent le; salut.

4. Puis descendant par la voie céleste que couvrent plusieurs

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milliers de millions de files de chars divins , et baignant le disque de la lune , elle tombe dans la demeure de Brahmâ.

5. Là se divisant en quatre courants et prenant quatre noms distincts , elle coule vers les quatre points cardinaux pour aller ensuite se rendre dans le sein du roi des fleuves et des rivières.

6. Ces quatre courants sont la Sîtâ, rAlakanandâ, la Tchakchu et la Bhadrâ. La Sitâ tombant de la demeure de Brahmâ sur les sommets des monts qui entourent le Mêru, descend de là sur les hauteurs du Gandhamâdana, et courant vers Test à travers le Bhadrâçva Varcha, se Jette dans Tocéan salé.

7. Tombant du haut du Mâlyavat^ la Tchakchu traverse avec une impétuosité irrésistible le Kêtumâla, et se jette au sein du roi des fleuves à l'occident.

8. La Bhadrâ tombant du sommet septentrional du Méru, descend de montagne en montagne et de pic en pic, et quittant enfin les sommets du Çrïggavat pour traverser TUttarakuru, die se jette au nord dans Tocéan salé.

9. Et de même TAlakanandâ tombant au sud du palais de Brahmâ, après avoir franchi les sommets d'un grand nombre de montagnes , roule avec une impétuosité toujours croissante à travers les pics neigeux de THêmakuta, et traversant le Bhârata Varcha, se jette au midi dans la mer de sel. L'homme qui vient se baigner dans ses eaux, se dit à chaque pas qu'il fait : a Non , les fruits de rAçvamédha et du « sacrifice royal ne sont plus si difficiles à obtenir. » '

10. Il y a encore dans chaque Varcha un grand nombre d'autres fleuves et rivières , qui sortent par centaines du Mêru et des autres montagnes.

11. Le Bhârata seul est le pays des œuvres ; les huit autres Varchas sont définis des lieux du ciel terrestre, où les êtres célestes viennent achever de jouir de ce qui leur reste de mérites.

12. La vie des hommes y est de dix mille années mortelles : ils ressemblent aux Dieux ; leur force est celle de dix mille éléphants ; leurs femmes portent un fruit unique qu'eUes conçoivent une année [avant leur mort], après les voluptés extrêmes de l'union des sexes.

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