‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 159 sur 255 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

qu'augmentent, dans ces corps aussi durs que le diamant, la vigueur, la jeunesse et la joie ; enfin le temps s'écoide pour eux, comme pendant le Trêtâyuga.

15. Là entourés chacun des hommages des chefs de leurs serviteurs, au milieu des vallées de leur Varcha, pleines de forêts, d'ermitages et dé retraites charmantes qu embellissent des arbres et des lianes pliant sous le poids des bouquets de fleurs , des fruits et des branches nouvelles dont ils se parent dans toutes les saisons, les premiers des Dieux, errant auprès des lacs aux eaux pures qui retentissent des cris des flamingos, des poules d'eau, des canards, des Sàrasas, des Tchakravâkas, et du bourdonnement des essaims d'abeilles qu'enivre la beamté des lotus fraîchement éclos, vivent en liberté, le cœur et les yeux charmés par les gestes, les sourires, les grâces et les regards passionnés d'amour des belles Déesses qui se jouent dans .les eaux et se livrent à leurs nombreux ébats.

U. Dans ces neuf Varchas, Nârâyana, qui est MahÂpurucha, plein de bienveillance pour les êtres qui habitent ces lieux, se montre encore aujourd'hui sous les diverses formes qu'il revêt.

15. Mais dans l'Uâvrïta , le bienheureux Bhava est le seul être mâle : nul homme, en effet, n'y entre, s'il connaît la cause de la malédiction prononcée par Bhavânt ; car celui qui y mettra le pied doit être changé en femme ; c'est ce que nous raconterons plus bas. . 16. Entouré par des milliers et des millions de femmes qui ont Bhavânî pour chef, et se représentant, par la contemplation de sa propre nature, la quatrième forme du quadruple Mahâpurucha, cette forme obscure nommée Samkarchana et qui est sa substance à lui-même, Bhava l'aborde en répétant ce qui suit.

17. Bhava dit : Ôâi ! adoration au bienheureux Mahâpurucha , dans lequel on compte toutes les qualités ! adoration au Dieu infini et insaisissable !

18. JTadore, ô être adorable, celui dont les pieds sont le véritable asile, celui qui est le séjour suprême de toute perfection, celui qui révèle clairement sa nature à ses serviteurs, celui qui anéantit l'existence et qui la donne ; je t'adore , toi qui es le Seigneur,

19. Quel est Thomme désireux de se vaincre qqj ne songerait pas à celui qui bien différent desjêtres incapablçs, comme nous le sommes nous-mêmes, de contenir l'impétuosité de leur colère, contemple pour les dominer, les qualités de Mâyâ et les actes de l'intelligence, sans que sa vue en soit aucunement souillée ;

20. A celui que sa Mâyâ nous représente comme un homm^ ivre, la vue troublée et les yeux rougis par les liqueurs fermentées et enivrantes, lorsque émues par le contact de ses pieds, les femmes des Nâgas ne purent achever, par pudeur, de lui rendre le culte convenable?

2 1 . Adoration à celui que les Rïchis ont appelé la cause de l'existence, de l'origine et de la destruction de l'univers, mais qui eal infini et exempt de ce triple état , et pour qui la terre , placée sur un point de ses mille têtes, ne parait pas plus qu'un grain de moutarde !

221 A celui dont la première forme qu'il ait revêtue à l'aide des qualités fut l'Intelligence qui est Brahmâ incréé, Brahmâ dont la sagesse est l'asile, et de la triple splendeur duquel je suis sorti moimême, pour créer les êtres qui participent des qualités de k Bonté, des Ténèbres et de la Passion !

25. A cet être magnanime par la faveur duquel l'Intelligence, les êtres participants des trois qualités et moi , nouç pouvons tous créer cet univers, esclaves de sa volonté, comme des oiseaux qui sont retenus par une corde !

24. A toi enfin, qui es la destruction et l'origiiie; à toi qui as produit l'Illusion, cette puissance qui déroule la chaîne des œuvres, et dont l'homme, égaré parla création dès. qualités, peut quelquefois connaître l'existence, mais dont il ignorera toujours le développement!

FIN DU DIX-SEPTIÈME CHAPITRE, AYANT POUR TITRE

éLOGE DE SAMKARGHAIN A , .

DANS LA DESCRIPTION DE LA TERRE, A<7 CINQUIÈME LIVRE DU GRAND PURÎl^^A ,

LE BIENHEUREUX BHÂGAVATA , RECUEIL INSPIRÉ PAR BRAHMA ET COMPOSA PAR WÂSA.

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