LIVRE CINQUIEME
14. « C'est pourquoi renonçant à vos maisons, cette source de «passion, d amour, de découragement, de colère, d'orgueil, de «désirs, de craintes, de misères, de douleurs, ce théâtre de la « transmigration , adorez les pieds de Nrîsimha , où cesse toute « crainte; »
15. Dans le Kêtumâla, Bhagavat parait sous la forme de T Amour pour plaire à Lakchmî, ainsi qu'aux filles et aux fils du Pradjâpati, qui sont les maîtres de ce Varcha, et dont le nombre égale celui des jours et des nuits.d'une vie d'homme; effrayées par la grande splendeur de l'arme de Mahâpurucha , ces femmes voient leur fruit tomber, frappé et sans vie, au terme d'une année.
16. L'élégance de sa démarche gracieuse, le jeu de son doux regard qu'un agréable sourire accompagne, féclat de ce charmant visage, semblable au lotus, que parent de beaux sourcils légèrement relevés i tout en lui enchante Ramâ , qui à son tour comble ses sens d'ivresse.
17. Accompagnée, pendant les nuits, des filles du Pradjâpâti, et, pendant les journées, de leurs protecteurs, la divine Ramâ honore, parla pratique d'une méditation profonde, cette forme de Bhagavat qui est l'œuvre de Mâyâ , et elle prononce la prière suivante :
18. «Ôm! Hrâjn, Hrîm, Hrûm! Ôflil adoration au bienheureux « Hrïchîkêça , qui a pour caractères essentiels toutes les espèces de « vertus ; au souverain maître des actions , des pensées , des désirs , «des attributs divers; à celui qui est composé de seize parties; à « celui que constituent le Vêda , la nourriture , l'immortalité et la to- « talité des êtres; à celui qui est la vigueur, l'énergie, la force, l'éclat, « l'amour ! adoration à toi dans les deux mondes !
10. « Les femmes qui dans le monde, ô Dieu qui es de toi-même «le maître des sens, t'adressent de pieux hommages en demandant « un autre époux, obtiennent des maris qui sont incapables de pro- «téger leurs enfants bien-^imés, leur vie ou leurs richesses, parce « qu'ils ne sont pas indépendants.
20. «Le véritable époux, qui naturellement à l'abri de tout dan- « ger, protège les êtres agités par la crainte, c'est ce Dieu qui pos-
csédant tout par lui-même, ne voit rien au-dessus de lui; il est
• unique , car la présence d'un second être est pour Tun et pour c Tautre la source de craintes mutuelles.
21. « Celle qui n aime que le culte du lotus de tes pieds, est en c réalité Tamante de tous les plaisirs ; mais quand une femme t'ho- « nore en t'exprimant un vœu, tu ne lui accordes que Tobjet de ce « désir, qui trompé dans son attente , laisse après lui le regret.
22. « Pour m'obtenîr, ô maître de Tlllusion incréée, les Suras, les « Asuras et les autres êtres, ne songeant qu'à un bonheur sensuel, c se soumettent à de rudes pénitences : mais ceux-là seuls me pos- « sèdent, qui ne pensent qu'à tes pieds; car c'est en toi, ô Dieu invin- « cible, qu'est mon cœur.
25. « Pûse-moi sur la tête, à moi aussi, ô Dieu invincible, le lotus c vénéré de ta main, comme tu le posas sur la tête des Sâtvats. Déjà, « Etre excellent , tu me portes , grâce à ta Mâyâ , comme un signe « [sur ta poitrine] ; mais qui est capable de comprendre les œuvres « du Seigneur ? .
26. Dans le Ramyaka, Bbagavat sous la forme chérie de l'incarnation en Poisson, qu'il montra jadis au Manu, habitant de ce Varcha, est encore aujourd'hui l'objet de la dévotion profonde de ce sage qui prononce la prière suivante :
25. c Ôml adoration à Bbagavat, le premier des êtres; à celui qui «est la Bonté, le soufile vital, l'énergie, la vigueur, la force! adoc ration au grand Matsya I
26. « Invisible à tous les Gardiens du monde, tu parcours Tintéc rieur et l'extérieur de l'univers en faisant entendre un grand bruit; c tu es le Seigneur qui prenant le nom [des Dieux] , as rendu le c monde aussi docile à ton empire, que la poupée de bois l'est entre c les mains d'un homme.
27. « Toi que, brûlant d'envie, les Gardiens du monde abandon-
• nèrent, lorsque malgré tous leurs efforts ils ne purent, soit isolés, « soit réunis, gouverner les êtres, bipèdes, quadrupèdes, reptiles et < corps inanimés qui se voient ici-bas ;
28. «Toi qui, ô Dieu incréé, à la fin du Yuga, lorsque la terre,