LIVRE CINQUIÈME
«ce trésor des plantes annuelles et des végétaux, était entourée « comme d'une guiiiande par les eaux de l'Océan , as su par ta vi- « gueur les lui faire rapidement franchir ai^si qu à moi ; toi qui es « Tâme de la foule des vies de l'univers, reçois mon adoration. »
29. Dans le Hiranmaya, Bhagavat réside sous la forme de la Tortue. C'est ce corps adorable qu'Aryaman, le chef de la troupe des Pitrïs, honore, ainsi que les habitants de ce Varcha, en récitant à demi-voix le Mantra suivant :
50. « ôml adoration à Bhagavat, qui sous la forme de la Tortue, c a pour attributs les qualités de tous les êtres, et dont on ne peut a découvrir la retraite 1 adoration à celui qui est la forme même ; à « celui qui pénètre tout, qui contient tout! adoration à toi!
51. «Adoration à toi qui es cette forme même, œuvre de ta • Mâyâ, qui se compose des objets extérieurs, qui embrasse des formes « si nombreuses et qui échappe à tout calcul , parce que rien de ce « qu'on aperçoit en elle n'a de réalité I adoration à toi dont la figure « n'a pas de nom 1
52. « Les noms qui désignent les êtres nés d'une matrice , de « l'humidité, d'un œuf ou d'un bourgeon, les corps mobiles et immo- «biles, les Dévas, les Rïchis, les Pitrïs, les Bhûtas, les organes des « sens, le ciel, l'atmosphère, la terre, les montagnes, les fleuves, les « mers, les continents, les planètes, les constellations, sont les noms « par lesquels doit être désigné cet être unique.
55. « toi dont les attributs, les noms, les formes et les figures «sont innombrables, et auquel cependant les sages ont appliqué ce «nombre [de vingt-quatre principes], par lequel celui qui voit la « vérité apprend â^e connaître ^ reçois mon adoration , ô toi qui es « la doctrine du Sâmkhya elle-même. •
5A. Chez les Uttarakurus , Bhagavat , le mâle du sacrifice , paraît sous la forme du Sanglier; la divine Terre l'y honore, ainsi que les Kurus, par la pratique d'une dévotion non interrompue, et elle récite cet excellent Upanichad :
55. «Ôm! adoration à Bhagavat, dont l'attribut et l'essence est la «prière, qui est l'offrande et le sacrifice, dont les grandes cérémo-
«nies sont les membres! adoration à Mahâpurucha, à toi qui es la « réunion des trois [derniers] Yugas que le sacrifice purifie!
56. <c Adoration à celui que les sages pénétrants, désireux de voir « sa véritable forme qui est cachée sous les œuvres et sous les objets , « savent, par l'action de leur cœur, faire sortir des qualités, de même « qu'on tire le feu du bois qui le renferme ! adoration à celui qui se « montre lui-même à leurs yeux !
57. « Adoration à celui dont Tessence se laisse réellement voir sous « les qualités de Mâyâ, qui sont la matière, faction, la cause, le mou- « vement, le [Temps] souverain et le principe qui agit en nous; à « celui dont la forme, œuvre de Mâyâ, disparait aux yeux des sages c qui ont reconnu , par Texercice de la raison , que TEsprit femporte « sur les organes corporels I
58. « Adoration à cet Etre doué de vue, qui laisse les qualités de « sa Mâyâ exécuter j non ce qu'il veut lui-même, mais ce qu'elle dé- «sire, quand elle accomplit fœuvre de la création, de la conserva- « tion et de la destruction de l'univers , semblable ainsi au fer qui « tourne sous l'action de faimant auprès duquel il est placé ; à cet « Être, témoin des qualités et des œuvres !
59. «Je m'incline devant cet Être souverain, qui sous la forme du « premier Sanglier des mondes, après avoir anéanti le Dâitya luttant « contre lui dans le combat, me plaça sur l'extrémité de sa défense «pour me retirer de l'Abîme, et sortit lui-même de l'Océan, sem- « blable à un éléphant qui se joue. »
FIN DU DIX-HUITIÂME CHAPITRE , AYilNT POUR ifiRE : DESCRIPTION DE LA TERRE,
DANS LE GINQCIÂME LIVRE DU GRAND PURÂl^A,
LE BIENHEUREUX BHAGAVATA,
RECUEIL INSPIRA PAR BRAHMÂ ET COMPOSA PAR VYÂSA