‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 163 sur 255 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

DESCRIPTION DU DJAMBUDVÎPÂ.

1 . Çuka dit : Dans le Kimpuruchà Varcha , le bienheureux Adipurucha habite sous la figure du frère aîné de Lakchmana et de Fépoux chéri de Sîtâ; là passionné pour le contact de ses pieds, Hanumat, le premier des serviteurs de Bhagavat, le sert, ainsi que les KiiBpurachas, avec une dévotion non interrompue.

2, Il écoute l'histoire si fortunée de Bhagavat son maître, qu'Ârchtichêna chante avec les Gandharvas , et il chante lui-même ainsi :

5. « Ôm ! adoration à Bhagavat dont la gloire est excellente ; à « celui que distinguent les actions, les vertus et les caractères de la « noblesse, qui s'est dompté lui-même, qui asuifvi la voie du monde, « qui est la pierre de touche de la bonne renommée 1 adoration au « Dieu ami des Brahmanes , au grand homme , au grand roi !

k. « Je me réfugié sans égoisme auprès de cet Être unique, qui «nést autre quune conception pure, qui dissipe par sa splendeur «les divers états, produits des qualités, qui est uniforme, calme, que a le sage seul peut saisir, et qui n a ni nom ni forme.

5. cSi le Seigneur a pris la forme humaine [de Râma], ce n'a « pas été seulement pour tuer le Râkchasa ; il a aussi voulu instruire «les hommes : comment, en effet, celui qui trouve sa joie en lui- « même aurait-il pu autrement s'exposer aux douleurs que lui causa «Sîtâ?

6. « Non, le bienheureux Vâsudêva, l'âme et l'ami le plus cher de «ceux qui se possèdent, n'est pas esclave des affections des trois « mondes ; non , il ne peut ressentir les douleurs que cause une femme ; « il ne peut laisser aller Lakchmana.

7. « Ce n'est ni la noblesse de la naissance, ni la fortune, ni l'é-

cloquence^ ni Tesprit, ni la beauté qui plaisent au frère atné de c Lakchmana , puisqu'il . nous a donné son amitié , à nous habitants « des bois, qui n avions aucun de ces avantages.

8. a Peu importe qu il soit Sura ou Asura, homme ou singe» celui «qui sert de toute son âme Râma, le meilleur des êtres, qui est « Hari sous une forme humaine, et qui reconnaissant de ce qu'on fait

< pour lui , conduisit au ciel les Kôçalas du nord. »

g. Dans le Bhârata Varcha, Bhagavat dont la voie est invisible, prenant le nom de Naranârâyana , accomplit, par bienveillance et par compassion pour ceux qui se possèdent, une suite de mortifications au milieu desquelles il obtient la connaissance de TEsprit qu'il doit à des mérites, à une science, à un détachement, à un empire sur lui-même, à un calme et à un contentement accumulés pendant toute la durée d'un Kalpa.

10. Là suivi des habitants du Bhârata, y compris toutes les classes et tous les ordres, le bienheureux Nârada voulant enseigner à Sâvarni la doctrine qui, au moyen du Sâmkhya et du Yoga, exposés par Bhagavat, décrit la grandeur de ce Dieu, Taborde avec le sentiment d'une dévotion profonde, et récite cette prière :

11. «Oml adoration à Bhagavat dont la vertu est la quiétude,, a devant qui disparaît ce qui n'est pas Tâme! adoration à celui qui « est le bien des pauvres, à Naranârâyana le héros des solitaires, au a précepteur suprême des ascètes , au chef de ceux qui trouvent leur tfjoie en eux-mêmes! adoration! adoration! • Et il chante ainsi :

12. «Adoration à l'Etre détaché, isolé et témoin, qui agent dans

< la création et dans les autres états de l'univers, n'y est pas enchaîné; «qui quoique uni au corps, n'est pas atteint par les modifications «corporelles, et qui voit, sans que sa vue soit blessée parles qua- « lités [de ce qu'il voit] !

15. « La voilà, en efiet, cette perfection dans la pratique du Yoga, «ô toi qui en es le maître, qu'a chantée le bienheureux Hiranya- «garbha, et au moyen de laqiielle l'homme, abandonnant à la fin « de sa vie ce corps misérable , doit tenir avec dévotion son cœur uni «à toi, qui n'as pas de. qualités.

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