CHAPITRE V
IMPRÉCATIONS DE DARGHA CONTRE NARADA.
1. Çuka dit : Le puissant Pradjâpati, dont la Mâyâ de Vichnu augmentait les forces, eut de sa femme, fille de Pantchadjana, dix mille fils, nommés les Haryaçvas.
2. Ces fils de Dakcha, qui étaient tous unis par les mêmes devoirs et les mêmes vertus, invités par leur père à se livrer à la création des êtres, se retirèrent du côté de Toccident.
3. Là, au confluent du Sindhu et de Tocéan, est le vaste étang de Nârâyanasaras, qui est fréquenté par les solitaires et par les Siddhas.
4. Ces jeunes gens, en qui le seul contact de ces eaux avait effacé les souillures contractées par leur cœur, et dont l'intelligence était exercée aux devoirs de Tascétisme le plus élevé ,
5. Se livrèrent, conformément aux ordres de leur père, à de rudes mortifications ; le Rïchi des Dêvas les vit , pendant qu'ils faisaient tous leurs efforts pour multiplier les créatures.
6. Et il leur dit : Haryaçvas, comment pourrez- vous créer les êtres, sans avoir vu les bornes de la terre? Certes, quoique vous soyez les souverains [du monde], vous êtes des insensés.
7. Vous ne connaissez ni le royaume où il n'y a qu'un homme , ni la caverne dont on ne voit pas l'issue, ni la femme aux nombreuses formes, ni l'homme qui est le mari de la courtisane ,
8. Ni le. fleuve dont les eaux coulent dans deux directions opposées, ni la merveilleuse demeure des vingt-cinq, ni le cygne au beau langage, ni la roue tournant d'elle-même, composée de foudres et de lames tranchantes.
9. Comment donc, ignorant les ordres de votre sage père, pour-
rez-vous accomplir une création convenable ?