CHAPITRE X
MORT DE VRÏTRA.
1. Çuka dit : Après avoir instruit Indra de cette manière, le bienheureux Hari à qui Tunivers doit Texistence, disparut à la vue même des Dieux dont les regards ne se ferment jamais.
2. Conformément à ses avis, les Dieux adressèrent leur prière au grand Rîchi, fils d'Atharvan, qui leur parla ainsi, la joie dans le cœur et presqu'en souriant.
5. Vous ne savez donc pas, vous qui êtes des Dieux, quel mal cest, pour les êtres doués d'un corps, que la mort, ce moment si difficile à supporter, qui leur enlève le sentiment?
4. Il n est pa's en ce monde, pour les âmes qui obéissent à Tinstinct de la conservation , d ami plus cher que leur propre personne ; où est rhomme qui se résoudrait à la donner, fat^^ce même à Vichnu , s'il la lui demandait ?
5. Les Dêvas dirent : Est-ce donc une chose si difficile à abandonner que le corps, ô Brahmane, pour les hommes compatissants, pour les grands personnages, comme toi, dont les actions doivent être célébrées dans de pures stances ?
6. Tout entier à son intérêt, l'homme ne connaît pas la détresse de son semblable ; s'il la connaissait , il ne lui demanderait pas [ de faire pour lui un sacrifice]; mais aussi Thomme capable de ce sacrifice ne doit pas dire non.
7. Le Rïchi dit : C'est parce que je désirais apprendre de vous ce qui est juste, que je vous ai répondu ainsi ; je vous abandonne mon corps chéri auquel je renonce moi-même.
8. Celui qui ne sait pas, seigneurs, par compassion pour les créatures, accomplir d'un esprit ferme ce qui est juste et glorieux, est un objet de pitié même pour les êtres insensibles.