‹ Le Bhâgavata PurânaChapitre 240 sur 255 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

9, Ainsi consolé par les discours des Brahmanes» Tchitrakêtu ayant essuyé avec ses mains son visage terni par la douleur» leur parla en ces termes :

10. Le roi dit : Qui êtes- vous» ô sages doués de science» vous les plus grands entre les plus grands» vous qui venez ici cachés sous Textérieur de ceux qui ont renoncé à tout ?

IK En effet, les Brahmanes amis de Bhagavat parcourent à leur gré la terre» sous les dehors de la folie, pour instruire les hommes d'une intelligence vulgaire comme moi.

12. Kumâra ( Sanatkumâra » Tun des fils de Brahmâ)» Nârada, Rïhhu» Aggiras» Dévala» Asita, Apâmtaratama , Vyâsa» Mârkandéya» Gotama ,

13. Vasichtha» le bienheureux Rama (Paraçurâma, fils de Djamadagni)» Kapila» Vâdarâyani» Durvâsas» Yâdjnavalkya, Djâtûkarna, Aruni »

14. Rômaça, Tchyavana» Datta (Dattâtrêya» fils d'Atri)» Asuri, Patamdjali, le Rîchi Vêdaçiras (fils de Prâna) , Dhâumya» le solitaire Pantchaçikha ,

15. Hiranyanâbha , Kâuçalya» Çrutadêva» Rïtadhvadja, tous ces sages enfin et d'autres chefs des Siddhas, parcourent le monde pour y répandre la science.

16. Faites donc luire» seigneurs, le flambeau de la science sur un animal grossier» dont Tintelligence stupide est plongée dans de profondes ténèbres.

17. Aggiras dit : Tu désirais avoir un fils» ô roi, et c'est moi Aggiras, ainsi que le bienheureux Rïchi Nârada, fils de Brahmâ» qui t'en avons donné un.

18. Mais voyant ainsi plongé dans d'épaisses ténèbres, par la douleur d'avoir perdu son fils» un prince aussi exclusivement occupé que toi de Mahâpurucha, et si digne d'un meilleur sort»

19. Nous sommes venus ici» seigneur, par bienveillance pour toi; un prince aussi religieux, un serviteur dévoué de Bhagavat ne doit pas ainsi se laisser abattre.

20. Quand je vins dans ta maison » je te communiquai la science

suprême; et sachant que tu étais préoccupé d'un autre désir, je te donnai aussi un fils.

21. Aujourd'hui tu éprouves toi-même les chagrins de la paternité, chagrins que causent également une femme, une maison, des richesses et les diverses prospérités de la puissance.

22. Tout est passager, les qualités sensibles, telles que le son et les autres; les attributs de la puissance royale, tels que la terre, un royaume, une armée, un trésor, des serviteurs, des ministres, des amis et un peupk.

25. Toutes ces choses, ô roi des Çûrasénas, sont des sources de chagrin, de trouble, de crainte et de douleur; ce sont comme autant de songes, d'apparitions magiques et d'imaginations qui ressemblent à la viUe [fabuleuse] des Gandharvas. ,

24. Ces créations du cœur, qui n'ont pas de réalité, disparaissent au moment même où elles se sont fait voir; elles n'étaient que le produit du cœur que l'influence des œuvres [antérieures] excite à songer de nouveau à des actions variées.

25. Oui, c'est le corps, produit de la matière, de la connaissance et de l'action , qu on dit être la cause des peines et des douleurs diverses qui afiligent l'esprit habitant en son sein.

26. C'est pourquoi, considérant avec un cœur ferme la voie de l'Esprit, renonce à la confiance qui te faisait voir quelque chose de durable dans la cause des impressions opposées [de la peine et du plaisir], et rentre dans le calme.

27. Nârada dit: Apprends de moi, et reçois avec recueillement cet Upanichad en forme de Mantra; médite-le, et tu verras au bout de sept nuits le puissant Samkarchana.

28. Oui, tu posséderas bien vite cette grandeur suprême, sans supérieure et sans égale, qu'obtinrent jadis Çarva et les autres Dieux, aussitôt qu'ayant abandonné ce monde mobile où règne la dualité, ils se furent réfugiés sous les pieds de cet Etre divin.

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