LIVRE SIXIEME
autres, cet œuf dans lequel tombe TEtre semblable à un atome avec des millions d'autres œufs , c est là rjEtre infini.
58. Ce sont des brutes sous une forme humaine, que les êtres altérés de la soif des objets, qui au lieu de te servir, toi qui es l'Être suprême, adorent tes manifestations; leur bonheur périt. Seigneur, après qu'a cessé le culte qu'ils leur rendent, comme les faveurs disparaissent avec les rois qui les accordaient.
59. Les pensées de désir, ô Dieu suprême, ne se développent pas plus que des semences réduites en farine, quand elles se portent sur toi , toi qui es la science même et qui n'as pas de qualités ; car c'est de la foule des qualités que naît pour l'homme la multitude des impressions opposées [ de la peine et du plaisir] .
40. Tu as triomphé, 6 Dieu invincible, lorsque tu as exposé la loi irréprochable de Bhagavat que vénèrent, pour obtenir la délivrance, les pauvres solitaires qui trouvent leur joie en eux-mêmes;
kl. Cette loi dans laquelle ne se trouvent pas, comme dans les autres, ces idées de moi et de toi, du mien et du tien qui divisent les hommes ; car la loi qu a inspirée l'esprit d'inimitié est impure , meurtrière et pleine d'injustice.
42. Quel bonheur, quel avantage pour soi ou pour autrui l'homme peut-il retirer d'une loi qui lui ordonne de se faire du mal à lui-même ou d'en faire aux autres? Se nuire à soi-même, c'est t'irriter; nuire aux autres, c'est commettre une injustice.
45. Non, ton regard n'a pas manqué son but, lorsque tu as exposé laloi de Bhagavat, que vénèrent les hommes . respectables qui ont pour la multitude des êtres tpobiles et immobiles une égalité complète de sentiments.
44. Il n'y a rien d'impossible, ô Bhagavat, à ce que l'avantage de te voir eflPace tous les péchés des hommes , puisqu'en prononçant une seule fois toii nom, le Pukkasa lui-même est délivré du monde.
45. Aussi, Bhagavat, les souillures de notre cœur sont-elles purifiées aujourd'hui que nous avons pu te voir; comment les paroles du Rïchi des Suras , ton serviteur fidèle , pourraient-elles ne pas être vraies?
46. Les actions des mortels ici-bas te sont toutes connues, à Etre infini, puisque tu es Tâme de Tuniyers; qu'aurais-je donc à apprendre au précepteur suprême ? c'est comme si la mouche lumineuse voulait éclairer le soleil.
a7. Adoration à toi , Bhagavat, à toi le souverain maitrede la création , de la conservation et de la destruction de Funivers entier; à toi dont la voie est impénétrable pour les mauvais Yôgins qui voient des distinctions ; à toi qui es TEsprit suprême I
48. Il respire, et les Créateurs de Funivers respirent après lui ; il voit , et après lui voient les organes de la connaissance ; le globe de la terre porté sur une de ses têtes, ressemble à un grain de moutarde; adoration à lui , adoration à Bhagavat aux mille têtes !
49. Çuka dit : Satisfeit de cet éloge, Bhagavat, FÊtre infini, paiia ainsi, ô descendant de Kuru, à Tchitrakêtu, le roi des Vidhyâdharas.
50. Bhagavat dit : Ma loi qui ta été exposée par Nârada et par Aggiras, le charme qu'ils t'ont donné, et Favantage que tu as eu de me voir, t'ont assuré, ô roi, la perfection,
51. Oui, je suis la réunion entière des êtres, dont je suis Fâme et Fauteur; je suis le Brahma parlé (le Vêda) , et je suis le Brahma supérieur : ce sont là mes deux corps éternels.
52. Sache que Fesprit est étendu dans le monde, et que le monde est étendu dans Fesprit; que Fesprit et le monde sont tous deux pleins de moi, comme c'est en moi qu'ils sont créés.
55. De même qu'un homme endormi profondément voit tout Funivers au dedans de son esprit, et qu'au moment où il sort de son sommeil , il se retrouve lui-même en un endroit donné dû monde ;
54. De même reconnaissant que la veille et les autres états de son âme sont uniquement Fœuvre de FlUusion, l'homme doit se souvenir que le spectateur de ces divers états est FEsprit suprême.
55. Sache que Fesprit avec lequel Fhorame endormi voit le songe qu'il fait pendant son sommeil , est FEsprit même, c'est-à-dire moi qui suis Brahma, FÊtre heureux et sans attributs.
56. Quand Fhomtne se rappelle ensemble ces deux états, celui de