LIVRE SIXIEME
sommeil et celui de réveil, le sentiment qui accompagne ce souvenir et qui en même temps s'en distingue, cest là la science, c'est là le Brahina suprême.
57. Si l'homme oubliant Brahma qui est ma propre essence, le distingue de son âme même, il est condamné à revenir dans le monde où la naissance succède à la naissance , et la mort à la mort.
58. Celui qui ayant revêtu ici-bas la condition humaine, où l'on peut acquérir l'expérience et la science, ne parvient pas à connaître l'esprit, ne trouvera le bonheur nulle part.
59. . Songeant à la fatigue que cause l'action , aux conséquences funestes qu'elle entraîne, et d'un autre côté à la sécurité que l'inaction assure, le sage doit s'abstenir de tout dessein.
60. Cest pour arriver au plaisir, et pour s'affranchir de la douleur, qu'un mari et une femme se livrent à l'action; mais l'action ne leur donne pas plus le plaisir, qu'elle ne leur évite la peine.
61. Ainsi persuadé que les hommes, tout en se croyant sages, manquent leur but , et connaissant la voie invisible de l'âine , sous sa forme distincte de son triple état ,
62. Affranchi par sa propre lumière des impressions matérielles que lui donnent la vue et l'ouïe , satisfait de son expérience et de sa science, l'homme doit être plein de dévotion pour moi.
65. Voilà Tunique objet que les hommes dont l'intdligence est habile dans le Yoga , doivent chercher à connaître de toute leur âme; leur but véritable, c'est de voir que l'Esprit suprême existe seul.
64, Garde donc avec foi et attention ma parole, et alors doué d'expérience et de science, tu arriveras bientôt à la perfection.
65. Çuka dit : Ayant ainsi consolé Tchitrakêtu^ Bhagavat Hari, le précepteur de l'univers, l'âme du monde, disparut à ses yeux.
364 LE BHÂGAVATA PDRÂNÂ,