LIVRE QUATRIÈME
29. Mâitrêya dit : C'est ainsi que ce roi coupable, dont Tesprit était livré à* Terreur et qui était sorti du droit chemin , refusa , pour son malheur, d'accueillir la prière que les Brahmanes lui avaient adressée afin de Tapaiser.
50. Repoussés par ce prince qui se croyait sage, les Brahmanes, dont il avait méprisé la prière, prière qui est toujours digne de, respect, s'indignèrent contre lui, ô Vidura.
51. Qu'il meure! qu'il meure ce coupable, ce méchant par nature! vivant, il aurait bientôt réduit l'univers en cendres.
52. Non, il ne mérite pas le siège suprême des rois, cet homme dont la conduite est criminelle, et qui blâme sans pudeur Vichnu, le souverain chef du sacrifice.
55. Qui pourrait mépriser ce Dieu, qui? si ce n'est Vêna, ce méchant qui, comblé de ses faveurs, tient de lui la puissance suprême.
54. Ainsi déterminés à le mettre à mort, les Rïchis, dont la co- 1ère était arrivée à son comble, tuèrent, au moyen de paroles magiques, Vêna, que condamnait son mépris pour Atchyuta.
55. Quand les Rïchis furent partis pour se rendre à leur ermitage, Sunithâ désolée conserva le corps de son fils par l'emploi de moyens magiques.
56. Un jour ces solitaires, après s'être baignés dans les eaux de la Sarasvatî, et avoir sacrifié aux [trois] feux, se livraient à de pieux entretiens, assis sur Iç bord du fleuve.
57. Ils virent alors apparaître des prodiges redoutables pour le monde, et ils se dirent entre eux : Puisse la terre, maintenant qu'elle est sans chef, ne pas soufirir des attaques des brigands I
58. Pendant que les Rïchis se livraient à ces réflexions, il s'éleva une épaisse poussière, soulevée par les voleurs qui accouraient, en pillant, de tous les points de l'horizon.
59. A la vue de cette invasion de voleurs qui ravissaient les biens du monde, privé alors de son chef, et qui s attaquaient les uns les autres ;
40. A la vue du royaume couvert de brigands, dépouillé de ses
richesses, qui n avait plus de roi, les solitaires ne firent rien pour arrêter les pillards, quoiqu'ils en eussent le pouvoir et qu'ils connussent le tort de leur inaction.
Al. Le Brahmane, fût-il calme et indifférent à toute chose, qui na pas un regard de compassion pour les malheureux, voit s'échapper de ses mains la science du Véda, comme l'eau qui s'écoule d'un vase brisé.
42. Cependant, [dirent-ils entre eux,] la famille d'Agga, le Rïchi des rois, ne doit pas périr; car cette maison a produit des princes dont la puissance est infaillible et dont Kéçava est le refuge.
ft5. Ayant pris cette résolution, les Rïchis secouèrent rapidement la cuisse du roi qu'ils avaient tué, et il en sortit un nain
44. Noir comme un corbeau, ayant le corps d'une extrême petitesse, les bras courts, les mâchoires grandes, les pieds petits, le nez enfpncé, les yeux rouges et les cheveux cuivrés.
45. Prosterné devant eux , le pauvre nain s'écria : Que faut-il que je fasse? et les Brahmanes lui répondirent : Assieds-toi, ami. De là lui vint le nom de Nichâda.
46. C'est de sa race que sont sortis les Nâichâdas quiiiabitent les cavernes et les montagnes ; car c'est lui dont la naissance effaça la faute terrible de Vêna.
FIN DU QUATORZIÈME CHAPITRE , AYANT POUR TITRE
NAISSANCE DE NICHADA, DANS L'HISTOIRE DE PRITHU, AU QUATRIÈME LIVRE DU GRAND PURÂNA ,
LE BIENHEUREUX BHÂGAVATA, RECUEIL INSPIRÉ PAR BRAHMA ET COMPOSli P^R VTÂSA.