X. MOSSMANK
Table nUiliodùjue des mémoires de Trévoux (1701- 1775). Première partie. Dissertations, pièces originales ou rares, mémoires. Précédée d'une notice historique, par le Père P. C. Sommcrvogcl, de la Compagnie de Jésus. Paris, A. Durand, 1864, in-18, CM98 p.»
Les périodiques du siècle dernier sont, pour ainsi dire, ensevelis sous la poussière. Qui consulte encore les Nouvelles de l<i Mépublique des Lettres, le Journal littéraire, le Pour et le Contre, les Mémoires secrets, et tant d'autres publications dans lesquelles est enfoui tout l'esprit militant du XVIIX® siècle? Ces collections, justement
1. SignalouA une fautu typographique : la pagination est Irréguliére , les folios 169 et 170 manquent.
estimées alors, sont aujourd'hui, pour la plupart, sinon dédaignées du moins très-négligées par Tabsence de tables qui eu rend Tabord peu facile. En effet, que de loisirs ne faut-il pas pour parcourir des milliers de volumes, et la patience la plus opiniâtre résiste -t-elle toujours à de semblables recherches ?
On n'entreprend pas de gaieté de cœur, de nos jours surtout, un travail ingrat, et en est-il de plus pénible que celui de dresser l'inventaire raisonné d'un recueil qui se compose de 800 volumes environ !
M. Carlos Sommervogel , de la Compagnie de Jésus , un de nos compatriotes , n'a pas reculé devant une tâche aussi lourde.
Dans le seul but d'être utile aux hommes d'étude et pour les guider sûrement au milieu des richesses entassées dans l'un des meilleurs journaux littéraires , il vient d'enrichir l'histoire de la bibliographie d'une table méthodique des Mémoires de Trévoux,
L'essai historique qui précède la première partie de son travail , constitue une monographie très-intéressante ; toutes les particularités relatives à ce journal , qui a eu quatre-vingt-trois années d'existence , y sont consignées avec le plus grand soin. M. Sommervogel a reproduit, dans cette consciencieuse étude , et les éloges et les critiques qui ont été décernés à ce recueil ; son impartialité lui a même fait insérer, parmi ces dernières, l'épigramme si connue de J. B. Rousseau :
Petits auteurs d'un fort mauvais journal , Qui d'Apollon vous croyes les apôtres,
Pour Dion! tâchez d'écrire nn peu moiiu mal ,
Ou talHex-vouB sur Ich écrita dos autre*.
Voua tous tues à chercher dans les ndtres
De quoi blâmer, et l'y trouves trés-bien.
Nous, au rebours, nous cherchons dans les vôtres
De finoi louer, et nous n'y trouvons rien.
Les journalistes de Trévoux ont soulevé par leur esprit et leurs tendances de grandes colères , surtout parmi les encyclopédistes. Voltaire fut un de leurs adversaires les plus ardents, mais c*est particulièrement contre le Père Bcrthicr, Tâme du journal , qu'il dirigeait ses sarcasmes*.
Notre but u*est pas , dans ces quelques lignes , d'ëtudier le pour et le contre dans une lutte à laquelle ont pris part tous les membres de Tesprit libéral au siècle dernier; nous ne voulons que signaler à nos lecteurs un travail utile qui devrait être imité pour toutes les autres collections de cette époque *.
Le Journal de Trévoux doit cependant, de Tavis de Tun de nos critiques les plus distingués, être considéré, « pour « les portions qui confinent le plus au XVIP siècle et « qui offi*ent un fonds mélangé d'instruction et de goût ,