Histoire de la porcelaine ^ p
2. Beitràge zur Qetehiehte der Porzellan/abrieatioH (1863), p. SU. S. Voir note 3, la généalogie de la famille Hannong.
P:ir une l'onvciitioii ., ou ilnte du uiOmc jour. 31 déeouibri.* 17G0, lo» deux fabricante stîpuItTGut que Joseph aurait seul le droit do disposer du secret de la porcelaine. mais . en cas de vente , le tiers du i)rix devait revenir à son frcro ; de plus . ils s'interdirent réciproquement , l'un la fabrication de la porcelaine , l'autre celle de la faïence *; Voilà encore des engagements qui ne paraissent pas avoir été fidèlement tenus.
Nous avons vu que Paul Hannong avait proposé an directeur de la manufacture de Vincennes la cession de ses procédés ; mais il mettait à cette communication des conditions si onéreuses (100,000 fr, cbmptaut et 12,000 fr. de rente viagère) que ces premières négociations ne purent aboutir. — A sa mort, les ministres de Louis XV, et notamment M. Bertin . qui attachaient une grande importance au progrès d'une industrie dans laquelle la France s'était laissé devancer par l'Allemagne , firent faire de nouvelles ouvertures ù Joseph Hannong, qui se disait propriétaire de secrets particuliers : mais , celui-ci apporta encore plus de difficultés que son père à la communication des procédés. Boilcau s^assura , d'ailleurs , dans un voyage qu'il lit à Franckenthal , (^ue ces secrets ne différaient en rien de ceux communiqués en 1753. On s'adressa alors au frère ciulet, Pierre -Antoine Hannong, que Ton trouva plus accommodant, et le 29 juillet 1761, par-devant les conseillers notaires au Châtelet de Paris , en l'étude de M' Vivien, l'un d'eux, fut signé un acte
1. Contrat, M' nnmboarK» notaire royal à «Strasbourg, et délibé* ration des béritier8 Hanuoug, 31 sci>t<Mnbrc ITHO. - Archive» Momy.
portant vente par ledit Hannong « des procédés secrets de la porcelaine , au directeur de la manufacture royale de Sèvres , le sieur Boileau , dûment autorisé à traiter de ce marché , moyennant la somme do 6,000 li^Tes en espèces et de 3,000 livres de rente viagère ou gratification annuelle , qui lui sera assignée sur telle partie des revenus du Roi , qu'il Jui plaira de désigner. » Le traité signé , on s'aperçut bientôt de Timpossibilité de le mettre à exécution par suite du défaut de matières premières , et c'est seulement à partir de 1765, époque de la découverte' du kaolin en France , que Ton put tirer parti de cette acquisition ; mais , préalablement , on eut soin de liquider à Pierre Hannong ses créances de toute espèce , et on lui fit accepter la résiliation de son marché moyennant 4,000 livres comptant et une pension viagère de 1,200 francs.
A partir de cette époque, la fortune de la famille Hannong marcha rapidement vers son déclin. — Pierre , après avoir pris pour associé un nommé Deis , abandonne l'administration des usines alsaciennes à la veuve de Lowenfinck *, puis il cède définitivement ces établissements à son frère Joseph, qui avait quitté Franckenthal.
Le fils cadet de Paul Hannong commence alors cette vie errante qui devait le conduire à sa ruine. En 1766 , il monte , à Vincennes , de concert avec le sieur Martin des Aubiez , une manufacture dans laquelle , sous pré-
1. Dans les documents quo j'ai eus à ma disposition , ce nom est orthographié de deux manières: Lowenfinck et Lowenfincken ; Joseph écrit même quelquefois: de Lowenfinck.
toxtc (!<' faire «le la faïence , faf;oii «le Strasbourg . il eHBayait de fabriquer <1e la i)orccIaine. On l^accusa mumc «le chercher à débaucher les ou\Tiers de Tusine royale . et , pour ce fait , M. do Sartincs fut sur le point do lui faire fermer son établissement; il se contenta toutefois d'exiger une soumission par laquelle les entrepreneurs de la manufacture de Vincennes s'engageaient à n*emp]o3rcr. désormais , que des ouvriers dûment congédiés , sans distinction do nationalité^.
A la fin de Tannée 1771 , Hanuong se trouvait déjà dans une situation très - précaire , bien qu'il prétendit avoir des ressources plus que suffisantes pour acquitter Hcs dettes par les appointements arriérés auxquels il avait droit , et sa pension de 1 ,200 fr. dont il n'avait pas encore touché les quartiers échus. Ses associés, las d*eniployer leurs fonds à une entreprise qui , apr^ quatre années, n'avait pas encore donné de résultats satisfaisants, l'obligèrent à cesser ses travaux. II essaya alors de former, pour son propre compte, un nouvel établissement qu'il ne parvint même pas à mettre en pleine activité.
Ces déboires , pas plus que les poursuites dont il 'était l'objet , ne découragèrent Hannong ; il réussit , en effet , 2i trouver des commanditaires desquels il obtint, en 1773 « l'argent nécessaire pour créer dans la rue du Faubourg- Saint-Donis, à Paris, une autre fabrique de porcelaine. C'est cet établissement qui prit plus tanl le titre de Manufacture du comte dWrtois , et pros])éra si bien sous la direction du sieur Bourdon - Desplanehes : Hannong en
ébiit sorti au bout de quelques années. En 1*785, nous le retrouvons , sans emploi , au château de Vemeuil , faisant , cette fois , des essais de cuisson à la houille. L*année suivante , sa manufacture n'était pas encore en état de 'roulement et, dans une lettre adressée à son cousin de Haguenau , il reconnaît « qu'il n'en est, pour ainsi « dire , qu'aux épreuves. »
Enfin , le nom du second fils de Paul Hannong apparaît une dernière fois dans les archives de Sèvres ; c*est pendant la Terreur, au mois d'août 1793. Comme tant de bons patriotes d'alors , l'ancien propriétaire des faïenceries alsaciennes , après avoir dissipé son patrimoine , et compromis la fortune de ses associés , vient se poser en victime des tyrans et demander à la République , en réparation des torts causés à sa famille par les ministres de la royauté déchue , la place de directeur à l'usine nationale.
S'il faut en croire les allégations contenues dans une correspondance qui m'a été communiquée, Hannong aurait obtenu cet emploi quelque temps avant sa mort. Je ne mentionne , cependant , ce fait que sous toutes réserves , car la réclamation dont il s'agit avait été combattue par le célèbre chimiste Darcet avec une énergie qui ne laissait que bien peu de chances de succès à son
auteur. {Sm conunné.)