LES COMMENCEMENTS DE L'IMPRIMERIE DANS LES VOSGES
Comme on le voit , les renseignements que nous fournit M. Beaupré sont en tout point conformes à ceux de M. Gravier. L'un et l'autre nous ont initiés aux premiers pas de l'imprimerie dans les Vosges et nous ont laissé des
1. Le Salon d« Î866. — Cinquante tabloanx et tcnlpturet de«Rinét par len artistes exposants, gravés par M. Bœtzel. Paris, aux bureaux de la Gazette det Beaux- Art*, rue Vi vienne, 55; uu chrz V' Bcrgor- Lovrault et Fils, libraires-éditeurs à Strasbourg. Prix: 5 fr. Exemplaires do luxe , 10 fr.
documents complets à cet égard. Voyons maintenant quels sont les ouvrages qui sont sortis des presses de Saiut- Dié, et ici encore nous ne pouvons mieux faire que de citer M. Beaupré. Nous voyons d'abord en première ligue Cosmographiœ vntroductio, LiBwper quatuor Amen'ci Vespucii navigationes, Deodatce, 1507, in-4°. Cet incunable de Saint-Dié se trouve à la bibliothèque de Nancy, et c'est d'après cet exemplaire que M. Beaupré le décrit. Il est formé de deux parties bien distinctes , dont la première contient l'Introduction à la cosmographie , et la seconde les Navigations d'Améric Vespuce. Toutes deux sont imprimées sur bon papier , en beaux caractères romains , mais avec de nombreuses abréviations et des fautes d'impression qui trahissent l'inexpérience du typographe. La première partie a vingt feuillets réunis en quatre cahiers , dont les deux premiers ont chacun six feuillets , et les deux autres n'en ont que quatre. On y rencontre cinq figures de cosmographie, dont quatre imprimées dans le texte et la cinquième sur un feuillet détaché. Cette première partie contient d'abord une dédicace à l'empereur Maximilien , datée de Saint - Dié , 1507. Le texte de l'Introduction à la cosmographie présente aussi quelques passages qui méritent d'être signalés à l'attention , car ils intéressent à la fois la bibliographie et l'histoire de la géographie moderne. Ainsi c'est d'après une traduction française que l'éditeur de Saint-Dié donne en latin les quatre navigations d'Améric Vespuce, publiées originairement en langue italienne.
Le «econd ouvrage, sorti des presses de Saint-Dié,
porte le titre de Philem Vosyetngeiiœ Grammatica /î(/itraia; octo jiartes orationis, secundum Donaii ediUonem et regtUam Memîgii , ita imagùiibus expressœ ut xmert jucundo chartarum ludo faciltora grammaticœ ])rœludia disccre et exercere queanl, Deodatœ,p€r Gualterum Ltid, 1509, in-4°. (Gravures sur bois.)
Ce volume doit être au moins aussi rare que le précédent; recommandé par le nom de son auteur, décoré d^images amusantes , destiné aux enfants , peu d'années ont dû suffire à sa destruction , et la difficulté d'en trouver an exemplaire bien conservé devait déjà le recommander aux bibliomanes du siècle suivant. Du reste , ce n'est pas, en voici bien la preuve, une nouveauté que l'emploi des cartes pour renseignement de l'enfance. Au commencement du XVI® siècle nous voyons Matbias Riiigmann s*en servir pour familiariser les enfants avec les premières notions de la grammaire , et ce n'est pas à lui qu'appartient l'invention de cet ingénieux procédé. Deux ans auparavant , Thomas Murncr, professeur de pbilo- Bopbie à Cracovie , publia un livre intitulé : Chartiludium logicœ scu logica poetica vcl memoniitva. C'est, suivant M. Leber , le premier exemple connu de l'application du jeu de cartes à l'enseignement des sciences.
La décadence et la chute de l'imprimerie dans les Vosges ne se sont pas fait attendre. Quelles en sont les causes présumables ? C'est ce que nous allons rechercher sans nous arrêter longtemps sur ce sujet. Il est des situations qui se résument en quelques mots, parce qu'elles sont le résultat de vérités incontestées , dont l'applica-
tion frappe tons les esprits. M. Beaupré nous apprend qu'après 1509 , languissante et comme épuisée par les premiers efforts , la bibliographie ne fournit plus dans les années suivantes que de rares et maigres produits ; elle ne travaille plus que pour satisfaire les premiers besoins de la piété, et encore ces produits marquent répoque de la décadence, et cette décadence a été rapide. Et cependant un fait bien important dans Thistoire , c'était la Réformation qui , à cette époque , avait rendu la presse Pun des instruments du prosélytisme religieux. C'est au milieu de cette fermentation générale des intelligences que survient la querelle commencée à propos des indulgences par le moine Augustin Luther.
< Auxiliaire à la fois et des réformateurs et de leurs antagonistes , nous dit M. Beaupré , Timprimerie verse chaque jour dans le publicisme leurs livres dogmatiques et leurs pamphlets. Et partout où la prédication ne peut retentir , c'est la presse qui est l'organe de cette polémique passionnée par laquelle les partis religieux du XVI" siècle préludent aux combats de la guerre étrangère, aux massacres de la guerre civile.»
Au milieu de tout ce fracas , la presse lorraine reste muette , et son silence est celui de la mort. Quelles sont les causes de cette décadence , tandis que partout ailleurs l'imprimerie était active et florissante ?
L'intérêt que le clergé de la Lorraine , alarmé des progrès toigours croissants de la Réformation , avait à briser dans la presse un instrument dont le prosélytisme religieux pouvait se servir avec succès , était constant ,
et j'ai indiqué cet intérêt, si prépondérant alors , comme ime des causes possibles , probables même , de Tanéantiasement de la typographie dans ce pays. Mais dans les circonstancefi où se trouvait la Lorraine aux approches de la guerre des Rustauds , et qui se prolongèrent longtemps après cet événement, si les grands dignitaires ecclésiastiques du pays conseillèrent au prince de réduire rimprimerie au silence et même de la supprimer entièrement par mesure de précaution , on peut croire que leur Toix eut de l'écho , et que , pour persuader , il ne leur âdlut pas de grands efforts. Car ce n'était pas seulement dans sa foi religieuse que ce prince se trouvait inquiété par les réformateurs , et il en était ainsi de sa famille et de toute la noblesse de la contrée.
C'est ainsi que les presses lorraines furent frappées d'une paralysie mortelle , à laquelle elles ne tardèrent pas à succomber.
On peut , avec quelque probabilité^ fixer vers Tan 1530 la chute de la typographie de Saint -Nicolas du Port ; celle de Saint-Dié , son unique rivale , n'existait plus depuis longtemps. L'imprimerie de Saint-Dié, née en 1506 , ne fonctionnait d^'à plus en 1510; et un peu plus tard , elle abandonnait au Strasbourgeois Jean Schott son matériel et l'exécution des ouvrages qu'elle avait entrepris.
L'introduction de l'imprimerie dans la ville d'Epinal date de 1617, peu d'années après la miyorité de Louis XIII et au commencement de cette guerre que l'on nomme ordinairement la guerre de Trente ans et où la France vit
toute la ligne de ses frontières se hdrisser de combats , qui ne furent pas sans quelques revers. Peut - on atti*ibuer la réapparition de l'imprimerie dans les Vosges au goût pour les arts , que le roi cultivait avec succès , ou la doit-on au duc de Lorraine, qui, lui aussi, avait su introduire dans son duché les progrès de toute espèce, car il favorisait les gens de lettres et les artistes , et ou lui doit une grande partie des bienfaits répandus pendant son règne sur les savants, les poëtes et tous les hommes dont les talents ajoutent à T éclat présent et futur d'une époque.
On voit paraître pour la première fois en 1617, nous apprend M. Beaupré , des livres imprimés à Ëpinal. Les travaux de Timprimerie dans cette ville ne s'étendent pas au delà d'un laps de dix-sept ans. En 1635 ils cessèrent tout à coup pour ne plus être repris de longtemps. Le âéau de la guerre , restreint pendant quel.que temps dans le Barrois et le bailliage de Nancy , désolait alors toute la Lorraine.
L'histoire nous apprend , en effet, que Louis XIII occupa militairement, en 1633, le duché de Lorraine, qui resta aux mains de la France jusqu'à la fin de ce siècle.
Je vais tâcher de donner une analyse succincte des principaux ouvrages qui ont été imprimés à Epiual depuis 1617 jusqu'en 1635. Cette analyse pourra nous initier à la connaissance complète de l'état de l'imprimerie à cette époque , nous tâcherons de pénétrer le secret de ces hommes laborieux , qui nous ont laissé tant de documents historiques et littéraires. Nous verrons comment
rfaomme do fifénîe sait dinposer de ses ressources , de quelle manière il coml)iiie et pratique Tart avec lequel la civilisation a fait tant de progrès.
Le premier ouvrage dont il est fait mention par M. Beaupré , est intitulé : Discovrs des choses advenves en Ijorraine depuis le decez du duc Kicolas , iusques à celui du duc Béné. (A Espinal par Pierre Houion, 1617, petit in-4°.) Ce petit ouvrage contient le titre , qui est gravé , le portrait du duc René et la dédicace au duc Maximilien de Bavière. Texte paginé de 1 à 158. Au bas de cette dernière page , on lit: A Espinal , par Pierre Houion , iminrimeur de Son Altesse ,1617.
Le titre gravé et le portrait placé en tête de cette réimpression de Touvragc de Nicolas Remy , sont de mauvaises copies de gravures de T édition originale.
L'exécution typographique est fort médiocre, et pour rhonneur du pays, ajoute M. Beaupré, je voudrais voir réimprimer sur plus beau papier un livre où on lit que les moulins à papier de la Lorraine sont Tunique magasin des presses de T Allemagne et des Pays-Bas. Ce n'est pas néanmoins par la consistance que pèche celui-ci , il n'est ni flasque , ni spongieux , comme le papier de notre époque ; c'est par la couleur où domine une teinte de rouille , qu'on a trop souvent à reprocher aux livres imprimés en Lorraine dans la première moitié du XVIP siècle.
Durival cite pour premiers imprimeurs à Epinal: 1® Pierre Houion, de 1616 à 1626; 2^ Amboise Amboise, de 1631 à 1634 ; 3» Claude Cardinet, en 1633 , associé avec Amboise Amboise.
NouB trouvons un volume, imprimé dans cette ville en 1617 , intitulé : Les Roy s et Ducs d'Austraste, depvis Théodoric P'^ fils aisné de Clovts, ivsque à Henry de Lorraine II, à présent régnât, — faict par Nicolas Clément; traduit en français par François Guibaudet, dijonnais. A Ëspinal , par Pierre Houion , imprimeur de Son Altesse, 1617. In-4® avec figures sur bois. — L'exécution de ce volume n'est guère meilleure que celle du précédent. Les figures, dont le graveur, Amboise Amboise, ■ est nommé dans la dédicace , sont tout au plus dignes de figurer dans un almanach.
L'imprimerie fut portée à Senones en 1762 par Joseph Parisot , imprimeur-libraire.
Dom Augustin Fange , abbé de Senones et neveu de Dom Calmet , a fait imprimer à Senones la biographie de son oncle, ouvrage dont il est l'auteur: La Vie de très ' révérend Père Doni Augustin Calmet, abbé de Senones; avec un catalogue , raisonné de tous ses ouvrages , tant imprimés que manuscrits , auquel on a joint plusieurs pièces , qui ont rapport à cette vie. A Senones, chez Joseph Parisot , imprimeur-libraire, 1762. In-8° de Vm et 518 pages.
Étival (Stivagium)^ abbaye do Prémontrés, à trois lieues de Saint -Dié , avait aussi son imprimerie. Nous trouvons Jean - Martin Heller , imprimeur à Étival en 1728; mais il n'imprima que des livres liturgiques.
Je termine ici cette notice , bien imparfaite sans doute , que je soumets au jugement des nombreux amateurs des recherches philologiques. Plus tard , un autre , partant
du point où je me suis arrête , jugera peut-être à propos de compléter , sur un plan plus étendu , un travail dont oelui-ci parq^tra alors Tébauche.
Strasbourg, le 25 janvier 1865.
Saboubin de Nanton.
REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
Histoire de la Révolution française dans le département du Haut-Rhin (1789-1795), par Véron-Réville , conseiller à la Cour impériale de Colmar. — Paris, Durand; Colmar, Barth et Held, Baltzinger. 1865; in-8% X- 301 p. 4 fir.
Voici un livre qui nous embarrasse un peu ; nous voudrions en dire beaucoup de bien parce que nous y trouvons les traces d*un consciencieux travail, mais nous voudrions en dire du mal aussi , parce qu'il nous a procuré moins de satisfaction que de fatigue. Heureusement que les travaux antérieurs de M. Véron-Réville ont des qualités assez sérieuses que nous avons toigours été disposé à reconnaître , pour que la justice que nous prétendons mettre dans nos appréciations ne puisse pas être accusée de parti pris malveillant. Nous consentons, du reste, à réduire nous-même la valeur de notre jugement, en déclarant de prime abord que , né en dehors du Haut- Rhin , nous en connaissions fort peu l'histoire , qu'aucun intérêt spécial ne nous y rattache et que, dès lors, nous
Bommes susceptible de nous faire illusion sur le mérite de nos convictions; mais il nous semble que cette situation même est favorable pour voir juste sur la valeur d'un livre d'histoire.
De 1789 à 1795 M. Véron-Réville suit pas à pas, sur tous les points du département^ les manifestations diverses du mouvement révolutionnaire et en dresse un procès-verbal qui a tous les défauts de ses qualités, c'est-à-dire une minutie pleine de sécheresse. Nous voulons bien croire que l'exactitude de ce tableau est complète , que les contemporains de ces événements y retrouvent leurs souvenirs, mais le résultat final de cette enquête judiciaire, quel est-il? De nous faire voir que le désarroi est immense dans les esprits, dans les consciences , dans les habitudes , lorsque , de haut en bas , la Société est obligée par la force de modifier les conditions de son existence. U peut être fort intéressant d'accumuler les faits pour faire un pareil tableau, mais à quelle démonstration arriverons-nous que nous ne connaissions déjà? C'est de la pathologie révolutionnaire qui a ses règles rigoureuses que l'on peut vérifier à chaque mouvement populaire, et les recherches patientes que notre auteur a dû faire pour rédiger ce compte rendu nous laissent tout au plus assez étonné de l'abnégation d'un pareil travail. Peut-être est-ce par un esprit d'impartialité trop exagéré que M. Véron-Réville s'est résigné à effacer sa personnalité d'historien pour ne laisser parler que le fait : nous le voulons bien , mais nous sommes surpris qu'un esprit aussi judicieux que le
aien et qui a donné ses preuves n'ait pas songé plus souvent à 8*élevcr au-dessus de son récit pour en embrasser dans une peinture saisissante le côté philosophique. Il a voulu se faire annaliste scrupuleux : mais, à la différence de Tacite , il ne s'est pas cru tenu à la sobriété ni à la féconde étude des passions humaines. Reconnaissons-le, du reste, tout en le regrettant : c'est bien les événements dans leur crudité qu'il s'est proposé d'enregistrer et il a convié les hommes patients comme lui à faire dans tous les départements de France la môme enquête pour aboutir dans l'avenir à une Histoire de la Révolution française exclusivement i)hilosophiqu(î. L'idée a du bon , mais nous trompons-nous en supposant que l'analyse a trop étouffé la synthèse et que notre auteur, embarrassé de l'immense variété de faits que ses recherches avaient mis au jour, pliant sous la tâche d'en dégager les causes et les effets, n'a donné à son travail cette portée que parce que le second plan du tableau lui semblait trop difficile à éclairer? Quoi qu'il en soit de cette hypothèse qu'il est peut-être présomptueux à nous de présenter, nous y avons été amené par cette thèse singulière que M. Véron-Réville expose à la fin de sa préface, comme 8*11 sentait la nécessité de formuler une conclusion , à savoir que la vraie cause des excès de la révolution a été la constitution civile du clergé. Nous sommes quelque peu confondu de cette conclusion, qui a du moins le mérite de l'originalité à défaut d'autre. Groupez les faits comme vous voudrez, époussetez les documents de toutes les archives, montrez-moi les excès que Tidée religieuse a
provoqués, les irritations populaires que le mépris public des convictions a occasionnées , vous ne me ferez jamais croire que la révolution française , même dans le Haut- Rhin, a germé et s'est développée sous ces influences-là. D nous semblerait vraiment puéril de présenter en antithèse la vérité sociale de la Révolution comme une nécessité politique et économique , car, à chaque page , à Taide des documents mêmes amassés dans le livre de M. Véron-Réville , nous la voyonfl reluire avec une force entièrement concluante. Nous ne saurions donc accepter la question présentée sous cette face et nous eussions mieux aimé encore la sécheresse d'une instruction que' des conclusions aussi aventurées.
Nous n'avons pu nous défendre de cette sévérité d'appréciation d'une opinion qui dénature aussi violemment les données de l'histoire.
n nous reste à parler de la forme du livre. 11 est bien écrit * , mais il subit fatalement la loi du genre de récit adopté pat" l'auteur. Les phrases sont élégantes ; mais elles se pressent comme les faits eux-mêmes, et dès lors ne tardent pas à produire sur l'esprit une fatigue dont on ne peut se défendre. Au bout de quelques pages, on s'arrête exténué par cette course haletante , au milieu de laquelle l'auteur ne consent que très-rarement à s'arrêter
1. Nous ne ferons qu'une observation grammatioale. Pourquoi in- ▼enter le mot de loi fortêtaU (page 8, ligne 18 ), quand fortêUire est généralement admis et que l'autre ne Test par aucun des dictionnaires que nous avons consultés, aussi peu que par le code et par la langue des tribunaux, si nous ne nous trompons?
sreç le lecteur, pour lui faire mesurer le chemin parcouru.
Faut-il donner nos conclusions? Ayez ce livre dans votre bibliothèque si vous n*avez pas la collection des journaux publiés dans lé Haut-Rhin de 1789 à 1795, car vous y retrouverez des faits divers d'une grande variété BUT Fagitation populaire de ce temps-là; lisez-le trèslentement pour apprécier le mérite du style , et arrêtezvous à une appréciation de la révolution dans le Haut- Bhin , différente de celle de Tauteur.
i> Westrich , par M. Louis Benoit. Brochure in-8® de 27 pages , avec carte et gravures ; imprimée chez A. Lepage , Grand*-rue , 14, à Nancy.
M. Louis Benoit , maire de Berthelming (Meurthe) , a publié dans le Recueil d'archéologie lorraine, à Nancy, dont il est un des collaborateurs les plus laborieux , un intéressant mémoire sur la contrée que le moyen âge a appelée Westrich, Westerrich, Westerreich, Westrasia, Vastum regnum. L'auteur a essayé de fixer , d'après les anciens monuments géographiques, l'étendue et les limites de cette province située entre la Lorraine et l'Alsace et qu*on désigne généralement aujourd'hui sous le nom de « Lorraine allemande > , et, comme la description qu'en a . donnée Sébastien Mtinster dans sa Cosmographie, éditée à Bâle en 1552 , lui a paru le plus en harmonie avec les chartes et les titres du moyen âge , il n'a pas hésité à la
reproduire in extenso. M. Benoit a établi d'une manière certaine que l'ancien comté de Liitzelstein , que Schœpflin place en Alsace , et que M. Spach , le savant archiviste du département du Bas-Rhin , appelle la Sibérie alsacienne*, était une dépendance du Westrich.
L'auteur nous présente un tableau exact du morcellement de ce pays en une foule de seigneuries particulières, il n'a rien négligé pour rendre son travail aussi intéressant que possible ; il Ta enrichi de deux pièces inédites , tirées du trésor dit Chartes de Lorraine y et destinées à nous faire connaître la noblesse et les abbayes de la Lorraine allemande , et il a joint 1° un fac-similé d'une gravure sur bois , tirée de la Descriptiœi du Westrich , par Sébastien Miinster (édition française de 1568), et représentant un pêcheur à la ligne , an bord d'un étang, entouré de nasses , sans doute pour marquer que les étangs et les viviôrs étaient fort nombreux danfi cette contrée et qu'ib formaient, comme le dit le cosmographe bâlois, le principal revenu de ses seigneurs ; 2° une carte géographique du Westrich , tirée de la Cosmographie de Jean Schott, éditée en 1513 , et 3° deux gravures, représentant les armoiries de cette province , l'une d'après le même ouvrage , et l'autre d'après un Wàppenbuch de
La contrée qui a été l'objet de» recherches de M. Benoit , a déjà fourni à Jean-Philippe Croll , de Deux-Ponts , le sujet d'un mémoire qui a été publié en 1751 , soup le
1. Lettres sur les areh. dip. du Bas-Rhin, édit. inl9, p. 17.
titre : De Wcstritsia , regione Germania' cisrhenana. U est à regretter que M. Benoit n'ait pas eu connaissance du travail du savant bipontois, où Ton trouve des détails intéressants sur la contrée qui s'étend entre la Sarre et les Vosges.
Croll n'hésite pas à qualifier de ridicule la dénomination de Vastum regnum , que les géographes du XVP siècle se sont plu à donner au Westrich.
M. Benoit, à l'instar de la plupart des écrivains qui ont parlé du « Westcrrich » , a pensé que cette dénomination appartenait à la langue allemande et qu'elle signifiait le royaume de l'ouest ; mais , s'il faut s'en rapporter à M. Mone de Carlsruhe , qui en a recherché l'origine et le sens dans lequel elle doit être employée , elle appartiendrait à la langue primitive de cette contrée , c'est-àdire à la langue celtique , indiquerait un pays montagneux et boisé et voudrait proprement dire le pays haut , daa Hochland* ; la position géographique de cette contrée, qui n'est, à proprement parler, qu'un plateau très- élevé . semble justifier l'interprétation du savant étymologiste badois. La Société archéologique lorraine a fait faire un tirage à part du mémoire de M. Benoit, mais j'ignorr si les exemplaires en ont été mis dans le commerce. D. F.
l. feltiiche Forschungen , p. 125.
( 246 ) VARIÉTÉS
NÉCROLOOIB. — Lo monde savant vient de faire à Strasbourg une perte sensible. M. Colin, doyen honoraire de la Faculté des lettres, est mort, le 11 juillet dernier, âgé de 63 ans.
Fils d'un principal de collège, il suivit, comme son pore, la carrière de renseignement, il débuta fort Jeune à Phalsbourg en qualité de maître d'études et devint successivement professeur aux collèges de Mulhouse , de Troyes, de Limoges et de Saint-Dié.
En 1836, chargé de la clxMse de 3* au lycée de Strasbourg, il se fit remarquer par sa parole facile et par un esprit fin , brillant et original. Attaché, en 1842, comme professeur suppléant à la Faculté des lettres, il fut nommé titulaire en 1845, et, dix ans après, doyen et chevalier de la Légion d'honneur. En 1859, il sollicita sa retraite et continua d'habiter Strasbourg, qu'il avait pris en grande affection, et où il s'était créé de vives amitiés.
Vivant d'une vie toujours active, M. Colin fut, avec M. Spach, notre savant et infatigable archiviste, l'un des créateurs de la Société littéraire. Il parut prendre une assez grande part aux travaux de cette société , bien qu'il ne se trouve aucun travail de ce professeur dans le bulletin qu'elle publie chaque année depuis 186S. Les procès-verbaux signalent cependant, pour mémoire, plusieurs lectures faites par M. Colin , entre autres , une étude sur l'origine de la littérature et plusieurs poésies.
On regrette que l'auteur se soit opposé à leur publication; mais, maintenant qu'il n'est plus, on espère (les absents ont toujours tort)
• que cette partie de son héritage intellectuel ne sera point perdue
• pour ses nombreux amis et pour le public d'élite , amateur de beaux
• vers. »
An nombre des travaux sérieux de M. Colin , sa traduction de Pim- DAXB, couronnée par l'Institut, lui assigne une place honorable parmi les hellénistes français; quant à sa Clef de la comédie grecque, qui est la réunion de lectures publiques faites eu 1856 à la mairie de Strasbourg, elle n'a pas eu tout le succès que pouvaient en attendre ceux qui les ont entendues. Il y a beaucoup d'érudition dans ce petit volume, et peut-être trop d'esprit. L'oubli dans lequel il est tcmbé est dû à son titre non justifié et surtout aux doutes qu'a émin
H. Colin I Ini-méme, d&ns sa découverte snr les origines de la comédie grecque.
«Ne me suis-Je pas trompé, dit-il , avec beaucoup de franchise, en < terminant cet ouvrage, quand J'ai voulu faire voir dans épicharme, • l'inventeur de la comédie des mœurs , de la vraie comédie ? ■
M. Colin laisse encore un autre travail entièrement inédit qui a trait à MiVAVDBS ; il l'a fait imprimer, mais sans le publier. Ce travail date de 1853, époque à laquelle une étude historique et littéraire ■ur ce poète fut mise au concours. On se rappelle que c'est M. Ouillanme Guizot qui remporta le prix.
Lorsque le travail couronné parut, il faut penser que M. Colin le trouva sinon supérieur au sien , du cnoins de nature , par la distinction qu'il venait de recevoir, à nuire à sa publication. C'est ce qui expliquerait la note laissée sur son manuscrit : • à garder inédit • et la présence derrière un rayon de sa bibliothèque de tout le tirage de l'édition. Cette étude , dont 4 ou 6 exemplaires seulement ont été brochés et distribués, se divise en deux parties : la première est intitulée : Époque de Ménandre ou deê prineip<Ue$ aoureeê du comique chez Uê Âthénienêf de Van 842 à Van 290 avant Jésus-Christ , elle forme 16 chapitres suivis de notes; la seconde concerne la Vie de Ménandre, elle a 12 chapitres*.
Notre devoir de bibliographe nous obligerait encore à signaler À nos lecteurs une autre brochure de M. Colin; mais nous demandons pour elle, vu son caractère agressif , i la protection de l'oublia que l'auteur avait alors demandé pour lui lorsqu'il la fit paraître.
Les ToMBKS CBLTIQUB8. — Nous avous aunoucé dans notre dernière livraison (p. 816) l'apparition d'une nouvelle suite de mémoires sur les tombes celtiques de l'Alsace, par M. de Ring. Cette intéressante publication est le résultat de nombreuses fouilles faites par l'auteur lui-même i Scltz, à Brnmath, i Schirrhein (Bas-Rhin) et à Dessenheim , à Willenheim , à la Hartwald (Haut-Rhin).
Ceux qui ne sont pas indifférents aux études historiques, doivent
1. Lan d« la veote de la bibliothèque de M. Colin, toute l'édition encore en feoillei de cet oavrage fut achetée comme vieux papier par divers épiciers de la viHe. Quant au manuscrit, nous l'avons trouvé au Gùnptimœrk :
voir avec plaiiiir M. de Ring poursnivrc avec tant de porscvêrancr la continuation de ses travaux. Ou dirait môme que son activité a augmenté depuis qu'il n'appartient plus à la Société des monuments historiques, aussi beaucoup de «es anciens collègues rcgrcttcut-ils de n'avoir plus dans leur bulletin les curieuses monographies de ce savant sur les origines du pays.
C'est avec le plus vif plaisir que nous donnons aujourd'hui à noi« lecteurs l'appréciation de M. Baudot, l'auteur des Sépultures des Barbares de l'époque mérovingienne en Bourgogne y sur le nouveau travail de M. de Ring.
fl Nous avons reçu de M. Mazimilien de Ring sa dernière publication des Tombes celtiques de VAlsaee-y et nous en avons admiré les magnifiques dessins qui sont rendus avec une rare perfection. tKous avons lu le texte d'un bout à l'autre, et il nous a vivement intéressé. Le lecteur assiste réellement aux fouilles que l'auteur a pratiquées avec un soin si utile à la science; il rconeillo ainsi le fruit de ses investigations, et il apprend à connaître cette époque de transition voisine de la conquête, et qui a précédé la pratique des usages romains adoptés pins tard par les peuples vaincus et asservis. C'est là ce qui explique le mélange d'objets romains avec ceux de l'époque celtique qu'il est si diflScilo de déterminer. Cependant, il y a un certain cachet d'origine qu'une longue expérience peut seule éclairer, et, encore, il est presque impossible d'établir une limite bien positive; par exemple, à l'égard des bracelets, nous eu avons trouvé d'exactement semblables à ceux décrits par M. do Ring dans des sépultures romaines, non pas do ceux dont l'intérieur est rempli par un anneau en bois, mais bien de ceux en bronze massif. Il eu est de même des fibules : nous en possédons aussi plusieurs d'origine romaine identiquement semblables i quelques-unes trouvées dans les tumuli d'Alsace, notamment le n* 18 de la planche III , et le n* 1 de la planche XII. Leur présence, au surplus, dans les tombelles de cette province s'explique, comme M. de Ring l'a très-bien dit, à l'occasion des deux fragments de cette poterie en relief représentant : l'un, un chien en course, et
l'autre , le nom du potier, i
Ubnri Baudot ,
Président de la Commission archéoh>giqttr de la Côte-d'Or.
Nons annonçons, comme devant paraître dans le courant de ce mois, la Contre- JiémlHtion , eu Alsace, dr 1780 à Î703. Fiéeeg et doeument* relatif ê à cette époque j publiés par M. Heitz. Ce recueil est le eomplément indispensable des publications du môme auteur: la Vie et U» écrite d'Euloge Schneider (1862), les Sociétés politiques de Strasbcurg^U aara, nons n'en doutons pas, autant de snccés que ces deux ouvrages.
L'Académie française vient de décerner un prix do 2,500 fr. à M. Futtel de Coulanges, pour la Cité antique, et un prix de 2,000 fr. à MM. Oampaux, pour les Legs de Marc Antoine, et Martha, pour les MortUistes sous l'empire romain.
Les Paysans de l'Alstue aum^yen Agcj et les Constitutions des campagnes de V Alsace au moyen âge f de M. l'abbé Hanauer, ont obtenu ano médaille d'or de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
Le Bibliographe alsacien , tout en maintenant ses f critiques malveillantes > à regard de trois do ces ouvrages ^ enregistre avec autant de plaisir que les autres périodiques de l'Alsace les distinctions flatteuses dont ils ont été l'objet.
M. GrasH , sculpteur, et M. Maurial , professeur do philosophie i la Faculté dos lettres de Strasbourg, viennent d'être nommés chevaliers de la Légion d'honueur; M. Stoltz, professeur à la Faculté de médecine , a été élevé au grade d'officier.
Un décret impérial vient de déclarer d'utilité publique la Société pour la consertfation des monuments historiques de V Alsace.
BULLETIN MENSUEL D'ALSATICA.
1&9. Quelques discours prononcés eu différentes circonstances par Mgr l'évOquc de Strasbiinrg. Strasbourg ^ typog. de Le Houx, 1865; in-8-, 2» p.
BénèdielioD des baira>ix h vapeur du Hliin, de Strasbourg à Cologne, en |«4i. Bénédiction du chemin d»' f«*r do Strasbourg il BAle, prononcée k Mulhouse en I8V2. — Inauguration de l'horloge Schwilgué k la cathédrale.
! Voir le Bibléographt . 2* vol. , p. 261 ; a' vol. . p. 44 et 199.
3t décembre 1842. — Iniugaration du chemin de fer de Strasbourg k Pari». 18 jaillet 1852. — Bénédiction da cbemin de fer de Strasbourg à Molsheim, Barrel Waaaelonne, 23 septembre 1864. — Jdm» de Hagnenau k Niederbronn, 18 décembre 1864. — Jd^m de Scblesladt il Sainte-Marie-aux^Mines, 29 décembre 1864.
160. Lea Alaaciens iUnstrea , 4* livraison. Lti>. C. F. Sehmidtt P^t. in -8*. — »fr.
Jean Sturm, 1507-1589, pbol. d'après le portrait peint par Tobie Stimmer, et gr. par J. de Heyden. — Kléber, 1754-1800, pbot. d'après un*portrsit dessiné par J. Gaérin, et gr. par Eles. Herban. — Koch, 1737-1813. phot. d'après un portrait peint à l'huile par Robert LefèTre. — Humann , 1780-I842, phot. d'après un portrait peint par Guérin.
161. Nouveaux mélanges d'histoire et de critique littéraire, par Louis
Spach. Stroêbourg, typog. Silbermann, 1865; pet. in-8*, 270 p.
Ce Tolume n'a pas été mis dans le commerce, c'est la réunion d'articles païus dans le Courrier dit Bas-IAin et tirés k part. Il contient : Rèminiictncfs, par J. J. Coulmann. — Bibliothèque de H. Fritx. — Don CaWos, par M. Wamkœnig. — Le prédicateur Colani. — Ls Sicile ^ par Locber. — Le moine Olfrit. — H. L. Sers, préfet. — Lit Payêans d'Âlaace, par H. Hananer. ~~ M. Colin. — Emilia Go/oUt , de Leasing. — Les Châteaux du PtUatinat, par M. Lehmann. — la Cité antique ^ par H. Fustel de Coulanges, etc.
168. La Dame de Hangerstein I par F. 6. Frantz. Ouebibillerf 1865;
typog. Jung, in-S^, 16 p. Strcubourg, Noiriel, libraire. — 50 c.
Extrait de la Revue d'Alsace: Fragment de l'histoire de la ville de Goebwiller.
163. Die Kirche Sanct-Âurelien In Straasburg. Ein Beitrag zur Qe-
schichte unserer Vaterstadt, von J. G. Heinemann,miteiner Abbil-
daog. Stroêbourg f typog. Heittf 1865; in -8% IV-118p.
Vorwort. — Krbauang ond Schicksale der Kirebe Sanct-Anrelien bis zur Reformation. — Wie es Tor der Reformation mil der Religion in der christlichen Kirche aossah. — Wie die Reformation in die Kirche Yon Straasburg eingefQhrt worde. — Reparaiuren an der altan Kirche Sanct-Aurelien. — Kirchliche Einrichtungen. — VerhAltnisa der Kirebe Sanct-Anrelien zom Slift Sancl-Thomfi. — Fabrikgater. — Scbenknngen uad VermAchtnisse. — Die Scbule von Sancl-Aurelieo. — Das Kirchen-Archiv. — Beilagen.
164. Jean Erbe. Légende atrasbourgeoiae du XIV* siècle, par Ch. Dubois. Btratbourgy typog. Christophe , in-12 , 28 p.
165. Jacques Baldé, le grand poSte de l'Alsace. Notice historique et
littéraire I par l'abbé L. Brunner. GuebwiUer, 1865; typog. Jung,
in-8", 20 p. Stroêbourgt lib. Noiriel. — 50 o.
Jacques Baldé naquit en 1603 à Knsisheim, il fut sornomroé V Horace allemand ^ il mournt h Nenbourg, sur le Danube, en 16A8.
166. fin vacances. Alsace et Vosges , par Éyariste Thevenin. Paris,
Uh, Hachette y à Strasbourg ^ chez Schmidt, rue de» HaUéhardeê ^ 1865;
In-18,188p. — 2fr.
Livre à l'asage des Jeunes touristes et susceptible d'intéresser môme les Tieux. Itinérsire en Alsace et dans les Vosges dÏTisè en vingt Jonrnées. I. De Paris à Barr. II. De Rarr au Hohwald. III. De Barr à Sainte-Odile. lY. De Barr à Bosheim. V. De Barr à Colmar. VI. De Colmar à Betournemer. VII. De Belonmemer à Gérardmer. VIII. De Saint- Dié à Scbirmeck. IX. De Schirmeck à Grand-Foniaine. X. De Grand-Fontaine ft Soldatenthal. XI. De Soldatenthal à Saveme. XII. Environs de Saveme. XIII. De Saverne à Dabo . XIV. De Dabo à Raslach. XV. De Hasiach à Saverne. XVI. Séjour à Saverne. XVII. La Steinbach et le Rant-Barr. XVIIL Environs de Saveme. XIX. Grauf- Ihal. XX. Nancy.
167. Carte et légende historique de Sainte-Odile et de ses environs , 4 p. etl carte. Lith. Lemailre, à Strasbourg. — 60 c.
168. Guide du voyageur pour le Hohwald et ses environs , par J. H. Kants, 1866. Lith. Emerich, à Barr, 1 feuille.
169. études critiques sur quelques papes du moyen âge du professeur Dœllinger, par Tabbé Ph. Reinhard , docteur en théologie , vicaire à Colmar. Colmar, typog. Hoffmann , in -8", 136 p.
Préface. — Ch. I*'. La papesse Jeanne. — Le pape Cyriaque. — Marcellin. — Constantin et Sylvestre. — La donation de Constantin. — Libère et Félii. — Anastase II. — Honorins I". — Grégoire II et l'empereur Léon risaarian. — Sylvestre II.
Périodiques.
Rbyub D'AiiSAOB. Juin 1865.
A. Kbosbsb. Documents inédits relatifs à l'histoire d'Alsace Urée de la bibliothèque de l'Institut. — Dao. Fisohks. Étude sur Forganisation municipale de Saverne sous la domination des iréques de Strasbourg. — Fjlaxlamd. lâtudes sur l'élevage (6* suite). — - DivBXS. Notes et documents pour servir à l'histoire de la Révélation en Alsace (suite). — Fréd. Kustz. Histoire de la Bivolution dmnê le Haut'BhiUf 1789-1795, par M. Véron-Réville ; Morale en ae- Hof») par Jean Macé.
Juillet 1866.
Dao. FiiCHSR. étude sur l'organisation municipale de Saverne (suite). — A. Kbœbbr. Documents inédits (suite). — Oe. Kflss. Philosophie religieuse et scientifique. Analyse d'un livre. Destinée de Vhomme dans les deux mondes^ par H. Renaud, suivie d'une Étude sur la seconde vie, par le docteur Jsanger, de Colmar. — Oh. Dsioh. Un nouveau chapitre de l'Histoire politique des réformés de France (1681-1686), par M. Anguea. — FrAd. Korte. Revue d'hy-
drologie médical*', he Samstagsbfatt. Le Tcmpa ci la corrc»pondaiict> d'Allemagne. Les travaux archéologiques de M. de Kiiig. La iio tice 8ur le chemin de fer d'Alsace y de MM. Warroy et Juudt. Août 1865 :
A. Krœbkb. Correspondance de Grandidier. — A. Gilliot. Les ohemins de fer vicinaux. — Flaxland. Études sur l'élevage (7* art.*).
— PuTHOD. Expédition du baron Nicolas de Polweiler on Bresse; siège de Bourg, 1557. ~ Kdbtz. La Kaùertburg d'AUaee, récit du XIII* siècle f par R. A. Richard, docteur en médecine.
Rrvuk CATnoLiQUE d'Alsace. Juin :
F. Detroybh. L'Alsace au V« siècle était-elle alémano? (2* art.)
— WiNTEREB. Los Misciions chrétiennes. — F. Bockbkueykr. Un Curé (3* art.). — P. P. S. Les Conférences ecclésiastiques pour 1865. — Chronique. Tridnum en l'honneur du B. Canisins. Notice» nécrologiques sur MM. les abbés Dongelzer et Homion.
Juillet 1865 :
L. Cazeaux. L'abbé Mflhe (4» art.). — F. Dstroyeb. L'Alsace au V* siècle était-elle alémaneV (3' art.). — A. Guthlin. Du Positivisme de MM. Renan , etc. (fin). — Wihtrrxr. Les Missions chrétiennes (2* art.). — A. Schaub. Chronique de TTiann. Histoire de la Révolution française, par M. Véron-Réville.
Août 1865 :
D' Flj:ck. Ecce Homo. — F. Dst&oybs. L'Alsace au V* siècle. — L. Cazeaux. L'abbé Mûhe. — Fritsch. Bataille de Scherwiller (2* art.).
Zbitscheift fur DIB Geschichtb des Obsrrhbins. 18* vol., 1865. l'« livraison :
MoNE. Predigerpfrûnden im 14ten und 15ton Jahrhundert. — MoNE. Zunftorganisation (Schluss) (Bruderscbaft dcr Roth- und Weissgerbergesellen su Colmar, 1470. Aufhebnng der Zflnfte zn Ruffaoh , SOter Angust 1806). — Momb. Ueber das Kriegswesen (Schluss). — MoNB. Weisthûmer des 13(on bis 16ten Jahrhunderts (Schluss). — MoNB. Frucht- und Hcucrtrag vom 16ten bis 18ten Jahrhundert. — Mone. Jahrgeschichten der Stiftskirche zu Wolf, von Adam Rees, von 1478 bis 1524. — Mohb. Stadtrechte von Markdorf, 1414. — Dambacbeb. Urkunden zur Gcschichte der Grafen von Freibnrg, 14te8 Jahrhundert (Forts.). — Badbr. Urkundenlese zur Geschichte schwftbischcr Klôster, 6, Engelthal (Forts.). — Dambacher. Urkundenarcliiv des Klosters Bobenhausen, 14tcfi Jahrhundert (Forts.). — Moke. Geschichtliche Notizen. Sanct» moniales. Rothe ThQrme.
1. Beaucoup d'abonnés de la Revut d'Aisace, tout en rendant justice aux connaissances profondes de H. Flaxlaud , pensent que ses Études sur l'élevage, etc., seraient mieux appréciées dans un bulletin de comice agricole.
HiiMiKO 10 HDCCCLIV Sbptsmbrk- Octobre
LE
GAZETTE
LITTÉRAIRE , HISTORIQUE , ARTISTIQUE
ANCIENNES INDUSTRIES D'ALSACE ET DE LORRAINE.'
Manufactures de porcelaine et de faïence.
vm.
Churaetèret et marques des poteries alsaciennes. — Manufacture de Hœehst-snr-le-Meln. — Influence dos fabriques d'Alsace sur les antres manufactures françaises.
Dans les chapitres qui précèdent j^ai retracé Thistoire des denx principales manufactures d'Alsace , m'efforçant fortout de mettre en évidence la part considérable que les divers représentants de la famille Hannong ont prise aux progrès do Tart céramique en France , et particulièrement à la vulgarisation des secrets de la fabrication
1. Yoy. le Bibliographe alsacien, 2' année, p. flT, et 3* année , p. 1 » 19, 89, 18S et ISA.
allemande. Nous avons vu trois générations d'habiles manafacturicrs , poursuivre avec une courageuse persévérance les perfectionnements de leur industrie, lutter énergiquement contre la mauvaise fortune qui a toujours •Btcavé lenrs entreprise!, et bo 8uoc<iBiWr que sovlb le poids accumulé des événements les plus désastreux.
Cette étude serait incomplète , si , pour rendre pleine et entière justice à la mémoire des potiers alsaciens , je n'ajoutais ici quelques détails sur les produits de leur fabrication et ne signalais les œuvres les plus propres à faire connaître le degré de perfection qu'ils ont atteint par d'incessants et laborieux efforts. H n'est point sans intérêt, en effet, d'étudier les résultats de tant de labeurs accumulés pendant deux tiers de siècle , et , à une époque où les collectionneurs recherchent si avidement les poteries de toutes provenances , de marquer la place honorable qui revient de droit aux faïences alsaciennes parmi les productions céramiques du siècle dernier.
Pour atteindre ce résultat , il me suffira d'indiquer les principaux caractères des produits de chaque époque et de signaler quelques pièces d'origine sûre , que je m'appliquerai à décrire aussi fidèlement que possible. Quant aux marques, j'en relaterai le plus possible, sans cependant donner à cette partie de mon travail une importance exagérée , et me garderai bien surtout de prendre ces indications , souvent mal interprétées , comme base principale de mes appréciations. Les qualités céramiques et les caractères artistiques du décor sont non-seulement, à mon avis , les éléments les plus certains qui puissent
aerfir au classement des poteries , mais seuls ils justifient l'intérêt que les amateurs accordent aujourd'hui aux prodwstiona de Tart céramique ancien. U ne faut donc pas perdre de vue que la condition essentielle et primitive de tdute œuvre d'art c'est la beauté , et qu'un signe ou un monogramme , quel qu'il soit , ne mérite de fixer Tattentian qu'autant qu'il se trouve sur un objet recommandable par ses formes ou sa décoration.
Depuis le moment de leur fondation par Charles Hannmig, jusqu'à la fin du XYIU* siècle, les usines de Strasbourg et de Haguenau ont traversé diverses phases de fabrication , qu'il convient d'étudier séparément. Je diviserai donc cet espace de soixante-dix années en quatre périodes distinctes :
La première comprend les travaux de Charles Hannong et de Wackenfeld; 1710 à 1739.
La deuxième se rapporte à l'exploitation de Paul Hannong , en Alsace , jusqu'à son départ pour Franckenthal ; 1739 à 1754.
La troisième est relative à l'établissement de Franckenthal; 1754 à 1760.
La quatrième , enfin , concerne la gestion des usines d'Alsace, par Joseph Hannong; 1760 à 1780.
Je mentionnerai ensuite les travaux exécutés à Paris par Pierre-Antoine Hannong, et indiquerai brièvement, ' Ban£ à y revenir plus tard , l'influence exercée par les usines d'Alsace sur beaucoup d'autres établissements de la Lorraine et du reste de la France. Mais , avant tout , je veux dire quelques mots de l'usine de Hœchst, près
Mayence , que j*ai signalée comme ayant eu des relations suivies avec les manufactures alsaciennes.
Cet établissement , qui paraît avoir été fondé au commencement du XVlll* siècle, produisait, déjà à cette époque, des faïences très-renommées en Allemagne. H appartenait alors à un sieur Gelz , de Francfort , qui , vers 1720 , voulut essayer la fabrication de la porcelaine et s'associa, à cet effet, avec un de ses ouvriers, du nom de Bengraf et le potier Lœwenfinck, que nous avons retrouvé , quelques années après , à Strasbourg. Les premières tentatives ne furent pas heureuses , et Gelz ne parvint à atteindre le but qu'il poursuivait que lorsque Ringler , échappé de la manufacture de Meissen , lui eut apporté le plan des fours de cet établissement.
Toutefois Ringler ne livra pas ses secrets , et comme il les portait toujours sur lui , Bengraf et un autre ouvrier de Hœchst profitèrent d'un moment où il était ivre, pour les lui enlever. Indigné de cette spoliation , Ringler passa en France et , comme nous l'avons vu , vint s'associer avec Paul Hannong.
Ces deux faits me paraissent suffisants pour établir réchange de relations qui existait entre les usines de Hœchst et de Strasbourg, relations motivées d'ailleurs uar le voisinage des deux établissements et la nécessité dans laquelle se trouvaient les potiers alsaciens de recourir aux ouvriers allemands pour le genre de fabrication qu'ils avaient adopté. H suffit d'ailleurs de comparer les faïences de ces derniers à celles de la fabrique électorale , pour se convaincre de la similitude des procédés
mis en œuvre de part et d'aatre et du concours des mêmes mftinB à la décoration des pièces.
Les produits de Hœchst doivent, en effet, leur grande réputation à la beauté de Témail et à la vivacité des couleurs employées dans leur ornementation , et Ton sait que ce sont là aussi les caractères les plus saillants des poteries alsaciennes. Paul et Joseph Hannong ont atteint à cet égard un degré de perfection qui n*a été sul^assé . par aucune fabrique française. De même que Gelz , ils s'efforcèrent de donner à leur émail de fond une blancheur éelatante, une grande finesse, unie à une dureté suffisante, et ne recherchèrent l'effet décoratif que dans la forme capricieuse et la coloration puissante des fleurs qui ornent leurs vaisselles. Us créèrent ainsi un genre de poterie qui , pour le décoc, procède des porcelaines de Saxe , mais conserve cependant un caractère tout particulier, dû à la hardiesse de Tezécution et à la grandeur de l'effet, toujours plus facile à obtenir sur la faïence que sur la porcelaine.
Je crois inutile d'insister davantage sur les qualités des porcelaines et des faïences de Hœchst. Tout le monde connait les vaisselles de luxe marquées de la roue à six rayons , tirée des armoiries de l'archevêque de Mayence , et ces charmantes figurines de Melchior , célèbre sculpteur et modeleur , qui fut attaché à cette manufacture , en 1762, par le dernier électeur, et ces vases d'ornement , ces consoles aux formes capricieusement contournées et enrichies de guirkmdes 'de fleurs en relief; mais il est d'autres productions moins connues , sur lesquelles je veux m'arrêter un instant.
Ce sont de grandes pièces de faïence figurant des oiseaux , notamment des pies , des geais , des perroquets , etc. ; ou bien encore des vases , compotiers et légumiers ayant la forme d^animaux , de fruits ou de légumes , tels que faisans , dindons , canards , perdrix , bécasses , artichauts , choux , asperges , têtes de sanglier , etc. , modelés et émaillés au naturel. Ces objets , qui sont d*une remarquable beauté d'exécution et sont recouverts d*un émail magnifique , ont été jusqu'ici attribués aux fabriques de Delft, d'où sont sorties, en efiet, des pièces analogues , mais infiniment moins parfaites sous bien des rapports.
Cependant les caractères céramiques des faïences dont je parle , sont très-différents de ceux des poteries hollandaises , et il convient de faire remarquer , en outre , que ces oiseaux et ces fruits sont habituellement placés sur des plateaux ronds. ou ovales, dont le décor, formé de bouquets polychromes d'oeillets et de roses, appartient évidemment à la fabrication rhénane. Aussi, en examinant avec attention la magnifique collection de ces , faïences qui existe au château de la Favorite ,
i y près de Bade , n'ai-je pas été étonné de retrouver sur quelques pièces la roue qui caractérise les produits de Hœchst. Cette marque était, en outre, accompagnée des différents monogrammes ci-contre , qui se rencontrent fréquemment sur ^ les poteries alsaciennes. La lettre Z , qui a ^ iS • été longtemps considérée comme la marque de la fabrique de Zurich, n'est donc, en réalité, qu'une
aigiiatare, et j*ai lieu de croire qa*elle appartient à un peintre appelé Zesehîn- ^^
ger, car j'ai trouvé ce (£7 < ^^ C ^ < ^^9 ^^ nom en toutes lettres,
tonjoors avec la roue de Hœchst, sur un oiseau semblable à ceux du musée de la Favorite.
A titre de renseignement , je rapporte encore ici une quatrième marque, dans laquelle se retrouve la même lettre initiale ; je Tai relevée sur une soupière j^ en £Bïenee, de forme ovale, contournée, dé- «^ oorée en bleu dans le style rouennais; le bouton était figuré par un artichaut en relief, émaiUé de vert, avec rehauts de traits noirs. Cette pièce était certainement de fabrication alsacienne. La lettre B était placée à Tintérieur du couvercle et le Z sous le vase.
Revenons maintenant à la fabrique de Strasbourg , et examinons successivement les produits de chacune des quatre périodes dont il a été question ci-dessus.
I^Pébiode. — W<MÎkenftld et Gharleê Hannong;
Tout au début je me trouve arrêté par une difficulté , qui était d'ailleurs facile à prévoir. Vainement j'ai cherché pendant plusieurs années , en Alsace , des spécimens des porcelaines de Wackenfeld et de Ch. Hannong. Seules, les marques ci-contre m'avaient paru pouvoir appartenir à leur fabrique, car
elles figurent Fécu barré de la ville de Strasbourg et se rencontrent fréquemment d^ailleurs sur des pièces de service et des figurines généralement blanches, d*une pâte assez fine et d* origine certainement rhénane. Il n'est pas sans intérêt non plus de noter que cet écusson, probablement à cause de la lettre A qui l'accompagne quelquefois, a été jusqu'ici attribué à cette ville d'Anspach d'où Wackenfeld était originaire.
Tous ces rapprochements rendaient mon hypothèse fort admissible ; malheureusement des observations plus récentes sur de nouveaux échantillons m'ont fait reconnidtre , particulièrement dans les figurines en question , un style indiquant le milieu du XYUI" siècle, de telle sorte qu'en définitive je me suis demandé s'il ne convenait pas plutôt de rapporter ces objets à la fabrication de Paul Hannong , alors qu'il remonta l'usine de Strasbourg , vers 1760.
J'ai été plus heureux en ce qui concerne les faïences de Charles Hannong , et s'il ne m'a pas été permis d'en
étudier la fabrication sur un grand nom- /^ Lmf bre de pièces, j'en ai, du moins, ren- * «^ contré un spécimen bien complet et d'une authenticité non suspecte , car il porte une signature et est encore conservé , comme souvenir de fai^iUe , chez les descendants du potier strasbourgeois. C'est un grand plat à décor bleu de chinoiseries, évidemment inspiré par les poteries hollandaises, mais n'ayant pas, à beaucoup près , le même éclat. La faïence est aussi plus
épaisse , et rémail , d'un blanc verdâtre , est légèrement eraqnelé.
Ce seal exemple est sans doute bien insuffisant pour peimettre de caractériser les produits alsaciens de cette époque , mais il ne faut pas oublier que Hannong était d'origine hollandaise , et il me paraît intéressant de sa- Toir qu'il se préoccupa d*abord de l'imitation des poteries de son pays. H ne s'en tint pas là, d'ailleurs, ei parmi les pièces que je crois pouvoir attribuer à sa fabrication , j'en trouve quelques-unes qui dénotent l'influence d'autres manufactures , comme le prouvent les exemples suivants. .
Marque en noir ; plats et assiettes ; faïence d'un bel émail blanc, bord chantourné à filet brun, décor polychrome genre chinois à fleurs et oiseaux. 4— -ï Dessin chatironné; couleurs dures; rouge violacé sans transparence ; jaune ; deux bleus , l'un gris , l'autre verdfttre.
Marque en bleu; soupière à décor bleu assez lu terne, façon de Rouen ; émail craquelé.
M. Greslou donne (p. 149) une marque formée des lettres C et H , relevée sur des faïences du genre dit Rouen à la corne, qui me paraît également concerner Charles Hannong. / g
Enfin, je citerai certaines pièces portant la ^^ marque ci -contre, qui constituent des imita- ^^\^ dons faibles des formes et du décor polychrome de Mous tiers.
2« Période. — Patd Hannony; 1739 à 1754.
A cette période correspond la grande prospérité des faïenceries alsaciennes ; aussi les exemples ne font-ils pas défaut. Paul Hannong avait amené sa fabrication à un tel degré de perfection , qu'il put entreprendre avec succès les pièces les plus compliquées et de Texécution la plus difficile. Je citerai , entre autres chefe-d*œuvre de ce genre , les deux pendules i^partenant à MM. Hiigelin et Heitz , de Strasbourg. La première a 0*,6ô de hauteur ; elle est du style rocaille le plus mouvementé , les arêtes
rehaussées de violet et or, et décorée sur les parties
planes de bouquets polychromes exécutés avec une grande perfection. L'autre , moins élevée , est également d'une forme plus simple et ornée de fleurs en relief; sur les côtés deux bustes de femmes terminés en gaîne , et au sommet la figure du Temps ; les couleurs dominantes sont le vert, le jaune, le rouge, le bleu, et un ton jaspé ^
Dans le même genre , on rencontre encore des consoles , des appliques porte-bougies , des cartels et des brûle-parfums d'une grande richesse et dans lesquels se trouvent des pièces de rapport admirablement réussies, telles que guirlandes de fleurs, oiseaux , guigres et autres animaux chimériques. J'ai reproduit ici l'un des plus curieux échantillons de cette époque. C'est une saucière en
1. Cette pièce a figuré dans une vente à l'hôtel Dronot, en février 1865. Elle a atteint le prix de 1,600 fr.
( 263 ) forme de nacelle , qui fait partie du musée de Serrée. Le corps du vase est d'un ton brun imitant le bois , et les
putiea omâes sont émuUëes en bien rose, jaune et noir. An revers , cette pièce porte la marque CÏ-conbre tracée en blea.
Deni autres apécimens non moins intéres- Mtntfl des b^vanz de Paul Hanaong ont été enTOfés par M. Achille Jubiual à l'exposition de l' Vntott eeiUrcdt dit» beanx-arU, en 1865. Ce sont deux plaquée de bïence de O'',^! sur 0°',28, peintes en camaïeu rose et représentant des scènes de Savoyard*, d'après lierre. L'exécution en est aussi parfaite que possible, mais je considère toutefois ces pièces comme des produite eiceptioanela dce manufactures dont je m'occupe et no les mentionne que pour montrer avec quel succès Hannong •bordait les plus grandes difficultés de son art.
Les tableaux do M. Jubinal ne sont point d'ailleurs les
seules pièces de ce genre que j*afe rencontrées : j'ai eu occasion de voir , en Alsace , deux autres plaques , non plus en faïence , mais cette fois en porcelaine et signées du même monogramme P. H. Les sujets peints i en émail polychrome mal cuit, représentaient des intérieurs de ménage alsacien et étaient placés dans un encadrement rocaille qui faisait corps avec la pièce.
Parmi les objets de fabrication courante, on trouve encore des pièces d*uiie très-belle exécution ; j*en citerai deux ou troiB exemples choisis entre mille.
Marque en bleu ; assiette ronde ; bord encadré d'un
^^ I double rang de rinceaux bleus en relief, avec
jJl filet d*or à l'extérieur; au milieu, bouquet de
^^\f chrysanthèmes et d'oeillets, peint au naturel et
mis à l'effet au moyen de hachures noires. (Collection
Massé, à Strasbourg.)
Même marque ; bouquetiers et vases , style rocaille , découpés à jour dans quelques parties , ornés de fleurs en relief et de bouquets peints sur fond blanc. ^ "^ ^ (Même collection.)
Marque en rouge ; pièces de service , à décor de bouquets polychromes dont les contours sont arrêtés par un trait brun. (Musée de Schlestadt.)
^' D ne faut pas oublier, enfin, que Paul Hannong a, le premier, en France, employé l'or dans la décoration des poteries , et je dois mentionner ici sa vaisselle blanche à bordure dorée. On la distinguera de celles de
Saint-Clëment et Toumaj à la qualité de Témail, qui est d*une blancheur moins parfaite et souvent parsemé de granules grisâtres. A. T.
(Sera couimë.)
l'encrier D'EULOGE SCHNEIDER.
M. Champfleury , dont tout le monde connaît l'esprit et le talent, vient de publier, dans la Bévue des provinces* (créée à Paris pour faire de la décentralisation littéraire), et que nous recommandons à tous les bibliophiles alsaciens, une étude d'archéologie révolutionnaire trèscurieuse.
Cette étude, dont nos lecteurs nous sauront gré de leur faire connaître un chapitre , a trait à Tencrier d'Euloge Schneider, conservé à la bibliothèque de Strasbourg.
M. Champfleury , qui juge des sentiments révolutionjudres d'une province par sa céramique, nous promet de démontrer dans un second article comment il se fait que les faïenciers d'Alsace aient laissé si peu de trace de leur patriotisme dans l'émail. C. M.
11 existe dans une armoire de la bibliothèque de Strasbourg un monument curieux relatif à la Révolution.
1. 15 octobre 1805, vol. IX, l** liv. Rédacteur en chef: M. Édouaud FoimaïKB. Un an , 30 fr.; 6 moi», 16 fr. ; 3 mol», 8 fr. Paris, impasse dês Filles-Dieu, 5.
Il ne s'agit que d'un encrier; mais rien que su taille, le soin avec lequel ont e'te' traite's les décors, et surtout l'ancierf possesseur pour qui il a e'té fabriqué, donnent à cet objet une importance qu'essayera de faire connaître le descripteur.
Sur un large plateau de faïence se détachent deux encriers, deux sabliers, quatre longs tuyaux ayant la forme de faisceaux de licteurs, sur les couvercles des encriers une statuette de la République, un coq; ces objets divers, rehaussés d'un6 bordure tricolore, à laquelle se joignent quelques notes de vert destinées à rendre les couronnes civiques de chêne, mêlées aux trophées d'armes et de tambours , do piques et de bonnets phrygiens se détachant en relief.
Autour de ces emblèmes sont entrelacées les inscriptions:
Droits de r homme;
Notre union fait notre force;
Libertés égnhté ou la mort;
Tout pour la liberté.
L'aspect général du monument, sorti des fabriques de terre de Lorraine , est plutôt singulier que beau.
Le style grêle des dernières années du règne de Louis XVI est inscrit dans la voie que la Révolution n'aura pas le temps de creuser. Ces aspirations malheureuses vers le grec no réussissent qu'à appauvrir le monument, quoique son auteur ait fait évidemment de vifs efforts pour donner une idée de son mérite.
En style de fabrique, l'encrier est un chef-d'œuvre y le $ummum. des efforts d'un ouvrier joint au côté matériel que pouvait alors donner la meilleure fabrique du pays.
Cet encrier est celui dont se servait Euloge Schneider pendant ses fonctions d'accusateur public.
De l'encrier est sortie plus d'une sentence de mort; la plume qui, hâtive , signait les ordres d'arrestation, se reposa quelquefois dans ces faisceaux do licteurs. C'est une pièce historique, et il est regrettable que l'administration strasbourgeoise ne la mette pas en évidence.
Je vais cependant montrer (et cela sans imagination) l'importance de cette céramique, et quel parti on peut en tirer pour éclairer la chute d'un homme dont le rôle , sous la Révolution , prête encore aujourd'hui à de nombreux commentaires.
En regardant les excellentsdessinsd'unmonumeutqueM. Alfred Kampmaun a bien voulu reproduire sous toutes ses faces à mon Intention, je pense à la mise en scène que l'accusateîir public devait apporter dans l'exercice de ses fonctions. '
L'encrier c'est l'emblème du pouvoir. Un seul mot fait tomber une tête; une signature peut rendre la liberté à un prisonnier. Un mot c'est un ordre; d'un mot on met en marche des armées, on remue des populations, on décrète, on absout, on condamne.
Le peuple vit dans l'encrier le blason de l'accusateur public; et Schneider, qui, en sa qualité de poète, lisait dans les secrets sentiments du peuple, entreprit de frapper les esprits naïfs par une sorte d^apparat dont cette terre ëmaillée est la preuve.
Saint-Jûst accusa le commissaire civil des armées d'un fa$te insolent
L'encrier donne presque raison au < faste insolent • signalé au tribunal révolutionnaire par Saint-Just.
Le peuple, qui aime la force, la puissance, s'enthousiasmait pour ces personnages consulaires, dont la plupart sortaient de son sein. Schneider commanda donc h un potier de lui pétrir un objet témoignant de ses pouvoirs extraordinaires, qui appel&t l'attention sur la plume, de la plume à la main, de la main à l'homme.
tOn sait par tradition, m'écrit M. Charles Mehl, directeur du Bibliographe ahacien, que cet encrier était posé sur le bureau du comité de saint public , et comme Schneider a exerce les fonctions d'accusateur public, on l'a désigné encrier de Schneider.
« On ignore môme depuis quand il se trouve à la bibliothèque; les anciens inventaires n'en font pa:s mention. *
Une autre céramique de la môme manufacture prouve que l'encrier fut fabriqué pour Schneider. C'est un bu.ste de l'accusateur public que me signale M. Â. Tainturier qui , depuis plus d'un an déjà, ébauche, dans le Bibliographe alsacien, l'histoire des manufactures de porcelaine et de faïence du pay:>. Les personnages marquants du mouvement révolutionnaire parisien étaient représentés sous mille formes. Schneider voulut avoir sou buste, et le même potier qui avait sculpté les figurines du fameux encrier, s'ingénia à rendre le.s traits de l'accu-satcur public. Je n'ai pas vu ce buste, mais M. Tainturier, très-expert en ce qui touche l'art de
terre, n'hésite pasàaltribiier la mônie origine aux deux céramiques.
Cobusfe, cet encrier colossal ont-ils été modelés spontanément par un ouvrier 'enthousiaste des écrits de Taccusateur public?
Un potier, soupçonné de modérantisme, a-t-ihnis ses biens et sa vie À couvert on flattant la vanité du journaliste, dont le pouvoir était considérable ?
Le courant patriotique qu'on constate dans les fabriques de fsâence du Nivernais, dé la Normandie et de l'Artois, avait-il gagné l'Alsace?
Telles sont les questions qui , pendant ce travail, se pressaient à chaque ligne. -
Sans doute, les écrits do Schneider eurent des partisans; on l'a vu par le procès. Il se peut que le propriétaire d'une fabrique de faïences frtt inquiété; mais Strasbourg ne répondit pas par des faïences nationales à l'entraînement patriotique des ateliers du centre de la France (je le démontrerai par un prochain article), et c'est exceptionnellement que furent fabriquées en Alsace des céramiques révolutionnaires.
La vanité connue d'iiommes appelés à jouer un rôle politique a poussé Schneider à laisser son image (et en cela il eut raison , car son portrait est rare, et le cabinet des estampes n'eu possède pas d'exemplaires). Schneider se sentait appelé à figurer dans la Révolution : il avait une grande idée de sa mission. Un ouvrier habile était seul capable de rendre ses traits ou de témoigner, par un symbole, de l'emploi qu'il exerçait au tribunal révolutionnaire.
Ainsi sortit du four avec le buste un encrier qui, peut-être, paraîtra à quelques-uns une preuve médiocre dans une affaire si grave.
Je n'ai préleudu faire autre chose que de l'archéologie, regrettant qu'à l'heure qu'il est nous ne connaissions pas plus d'objets usuels relatifs à l'époque révolutionnaire. La vie intime des hommes d'alors fut si courte et leur rôle politique si rapide, qu'ils n'ont pas trouvé de biographes allant au fond de leur existence.
Qu'à défaut do biographes, les objets fabriqués à l'usage des acteurs de la Révolution parlent pour eux. C'est ce que j'ai voulu montrer en étudiant l'encrier d'Euloge Schneider.
Champpjukuby.
REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
Table méthodique des Mémoires de Trévoux (1701-1776), par le père P. (•. Sommervogel. 2° partie, bibliographie (Paria, Durand, 1866); 2 vol. in- 18, 8 fr. IV-923 p.
Nous avons déjà fait connaître dans une de nos précédentes livraisons toute Timportance de cet ouvrage et tous les services qu^il est appelé à rendre aux hommes d*étude. Nous ne reviendrons pas sur l'utilité de semblables répertoires , elle est incontestable. Cette seconde partie contient le catalogue méthodique de tous les écrits dont les Mémoires de Trcvotix, ce journal presque centenaire, ont fait Tanalyse.
M. Sommervogel , dans les 9,497 ouvrages qu'il a relevés , ne s'est pas seulement borné à les classer par matières, ce qui constitue déjà 30 divisions pour les belleslettres, 72 pour l'histoire, 46 pour la théologie, 16 pour la jurisprudence, et 74 pour les arts et les sciences, mais il a indiqué les auteurs de la plupart des articles et a relevé bien des erreurs, bien des omissions commises par Barbier et M. Quérard.
Ajoutons qu'une table alphabétique des noms d'auteurs (environ 6,000) termine ce vaste répertoire. Bien des recueils littéraires négligés aujourd'hui seraient consultés avec fruit si l'on tentait de faire pour eux ce que M. Sommervogel a si bien fait pour les Mémoires de Trévoux. Mais pour entreprendre de nos jours un semblable
travail, il faut, lorsque Ton n'a pas trente ans, ou toute Tabnëgation d'un père de la Compagnie de Jésus, ou toute Tardeur scientifique d'un bénédictin. M. Sommervogel a depuis longtemps déjà acquis la première de ces qualités ; il vient de conquérir la seconde.
En relevant les ouvrages des auteurs alsaciens qui ont été l'objet d'analyses dans les Mémoires de Trévoux , nous n'avons remarqué qu'une erreur. M. Sommervogel attribue à Pfefitil, le poëte, deux ouvrages historiques ci-dessous indiqués , qui émanent de son frère ChrétienfVédérîc, diplomate et jurisconsulte. C. M.
1. Chimie. J. R. Spiclmaun. lustltutiones chcmiœ. Strasbourçt 176C,
in-8*. (Décembre 1767 . p. 527.) i. Jdem. Instituts do chimie, trad. par Cadet. Tar m, 1770. (Janvier 1770,
3. Médecine. F^reytag. Dissertatio medica cataracta, etc. Strcubonrg^ 1721 ; iu-4v (Juillet 1722, p. 1277.) (Qnérard dit 1711.)
4. Idetn. J. A. Lorens. Morbi deterloris note Gallornm castra trand Rhenum sita ab anno 1757 ad 1762 infesta. ,Schleêtadt , 1765. (Janvier 1766, p. 345.)
h. Astronomie. B. Stœber. M. Manilii antronomicon , etc. Strasbourg, 1767. (Juin 1768, p. 533.) (Quôrard dit Straber.)
6. Rhétorique. Oraison funèbre de Louis XIV à Strasbourg, pendant le service solennel célébré dans l'église de Saint-Louis , des Pères do la Compagnie de Jésus, le IG novembre 1715, par le P. Ign. de Laubrussel. Strasbourg, 1715, in-4*. (Noverobro 1716, p. 2016.) (Omis par Quérard.)
7. Idem» Dans l'église cathédrale de Strasbourg, le 18 novembre 1715, par le P. Louis Laguille. Strasbourg y 1715; in-4*. (Novembre 1716,
8. Histoire do France, J. D. Schœpfllni vindicite Celticss. Stra^ourg, 1754; in-4'. (Avril H.'id, p. 1010.)
9. Idem. Panegyricns Ludovieo XV pacatori Rurop^e anno 1737. Strasbourg, 1737. (Août 1744, p. 1525.)
io. Histoire de France. Histoire fl'AlRace, parle P. B. J. Laguille. Straibourg f 1721 i 2 vol. in-fol. (Avril 1727, p. 0.10. Juin, p. 10.37.) (Août, p. 137.3. Novembre, p. 1071.)
11. fdem. Al8at!aillnRtrataaiict..8cbœpflin. ColiD.ir, 1751. (Soptrinhrc . p. 1U77. Janvier 1753, p. 52. Jnin, p. 120!),)
12. Idem. Dissertatio. Uist. de Bnrgnodia cin et traiiKJuraiin a D. Schœpflin. {Stratbourg, 1731.) (Juillet 1732, p. 1103.)
18. Hlutofro d'Espagne. Excerpta hist. et Juridioa de natnra nueeemlonis in monareliiam Hiipanis roense deeembri 1700, «tr. Stroêbourg, 1701. (Par Obrecht.) (Mars 1701, p. 90. Mai, p. 194.)
14. Histoire de Pologne. Etat de la Pologne, avec nn abrégé de Kon droit public, par Pfeffel et Hérissant. Parié, 1770. (Octobre 1770. p. 5.)
15. Histoire d'Allemagne. Abrégé chronologique de Thistoiro dn droit public d'Allemagne, par (M. P. Pfeffel). ParUt 1754. 2«' éd. Mannheim^ 1758. Nouvelle édition. PariJi , 1765. (Avril 1775, p. 95.3. Juillet, p. 1725.)
16. Antiquités. J. Casp. Eiitenschmidt. De pondoribus et mensnris vpterum Romanornm Qrœcorum et HcbraBomm , etc. Stratbonrgy 1708. (Septembre 1708, p. 1618.)
17. Biblio^aphie. J. D. Schœpflini VindiciiB typog. Stmthourrf^ 17G0. (Juin 1760, p. 138G.) Lettre sur l'origine do l'impriuicrio, servant de réponse aux obscrvationii publiées par M. Fourtiiei-, Io Jeune. Nur l'ouvrage de M. Schœpflin (par Brt). Strasbourg, 1701. (Octobre 1762, p. 329.)
18. Poétique. Fables nouvelles (par Pfi'flTcl), tr.id. libre )>ar Lichtwohr. 8tra»bourgj 1763. (Février 1"G3, p. 530.)
19. Supplément. .^Illanl .x op In Ht.*? varia; hislorinp librl XV. Kdilio nova cnra J. H. Lederlin. Strnnbourgy 1713. (Octobre 171 1 , p. nco.)
Étude fittr hi fn'gyiifirati'on def> twmn de lieux m France, par A. Honzy;. Paris, V. Hënaut, 18G4; in-8«, lV-140 p.
Le petit li\TO dont le titre pr(k*èdc a été , an moment de son apparition, d.iiis le Blhlioffraphe même (tome II,
p. 249 et 299), l'objet d'une critique de détail qui n'était que trop juste. Oui , La Baroche est incontestablement La Paroisne et non La BasUigue, Nous qui sommes sur les lieux, nous ne pouvons nous y méprendre. Mais il serait très-regrettable qu'une erreur si légère fît juger défavorablement un ouvrage bien fait, plein de recherches, d'une érudition très-saine, rigoureux dans ses déductions, original dans sa forme un peu familière, et qui me semble établir, pour l'étude des noms de lieux , des principes, des règles et une méthode dont nous pouvons faire notre profit.
Tout le monde est curieux de l'origine des dénominations locales. En tout temps le peuple même leur a cherché des étjmologies, et il y a telle ville en Alsace dont la légende n'est pas autre chose qu'une interprétation populaire de son nom. C'est précisément parce que tant de gens s'en mêlent que cette étude est tombée en discrédit, et que les vrais savants s'en sont longtemps abstenus. Y a-t-il en efiet une matière plus obscure ? Il est reconnu que nos plus anciens noms ont été imposés aux localités par les Celtes , et il y a grande apparence que ceux mêmes qui se présentent sous une forme latine ou allemande ont gardé des traces de leur radical primitif. Or comment déterminer la raison d'être d'un nom provenant d'un peuple depuis longtemps disparu , qui n'a laissé (le sa langue que des monuments douteux, des textes altérés, des patois plus ou moins impurs, et dont il faudrait avant tout retrouver l'idion^e par un procédé analogue à celui qui fait reconstituer aujourd'hui la langue
primitive de» Aryas, par la comparaison des différents idiomes qui en sont dérivés ?
C'est là la grande difl5culté des études celtiques ; ce n'est pas la seule. Comment distinguer l'origine d'un nom quand il est entré dans sa formation une racine commune au celte, au latin, a l'allemand, ainsi qu'il arrive nécessairement pour des langues de la morne famille? Quand avec cela les peuples qui les ont parlées ont successivement occupé le même pays, la question peut à bon droit paraître insoluble. Et cependant tant de difficultés ne rebutent plus les bons esprits : grâce à M. Houzé, on comprend que leurs efforts peuvent être jusqu'à un certain point couronnés de succès.
Lorsqu'il s'agit de noms de lieux à l'usage de toute vne famille de peuples, comme les peuples de langue romane, la première condition est de ne pas restreindre le champ d'exploration à une province particulière. Ce n'est qu'en multipliant le plus possible les points de comparaison qu'on peut arriver à des résultats avouables. M. Houzé l'a compris ainsi. Il a commencé par faire avec beaucoup de soin le dépouillement des noms de lieux qui 86 rencontrent le plus habituellement dans les pays de race latine, il a recherché la forme qu'ils ont successivement revêtue en remontant jusqu'aux plus anciens documents où ils sont consignés, et il est ainsi parvenu à les réunir par groupes, où il est facile de reconnaître ce qui appartient au radical, et ce qui n'est qu'une flexion . un préfixe ou un sufiixe, qui varie selon les zones, suivant les peuples qui ont tour à tour fait usage de ces noms.
11 est iiiiifiti parvenu à déterminer rori^iiic celtique ou latine d'un grand nombre de dénominations inspirées soit par la situation des lieux ^ soit par la culture dominante, soit par la nature des établissements qu'on y créait^ soit ])ar les personnages qui eu prenaient possession. 11 a en même temps déterminé la valeur des finales qui modifient le sens des noms , il a montré quels sont leurs équivalents eu passant du celtique an latin, aux langues romanes et même en partie à Tallemand.
. Il est aisé de comprendre de quelle utilité est pour rbistoire locale la connaissance des noms de lieux, et M. Houzé Ta fait voir lui-même dans sa lettre sur Metz et ses environs. Armé de sa méthode et des données qu^cUe lui fournit, il indique avec toute Tautorité d'un maître quels sont dans le pays Messin les noms de lieux d'origine celtique, les noms imposés par la conquête romaine ou par les Barbares en leur qualité d'auxiliaires (les légion» et do vassaux de l'Empire romain , ceux dont la forme révèle une influence romane ou gallo-franquc.
Des exemples feraient mieux comprendre et la méthode de M. Houzé et. ses résultats ; maïs il y a un danger que je dois éviter : c'est qu'un petit nombre de faits ne suffiraient pas pour établir la preuv(* de ce qui précède. D'un autre côté , si je m'étends trop , je dépasse le cadre dans lequel je dois me maintenir. Mieux vaut donc essayer de faire pour les noms de lieux d'Alsace, ce que M. Houzé a si bien fait pour ceux du pays Messin, et d'indiquer à grands traits à «luelle période de notre histoire répond telle fnmillo de noms. Quand l'étude des noms de lieux
ne s'étend pas à Tenscmble et ne multiplie pas autant que possible les points de comparaison , à moins de circonstances locales qui eu expliquent le sens , elle ne peut guère s*élever au-dessus de l'hypothèse qu'à la condition d'av.oir recours aux faits historiques. Examinons donc de quelle manière se classent les vocables de notre géographie dans leurs rapports avec les peuples qui ont successivement foulé le sol de l'Alsace.
En fait de noms antiques de lieux habités, il y en a trèe-peu qui remontent jusqu'aux Celtes et qui nous soient parvenus sans autre altération qu'une flexion grecque ou latine. ArgentorcUum , Strasbourg, Argentovaria y Horhourgj ^^0^, Elvetum , EU, Broeomagus, Brumath (l'endroit du marécage), ^sovientum (la ville des prés), EbersmOnster , voilà à peu près tout ce que nous trouvons de celtique dans notre géographie ancienne. Mais peutêtre faut -il faire remonter jusqu'aux Celtes les noms, profondément altérés du reste , terminés en it^gen. Cette finale répond à la désinence d'aovm (Peterlingen = Faiemtacum), qui est la forme gallo-romaine de Vek celtique (gwmiek, le vignoble, gwemek, l'aunaie. d'où Vigny et Vemy). Dans la partie romane de la province la finale mgen se rend par ans, comme Pfefiingen = Phaffans , tandis que dans la Lorraine acum devient ange après avoir été inge9i : PcUemia^mm = Pétrauge , dont la forme française est Périgny.
De même le latin ne se renconti'c sans mélange que dans un très-petit nombre de nos noms. On cite Tabemœf Saveme, Stabula, Bantzenheini , Columbarium, Colmar,
ou , comme ont parle longtemps les populations romanes de TAlsace, de la Lorraine et de la Suisse, la ville de Colombier,
Par contre la terminaison wifler^ vnhr (villa, villarc), génëralement déterminée par un nom de personne à radical germanique, prouve que pour coloniser T Alsace, TËmpire romain a fait de larges emprunts aux populations allemandes. Il faut sans donte faire remonter à la même période quelques noms en dorff et en hoven, qui répondent aux expressions latines de curia et de ctêrtis, et même de villa, comme Hugshoven = Hugonis ctêria = Honcourt , Lnffendorf = Levoncourt , Didenhoven = Thionville, Goersdorf = Gerlagesvilare , Rimsdorf = Rimovillare, Dans la partie romane de la province , vriller peut avoir pour équivalent magny (mansionile) : Bemhardswiller = Bellemagnj. Tout cela démontre combien était rapproché le sens primitif de villa, de curti^t et de ma/nsionile.
Puis viennent les noms en keim qui appartiennent à la période germanique , mais qui ne se produisent qu'au fur et à mesure que nos campagnes se repeuplent après la longue période des invasions. C'est peut-être après les dénominations de la géographie physique , cette fcunille de noms qui présente le plus de radicaux celtiques , les Allemands s'étant souvent bornés à joindre leur substantif heim au nom primitif du canton , de la forêt, de la colline , du ruisseau où ils fixaient leurs demeures , comme Avenheim (de abh, ave, eve, eau), dans le canton de Truchtersheim , où se rencontre encore aiyourd'hui une source
remarquable. Mais cela ne veut pas dire que le premier radical des noms en heini ne puisse pas être allemand : Bergheim , la demeure de la montagne , Ingmarsh'eim , la demeure d*Ingmar.
Cette esquisse, dont presque tous les traits sont empruntés à M. Houzé , indique les grands faits qu'on peut tirer de Tétude de nos noms de lieux. Il ne faut pas songer à en appliquer les principes avec une rigueur absolue : dans une province où les races celtique , gallo-romaine , allemande se sont touchées ou se touchent encore de si près, des noms peuvent emprunter leur désinence tantôt à Fun , tantôt à Tautrc peuple , substituer à une flexion gallo-romaine une finale latine : Theodherctacum = TheothertovUlare = Diettwiller ; ou à une finale latine un vocable allemand : BruningaviUare = Pringheim , Stozzcfvtlare = Stotzheim ; et par Teffet de circonstances particulières, certains noms, quoique d'origine allemande, peuvent prendre une terminaison latine , comme Bischwîller = Bîschofswiller , et non Bischhcim = Bischofsheim.
En gros les exceptions confirment la règle, et si en Alsace cette règle se montre assez précise pour permettre de déterminer, à défaut d'autres documents, l'époque approximative où remonte une localité donnée, à quel peuple , à quelles formes politiques , à quel système d'administration elle doit son origine . c'est un résultat assez considérable pour que nous soyons roconnaissant^ h
M. Houzé de nous avoir ouvert et fravé la voie.
( 278 ) VARIÉTÉS
Société littéraire de Strasbourg.
Du mui» de novombre 1864 au mois de niai 1865, lu Socit^té lillé* rnire a donné leis preuves les plus évidentes de son désir d'accli- Hiater détiuitivcment à Stra:$bourg la < lecture publique.* L'attention empressée du publie n'a certes pas fait défaut à ceux qui se sont aventures à réagir contre les traditions d'insouciance littéraire et scicntiflque qui, depuis un certain nombre d'années, avaient pris droit de cité au milieu de nous et nous ne pouvons, pour notre part, cjuc notis féliciter trôs-vivcmont de ces tentatives, de jeter en aliment à la curiwité autre chose que la littérature des petits journaux. Mais il nous faut bien avouer aussi que l'épreuve no nous parait pas décisive, que l'émulation jetée dans le public ne nous semble pas bien ardente, que les auditeurs rentrent plus dans la catégorie des écouteurs bienveillants que dans celle des élèves attentifs ou des critiques autorisés. Nous ne fiiisons certes pas cette observation pour diminuer lu valeur d'une institution qui nous semble très-heureuse, mais uniquement pour rechercher les raisons de cette espèce de mollesse avec laquelle beaucoup accueillent ces lectures et de l'absence complète d'enthousiasme dans les auditoires. Cette maladie d'insouciaucc doit évidemment tenir à des causes sérieuses qui facilitent son développement, et dès lors il est de notre devoir de découvrir le spécifique le meilleur à lui opposer.
Est-il admissible logiquement que lorsque des professeurs distingués, des hommes de lettres émérites, des amateurs de talent se présentent devant le public avec des leçons soigneusement méditées sur des sujets intéressants, il ne se produise aucun mouvement d'opinion qui encourage ces efforts?
Est-il admissible que l'auditoire du premier jour reste, presque sans variation, le môme pendant quatre mois et ne s'agrège aucun élément nouveau attire par l'utilité d'une entreprise littéraire?
Est-il admissible enfin que dans une ville qui a occupé pendant si longtemps une place brillante parmi les plus savantes, une ville
])i)urvii(' (1*1111 recteur cl MtMtinii faciillùs, on uo trouve d'ardeui audituiro «[ue parmi les femmes, el (|ue tout ce (fui esl jeune et voud pur ëlat au travail de la pensée se tienne éloigne de cua lectures ?
Quelque pénible ({u'en soit Taveu, n'hésitons pas ù le dire: Malgré le dévouement des professeurs, malgré la masse flottante déjeunes inlelligcnce.s que renferme notre université, les lectures puhliipies n'ont produit aucun résultat sensible sur les goûts de la population. Uuelle est donc la vraie cause du mal?
Avant de formuler nos conclusions, il est de notre devoir de donner acte à M. Spacli de la déférence flatteuse qu'il a montrée pournoj conseils eu étudiant plusieurs des chefs-d'œuvre do la littérature allemande, suivant les observations que nous nous étions permis de lui soumettre dans le n* 10 du Biblio^aphe de ltM4, cl nous remplissons d'autant plus volontiers ce devoir ijue le succès do ces leçons nous autorise ù penser que si nous avions bien apprécié l'iutérôt de ces études, nous n'apprécions non moins bien l'utilité des réformes ouxqnelles il nous semble urgeni que la Société littéraire pourvoie si elle tient à cœur de donner une existence déflnitive ù dos « lectures publiques. >
Si l'on examine sans parti pris l'état de l'opinion en matière littéraire, il nous sembhi douteux ({u'on y piii^isc trouver autre chose qu'une indilTérence caractérisée pour les admirations traditionnelles, et une grande curiosité pour ce mouvement immense qui nous ]>ou8se, dans la presse et dans les livres, depuis unt; trentaine d'années. Ce point admis, il nous semble dangereux de placer les iecturett publiques en dehors des conditions nécessaires iK>ur les rendre utiles par la popularité qu'elles pourraient acquérir et de vouloir remonter en quelque sorte le courant de l*opioion au lieu de l'accompagner. Or, il nous semble évident que les cours que nous avons entendus, sans pouvoir prêter à aucune critique* isolée, car chacune de ces lectures rentre fort légitimement dans^uu programme littéraire, ne flattent en rien les préoccupations du public. Ce qu'il demande à entendre à tout prix, c'est une solution raisonnée et savante des problèmes journaliers ((uo son activité rencontre sur ses pas; ce qu'il demande. c*est un guide autorise qui se jette, lui aussi, dans le mouvemeiil d'analyse critique qui nous emiiorle et lui fasse toucher du doigt les causes «'t les efl'ets des fluctuations au milieu desquelles nous
vivons. Si la Sociéle litleraire veut se tenir ferme sur lo terrain purement littéraire qu'elle exploite presque exclusivement , qu'elle se préoccupe plus des auteurs voisins de 1789 ot de 1830 (jue de ceux qui ont brillé du temps de Périclès, d'Auguste ou do Louis XIV. Rien de mieux que les érudits de loisirs se retrempent aux sources classiques du beau et du vrai , mais nous ne croyons pas nous tromper en afDrmant que le public qui consent à donner une heure par semaine à un cours littéraire, n'emporte aucun savoir précis de ces séances et ne retient aucun enseignement de ces revues rétrospectives sur l'histoire de l'esprit humain. Lorsque, rentré chez lui , un dé ces auditeurs trouve sous sa main Gh&teaubriand, Balzac, Alfred do Musset, Victor Hugo, Alfred de Vigny, Lamartine, ou bien encore le roman de la veille qu'il voit signé George Sand ou Mérimée, il le lira avec plaisir, mais souvent, sans autre guide que des notions littéraires fort incomplètes. A notre avis, le meilleur et le plus utile de la tÀcbe des membres savants de la Société littéraire, serait de s'emparer un peu de la direction critique des œuvres contemporaines en l'éclairant des lumières que lesjgpiodèles anciens leur fournissent d'une manière si sûre.
Mais ce que nous préférerions encore, ce serait une préoccupation littéraire moins excluaive. Si notre souvenir est exact, le programme que M. le Recteur traçait en ouvrant ces cours , n'a pas été sui\d comme nous l'espérions. Qu'est devenue, par exemple, la leçon sur la philosophie contemporaine que nous attendions avec une légitime impatience? Nous n'avons rien entendu qui se rapport&t soit au spiritualisme, soit au pantliéisme, soit au naturalisme, soit au positivisme, et cependant c'est bien au milieu «les irritantes controverses de tous les ^sternes que nous nous agitons aujourd'hui. On les porte dans la chaire sans les expliquer, dans les livres sans les commenter: ne serait-ce pas aux hommes qui ont vécu et assisté à la naissance de quelques-unes de ces théories, à les éclairer des lumières defleur expérience et de leur loyauté ? Le terrain serait-il trop brûlant, nous en indiquerons facilement d'autres.
Sans aller plus loin que 1830, l'histoire française ou européenne ne serait-elle pas une source abondante d'éfudes du plus vif intérêt? Lo Directoire, les Cent Jours, l'éducation parlementaire du 'pays , de 181.5 à 1830, donneraient facilement matière à des leçons
du plus sérieux et du plus piquaut atlrait ; pourquoi? parce que nous procédons de tout cela et que nous avons la maladie des études pratiques. C'est cette domination un peu tyrannique que l'utilitarisme exerce sur nous et qu'on voudrait vainement détruire par la pure contemplation des choses littéraires qui nous fait regretter qu'aucune place n'ait été donnée aux études économiques. Cette science -là, dans tes données .élémentaires, est accessible à tout le monde et n'a pas la mine revôeho dont on la pare trop souvent. Ne pensez-vous pas que lorsque l'attention universelle est forcement attirée par les traités de commerce, les grandes entreprises de crédit, les associations de toutes sortes, que lorsqu'un mouvement générai emporte vers la prati que de ces questions les classes ouvrières elles-mêmes, il ne soit pas opportun de s'emparer de tous ces faits qui nous entourent et de les expliquer en public par les théories si intéressantes de la production et de la consommation? Faites-en l'expérience, vous verrez do quelle curieuse animation seront pris les auditoires.
Nous faisons-uous illusion et la Société littéraire, arrêtée par son titre mùme, ne pourrait-elle pas s'engager dans une entreprise de cette nature? Mais la liltéraluro est bien élastique et nul ne se plaindrait que la Société élargit sa sphère d'activité.
Toutes ces observations, nous les faisons avec une double conviction : la première, qu'elles portent en elles le germe d'une féconde utilité des lectures publiques; lasecondf, c'est que la Société littéraire renferme dans son sein des aptitudes très-nombreuses pour traiter avec ampleur et talent toutes les questions que nous avons indiquées.
Puissent les lectures de cet hiver donner raison à nos conseils
et À nos espérances !
Uk MoRéRi CONSACRÉ PAR VoLTAiRK. — II y a quelque8 jouf» , un des professeurs le» plus dlstingnés du lycée de Colmar, M. Th. Leelairo, faisait une recherche dans sou Moréri (édition de Bâte, 1732. en 6 volumes , avec 3 volumes de supplément do 1743-1745), provenant d(t la bilitiothèqnc de M* Bruges , avocat nu conseil rouvcruin d Alsace et père <Iu conseiller du mi^me nom. Il trouva dans le tome II
( ÛS2 )
<lu RU|ipl(^niont nn billot ainsi conçu, qui Rombln do In inaiii do C«d lini :
• M. do Voltaîro snpplio M. Brnjço» do vouloir bien lui onvoïor !«• < tome 5 du Dirtionairo do Morcri do l'édition de Ti/lle, et le Kuplé- • ment. *
, Le Bibliographe s'empresse do faire ses compliments à M. Lcclairo. Il possède nn exemplaire de Moréri qui pourra bion Otro couché dt>f. maintenant sur le carnet don degiderata de plus d'un amateur pour avoir RcrvI à Voltaire, «ans compter que la note «lui raccompagne permet de placer M* Bruges, avec M* Dupont, parmi ces savants JuriscouDultos do Tanclen barreau do Colmar chez lesquels l'illustre écrivain trouva tant de secours pour la composition de ses Annales de V empire.
W Vi
Une trouvaille intéressante a été faite récemment à la hibliothéqno de Bàle. C'est une poésie du poGte strasbourgeois Sébastien Braud , l'auteur du Narremehiff, relative à l'aréolithe t<Jnibé à Kusis^heim lo 17 décembre 1492.
Un portrait de Kepplor, grandeur nature, se trouve à la bibliothèque de Strasbourg. Dans une ancienne biographie de Kepplor parnc à Leipzig en 171H sous le patronage de l'empereur Charles Vf, ce portrait est relaté comme lo meilleur de tous ceux qui ont eufaits.
II appartenait au professeur Berneggor, un intime ami do Kopplor, qui le donna eu IG^l à la bibliothèque, encore du vivant do Kepplor. De ce portrait ou fit, en 1G20 ot plus tard, un certain nombre do copies, qui n'ont aucune valeur spéciale. On vient aujourd'hui de le reproduire par la photographie.
{LiterartMche» Convernatimi^hloit .)
■ BiBMOTiièQUK DK STRASBOURG. — M. Augusto Saum , inspecteur vérificateur de la librairie étrangère et sons-chef de division h la préfecture du Ban-Rhiu, vient d'être nommé, par arrêté do M. le maire do Stras^bourg, bibliothécaire do la ville, on remplacement do
M.Alfred Schweighsenser, archIviAto paléographe, dém irai on n aire Nom n'avons pas à apprécier les motifs qni ont poussé M. Schweigbisnseràse démettre aussi subitement de fonctions que ses goûts, i^atant que ses titres universitaires, ses profondes connaissances bibliographiques et sa vaste érudition devaient lui faire chérir; nous ne pouvons que regretter sincèrement cette fAcheuso détermination.
Son luocefseur mettra, nous n'en doutons pas, dans l'exercice de ■•• nouvelles fonctions , tout son zèle et tonte son activité, et nous osons espérer qu'il continuera l'impulsion donnée par M. Schweigh«nser pour compléter à la bibliothèque tout ce qui touche à la littérature française et aux beaux-arts, deux parties trop négligées par •es prédécesseurs.
Qu'il se garde surtout d'oublier que la bibliothèque de Strasbourg appartient A l'étude, qu'elle n'a été fondée que dans ce but, que les savants, les érudits, les écrivains, en un mot, tous les travailleurs, doivent seuls composer son public et que Jamais elle ne doit tomber «a niveau d'un cabinet de lecture on devenir un chanffoir c pour les « oisifs qui savent lire , cette tourbe do lecteurs qu'on nomme , hélas ! • le public I , comme l'a dit, avec tant de raison, M. Paul Lacroix, le savant conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal. C. M.
BULLETIN MENSUEL D'ALSATICA.
170. Les Doctrines positivistes eu France. Etude sur les œuvres philosophiques de MM. Littré , Renan, Tainc et About, par M. l'abbé A. Gnthlin. Paria f 1865. Typog. Le Roux, à Strasbourg. Or. in-8», XVM78 p.
Cet ouvrage a été pulilié en maji'urn partie dans lu Revue raîhoUqv* de VAlsact. M. Lillré est l'organÎMitear définitif des doctrines positivistes institaées par H. Comte. M. Renan en est le Troubadour, M. Taino, ie Kénippr. 171 Les éditions et les traductions de la collection hippocratique,par le D' Kissen. Strasbourg, t;fp. de 0. Silbernuinn, 18C5, ln-8*, 23 p. Extrait de la Gatetlt médicale de Sîra$bourg. 172. Un regard sur l'Alsace (poésie), par Charles Dubois. Strasbourg, typ. Christophe, 1865, in-8«,C p.
Extrait du Maniirttr du Baf-nhin.
173. Le Minnetinger Hartmann von Aue, par Louis Spach. Stragbourg, typ. de V* B erg er- Levraut t, 18d5; In-8", 65 p.
174. Le Vaincu de Zama à Oarthage et sur la terre d'exil, par Ed. Go* guel. Strasbourg , typ. de V' Berger-Levrault t 1865; in-8*, 55 p.
175. Les Vies maltienreuiie<*. La Paysanne (Jeanne), par M. Fée. Typ. de V* Berger- LevrauH , 1865 ; in-8o, 61 p.
1^1 II-* i73 ft 175 «ont extraiu du BullHin Uitiratre, loms II , 2* lirniisoii.
176. Excursion de la Société phiiomatique TOgéso-rhénane, Ies3 ,4. 5 et 6 février 1865, parleD'Kirschleger. Streubourg.typ. Chri/ttophe^ 1865; in-18. 23 p.
Exlrsitdu Monileurdu Bat-Rhin.
177. Esquisse d'un projet de loi sur l'instruction primaire, fondé sur le principe de la liberté, précédée d'un avant>propos et d'un exposé des motifs. Parié, 1865; typ. Silbermann ; in-8*, 16 p.
178. Badische Qeschichte bis znm Ende des Mittelalters , von Karl Friederich Vierort. Tûbingen, 1865; in-8^ XII-509 p. — 9 fr.
179. Niederbronn et ses environs, par le D' Knhn, fils. Strasbourg, typog. de F* Berger-Levrault^ mai 1865; in-18, 145 p. ; 1 planche et 1 carte.
180. Exposé des travaux de la Chambre de commerce de Strasbourg.
Années 1863, 1864, 1865. Strasbourg , typog. de V Berger-Levrault ;
gr. in-8*, 46 p.
loduttrie cotaDoière. — Enquêtes rsIsUves sdx courtiers de marchindises. an laiix de l'intérêt de l'argent, à la circalaliou monétaire ei fiduciaire. — Traité entre la France et la Prusse. — Questions de navigation. — Clieoiins de fer. — Service postal. — Houilles étrangères. — Assiette do l'impôt «ur les établissements industriels. — Chambre cousnltative de Bischwillcr. — AlcooDi hollandais, gare d'Austerlitz. — Hôtel de commerce. — Rapports périodiques.
181. Die verlorenen Schriften des Aristotelea, von Emil HeitK, Professer am protestantischen Qymnasinm in Strassbnrg. Leipzig ^ 1865; in-8*, 318 p. — 8 fr. Strasbourg ^ lib. C. P. Schmidt.
188. Znr Llteratur Johann Fisoharts. Kleine BeitrAge von D^ \ilmar, 8te Auflage. Francfort^ 1865; gr. in-8% 55 p. — 2 fk-. Strasbourg, Uh, de V* Berger-Levrault.
I. Zur Lileratar des Bieneokorheii. — II. Die Reimsldcke im Réveille- Mstin oder Wacht frOh suF. — lli. Anmshniing lur cbristiichcn Kindenucht. — IV. Erinalinung «n die Biindpfibsllcr. — Y. Vorbericbt znm Ismenius. — VI. Kleinc Notizen zur Fiscliartliteratiir. — Vif. Zur Orthographie Fiscliartf.
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GAZETTE