‹ Le Bibliographe alsacien (volume 3)Chapitre 37 sur 138 · M. HUGOT · texte numérisé non relu

M. HUGOT

M. Hugot, bibliothécaire- archiviste de la ville de Col mar, est né à Strasbourg, le 26 août 1805. En 1829, il eutra à TÉcole des chartes; il en sortit, en 1831, avec le diplôme d^archivistc-paléographe. Jusqu'en 1837, il occupa une place d'archiviste aux archives de la couronne, époque à laquelle il fut nommé à Colmar. En 1889, il fonda dans cette ville une société littéraire qui dura jusqu'en 1855. En 1847, il créa le Musée Schcengauer, qui n'est pas l'un des moins intéressants de la province. — Sous son administration, la bibliothèque s'enrichit de plus de 6,000 ouvrages; près de 10,000 médailles, jetons, classés avec un soin infini sont venus enrichir les collections existantes ; 600 manuscrits ont été catalogués avec une grande sûreté d'érudition dont témoi-

gnent les notes étendues qui accompagnent les principaux d'entre eux ; enfin les collections ethnographiques d'antiquités gallo-romaines et celtiques, etc., ont été créées.

Nous avons nous-même déjà annoncé que M. Hugot laissait en manuscrit un remarquable travail : la Préfecture de Ilaguenau et la Décapole d* Alsace. M. Brièle nous fait connaître que ce travail n'est pas le seul , qu'il y a en outre une collection considérable de notes bibliographiques, un glossaire de l'idiome de la haute et basse Alsace pendant les XIIP et XIV* siècles , des recherches sur l'iconographie des saints , etc. , etc.

M. Hugot sentit les premières atteintes de son mal en 1862; l'année suivante, il dut abandonner ses travaux pour aller demander à un frère tendrement aimé les soins que réclamait son état. Le 7 juin 1864, une méningite aiguë l'enleva à son frère et à ses nombreux amis.

Le cadre de notre petite gazette ne nous ayant pas permis de reproduire m extenso l'article biographique de M. Brièle, inséré dans la Bibliothèque de VÉcole des chartes (année 1865, 4* livraison), l'auteur nous pardonnera d'en avoir extrait ces quelques notes.

L'homme le mieux doué, lorsqu'il a la conscience de sa valeur, n'^habite pas une petite ville de province pendant vingt-six ans sans faire naître certains petits griefs. Il eût fallu à M. Hugot un centre d'activité plus grand , l'émulation lui manquait. A Colmar, il était au-dessus de sa position, c'est ce qu'avouait encore tout récemment le directeur de la plus importante des publications périodiques littéraires de l'Alsace.

Cet aveu est un hommage rendu à M. Hugot, les petites rancunes se sont évanouies, et il ne reste plus que des regrets pour le savant que Colmar vient de perdre.

n serait à désirer atgourd'hui que, dans l'intérêt de notre histoire provinciale, les manuscrits de M. Hugot, qui sont entre les mains de son frère , ne fussent point perdus. Leur publication serait le plus beau monument que la ville de Colmar, si «reconnaissante de tous les services qui lui sont rendus,» pût élever à la mémoire du savant qui fit tant pour elle et qui alliait si bien à une érudition aussi vaste que profonde une nature d'artiste , c'est-à-dire l'honnêteté , la délicatesse , l'enthousiasme et l'esprit. C. M.

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