‹ Le Bibliographe alsacien (volume 4)Chapitre 86 sur 129 · VIII. Preces Flandrias afflîctaB · texte numérisé non relu

VIII. Preces Flandrias afflîctaB

IX. Threni AlsatîsB , LotharingiaB , PalatinatuB , caeterarumque terrarum cîs et trans Khennm.

X. Votum et omen Gkrmanici pectoris ; ab infima penna Campestri, oui Campestres martis tubae silentium imponunt, Augostissimo imperatori Leopoldo I hamillimè consecratum.

On ne comprendra bien le genre de cet onvrage vraiment extraordinaire, que par la citation d*ane des inscriptions qui le composent. La suivante est extraite du premier chapitre :

O Dina, Dina !

Celebris olim

Oormanornm Silbertina :

nnnc

Advenamm hoipltum Auri/odina.

Electa quondara faisti A Romanis .

In publicorum Tribntornm

^rarium ;

in qnod

Maxima copia argenti inferebatur :

Nnno facta es

Tribataria Gailornm InqtMina :

Qui

Non sol&m argentnm ,

sed et arma tna

cfferunt.

Olim

Teuionieœ gloria nationis :

nnnc Braeeaiœ Indibriam gentil.

Olim

i4u«<rlac^ protcctionii fllia :

nnnc

Oallim domlnationls Sclar» et Pcdissequa.

Olim

Civiam nberrimorum

et

Cêltberrimi armamentarii Reginii :

nnnc

Omnium Oallicoram apparatnum ,

et

HottlHum armomm

officina.

Olim

Argentoratam :

nuno

Municipium formatam.

Olim

Silberthal et yallis Argtnti :

nunc

Jammerthal et vallia Abêtfnthii.

Eheu :

Tuam hoo fatnm :

Qaia

Cam alienis DU» os meretricata.

Cette dernière phrase est prise des Lamentations de Jërémie , comme Fauteur a soin de l'indiquer en marge.

On remarque, à la page 37, une longue apostrophe en prose aux citoyens de Strasbourg. Le Solitaire campagnard leur reproche , avec une chaleureuse énergie , de 8*être livrés à la France et d'avoir accepté les lois françaises en échange de leurs privilèges et immunités, qu'ils auraient dû défendre au prix de leur sang.

Dans une protestation , qui vient à la fin du recueil , Tauteur déclare que s'il a vivement attaqué la France , il

Ta fait par amour de la vérité, par zèle pour la liberté de r Allemagne, et par fidélité envers Fanguste maÎBon d'Autriche ; il s'excuse encore de s*être laissé parfois emporter à des violences et à des amertumes de paroles : n'y était-il pas autorisé d'ailleurs par l'audace des écrivains français qui avaient osé invoquer les droits du roi de France à la couronne du Saint-Empire? H s'indigne surtout contre l'impertinence d* Antoine Auberj, avocat au parlement, qui avait publié, en 1630, un livre intitulé : De la préémmence de nos roù et de leur préséance sur l'Empereur et le roi d'Espagne. C'était aller chercher un peu loin en arrière le souvenir des griefis que l'Autriche elle-même avait oubliés depuis longtemps.

Quoi qu'il en soit, les malédictions que le Solitaire adressait en style lapidaire à la ville de Strasbourg n'ont pas eu d'écho , et ses lugubres prophéties contre cette illustre cité , sont restées enfouies dans son extravagant ouvrage qui n'a pas môme sauvé son nom de l'oubli. Le pauvre homme espérait pourtant que cet ouvrage lui rapporterait quelque réputation : Spero, disait-il, saUem apud quosdam, lucrtim gloriœ. Que son style lapidaire ne pèse pas trop sur sa mémoire !

Paris, 20 octobre 1863.

P. L. Jacob,

bibliophile.

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