CHRONIQUE DE COLMAR
Nous avons reçu de M. Liblîn , le savant directenr de la Revue d'Alsace, la troisième partie de sa Chronique de Colmar, qu'on ne lira pas sans plaisir et sans profit ; elle offi'e, en effet, un vif et piquant intérêt non-seulement aux enfants de Colmar, mais encore à tous les esprits sérieux, à toutes les intelligences élevées qui aiment le souvenir du passé ; elle comprend tout le XIV* siècle , qui est « la période héroïque de Texistence politique » de cette ville. Après Tavoir vue partir des degrés les plus infimes pour édifier sa vie civile, on la trouve mêlée aux luttes de TEmpire contre l'Eglise ; on la voit entrer dans l'arène et en sortir victorieuse ; s'affi*ancliir peu à peu de la juridiction princière , tout en reconnaissant la souveraineté de l'Empire; conquérir l'autonomie ou le droit de se gouverner par elle-même; se former en communauté libre et indépendante; prendre le titre de ville impériale ; se donner son administration et sa juridiction propres; élire toutes les autorités et magistratures dont elle avait besoin et former avec les autres villes d'Alsace une ligue pour se protéger mutuellement, tenir en respect les seigneurs mal disposés contre elles et aider chaque membre de la confédération à soutenir son droit. Mise plusieurs fois au ban de l'Empire pendant la durée
1. Chronique de Colmar, par J. Libliii) directeur de la Revue d^Alêaee. 3« partie , de l'an 1801 à l'an 1400. Broch. in-8o.
de ce siècle orageux, les empereurs lui pardonnèrent et lui accordèrent la confirmation des libertés acquises.
L'auteur, fidèle au plan qu'il s'est tracé, a continué à recueillir année par année , en glanant dans les chroniques du moyen âge , dans les monuments diplomatiques publiés par les Schœpflin et les Trouillat, dans les régestes de Bœhmer , dans les œuvres des Laguille et des Grandidier les faits accumulés dans cette consciencieuse monographie; il donne au bas de chaque paragraphe les sources où il a été puiser et ne donne aucun fait qui ne soit établi par des documents; il encadre dans son récit les savantes recherches de M. Mossmann sur l'ancienne constitution de Colmar et l'histoire des Juifs de cette ville , et M. Dîeterich , chef de division à la préfecture du Haut-Rhin , lui a fourni des matériaux précieux.
La brochure de M. Liblin est ornée de deux planches lithographiées d'après les dessins de M. Gout^willer, secrétaire en chef de la mairie de Colmar.
Cette intéressante monographie , où l'on trouve la science de l'historien réunie à celle de l'archéologue, nous croyons pouvoir lui prédire un légitime succès à cause du but éminemment patriotique que son auteur s'est proposé. Grandidier, dont M. Liblin a édité les œuvres inédites , n'a-t-il pas dit quelque part : Res quœ vero pro patrïâ scriburUur œtemœ sunt,