‹ Le BicChapitre 10 sur 28 · REGULATIONS FOR MASTERS OF VESSELLS · texte numérisé non relu

REGULATIONS FOR MASTERS OF VESSELLS

“Rules and régulations to be observed by ail the Masters or Commanders of Vessells Sailing up or down the St-Lawrence to Quebee, the Branch Pilots

SOUS LA TENURE SEIGNEURIALE

and ail others Pilots who hâve passed examination and hâve Certificates from me.

“Whereas for the ease and Conveniency of the Trade, and at the request of the Principal Merchants of this place, a Branch Pilot for the River St-Lawrence has been appointed ; I hâve thought fit to direct and do hereby direct the following Rules and Régulations to be most strictly observed :

“lo. — As soon as the season permits a Certain number of Pilots shall be Constantly Stationed at Bic, where they will attend till the midle of October to take charge of ail Vessells, coming up, from which place to Quebec, ail Vessells are to pay According to the Quantity of water they drawn at the rate of Ten Shellings p. foot .

“Given under my hand and Seal at Quebec this 24th. day of June 1762.

“J. A. Murray”

“By His Excellency’s Command

“H. J. Cramahé”.

Ce fut la première législation de ce genre, dans notre pays. Elle fixait au Bic la station des pilotes, déterminait la durée de la saison de navigation, et établissait avec précision l’échelle des tarifs devant être suivis.

C’est alors que durent arriver les premiers habitants de cette paroisse. Leurs noms nous sont inconnus, sans doute parce qu’ils n’y vivaient que quelques mois dans l’année et n’y firent aucun éta-

LES ETAPES D’UNE PAROISSE

blissement. Nous verrons quelques-uns d’entre eux quitter, plus tard, l’île du Bic, leur station pendant la saison de l’été, et venir se construire des maisonnettes, sur la Pointe du Vieux-Bic, tant pour y loger leurs familles que pour y passer eux-mêmes la saison de l’hiver.

En 1780, sous le gouvernement de Haldimand, la station du Bic avait déjà pris une importance extraordinaire, comme on pourra s’en convaincre, en lisant l’intéressant document reproduit plus bas.

Le gouverneur Haldimand tenta, ni plus ni moins, de réaliser les magnifiques projets du baron d’Avaugour et du maréchal de Vauban, et de faire du Bic un port royal pour la marine militaire et marchande. Et c’est au Sieur Algéo, alors résidant au Bic, à titre de locataire de la seigneurie des Dames Aubert de la Chesnaye, qu’il confia, outre la charge de Surintendant des Pilotes du Roi à l’île du Bic, celle d’aménager le havre.

Si nos lecteurs veulent bien lire le document suivant, ils verront que le Sieur Algéo, outre la direction générale de tous les pilotes, avait reçu d’Haldimand l’ordre de construire, sur l’île, deux maisons, deux quais et une guérite, où une sentinelle épierait, jour et nuit, les mouvements de tous les navires qui entreraient dans le fleuve, pour parer aux surprises possibles de l’ennemi. Il lui était aussi ordonné de faire des jardins, qui seraient la propriété du roi, ensemencés aux frais de la Couronne, et dont les produits seraient destinés aux marins employés sur les vaisseaux du roi et aux passagers malades des transatlantiques qui viendraient ancrer dans le port. Au

reste, voici textuellement cette commission de Haldimand au Sieur Algéo.

“Quebec 1 May 1780

“You are to take under your Direction, ail the Pilots, and to proceed to the Isle of Bic with them, and there wait the arrivai of the Ships during the Season of the year 1780. And you are to keep Lists of them, agreably to the form given you from the Pay Master, acquainting the Captain of the Port of ail changes of the Pilots, keeping up a constant Correspondance with Him, for the better information of the Pay Master. And you are to take under your charge ail the Kings Boats, Provisions and other Stores that may be delivered to you. You are to render an account of the expenditure of them to such persons, as shall be ordered to examine your accounts and as the Pilots will be ordered to assist in building House for your and their Réception, as also a look out House, on the East End of the Island. You are therefore desired to loose no time in compleating, those Buildings, and should you be able to get any assistance from either King’s or Merchants ships, for this Public Good. You are to build two Pier’s at the usual Landind Place, on the South Side of the Island, and you are also to be careful that a strict look out be kept, both night and day that no vassel passes on either side of the Island, without your knowledge, and also that you are not surprised by the enemy. And as you will receive garden seed and tools ofevery kind, and every other necessary,

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with a carpenter who has a Plan given him by the Chief Engineer, for what Buildings are wanted, you are therefore strictly ordered to bring no other expence on the Crown, and to observe that ail Gardens, with their product, is the property of the King, as also the buildings which you are ordered to rebuilt, and you are to acquaint ail the Pilots and others, that whatever buildings may be by them built, that they are to consider them, as belonging to the Crown and that they are not be transfer them from one to another by sale or otherwise, You are in fine Weather to Sound round the Island, as much as possible, and to observe the true flowing of the tide, and Height, at high water, and to observe what effect, the easterly wind hâve in the harbour at the east end of the Island. As soon as you arrive at the Island, you are to send an account of the boats, and stores you receive from John White, who had them in charge last year, and you are to give every assistance to ail His Majesty’s ships, acquainting them of my Intention in furnishing this garden, that no bad use be made of it, being intended, as a refreshment to those from Sea, or to such of His Majesty’s Ships who hâve sick on board, and I am convinced that, upon your representing, to the commandment of the King' Ships, or troops the Intention of the garden, that you will receive such guard as may be requisite during their

S^a^e’ “Fred Haldimand.

By His Excellencys Command

«To Mr. Algio “R- Mathews Secy.

appointed to superintendent

the King’s Pilots on the Island of Bic”.

SOUS LA TENURE SEIGNEURIALE

Ce projet de Haldimand n’eut pas plus de réalisation que ceux, du même genre, du baron d’Avaugour et du maréchal de Vauban. On ne voit pas, en effet, qu’aucune construction ait jamais été faite sur Pile du Bic, si ce n’est une humble maison où se réfugiaient les pilotes, pendant la saison de la navigation. Nous avons cru à propos, toutefois, de signaler cette nouvelle tentative de faire du hâvre du Bic le grand port du St-Laurent. Dans un autre volume de cette monographie, nous verrons qu’il y en eut encore plusieurs autres, dans le siècle suivant.

Mais continuons l’histoire du pilotage. La législation de Sir James Murray, en date du 24 juin 1762, fut en vigueur jusqu’au 30 avril 1788, alors qu’elle fut remplacée par celle de Lord Dorchester. En 1789, on fit une nouvelle refonte, qui amena de nouvelles règles et une nouvelle échelle des tarifs. Cette année-là, le taux du pilotage fut fixé à quinze schellings par pied de tirant d’eau, de Québec au Bic. C’est la loi 37 Georges III, Chapt. IV.

En 1805, les pilotes, alors au nombre de deux cents, crurent opportun de se constituer en corporation. Le Parlement du Bas-Canada, maintenant toujours leur station au Bic, fit une nouvelle loi en leur faveur: c’est l’Acte 45, Georges III, Chapt 12. Elle fixait le taux du pilotage à seize schellings pour chaque pied de tirant d’eau, depuis le Bic au havre de Québec, et à quatorze schellings pour la route de Québec au Bic.

A plusieurs reprises encore, la loi du pilotage subit des amendements ; mais la station des pilotes demeurait toujours la même. Quel est celui de nos lecteurs

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du Bic qui, ne voit pas encore, par la pensée, la goélette blanche, toujours ancrée en deçà de File, et qu’on appelait “la goélette des pilotes” ?

On était si habitué à la voir se balancer, comme une mouette, sur les eaux de la baie, que ce fut un deuil, quand, à l’automne 1904, elle quitta, pour ne plus revenir. Au printemps de 1905, en effet, la station fut officiellement transférée à la Pointe-au-Père, à la demande de la Ligne Allan, qui, depuis quelques années déjà y prenait ses pilotes. Il peut y avoir eu quelques avantages en faveur de cette mutation, mais il en est résulté aussi de multiples inconvénients. Il arrive trop souvent, en effet, que les transatlantiques, ne pouvant envoyer leur chaloupe, sur cette pointe battue par les tempêtes, doivent aller prendre leur pilote à Rimouski ou au Bic.

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§ 13. — Pilotes et premiers habitants du Bic. — Leurs démêlés avec la marquise d’Albergatii-Vezza.

Dans notre siècle, c’est l’exploitation des ressources forestières qui déclanche le mouvement de la colonisation, dans les paroisses qui naissent tous les jours, sur quelque point de la province. Au dix-huitième siècle, l’industrie de l’exploitation du bois étant à peu près inconnue, il fallait compter sur autre chose.

Au Bic, en particulier, l’industrie forestière a joué un rôle très considérable dans le développement de la paroisse, comme nous le verrons dans un autre volume; mais c’est la législation de Sir James Murray, réglementant le pilotage, qui devait lui donner ses premiers résidants et ses premiers colons.

En effet, les premiers habitants du Bic furent, pour la plupart des pilotes. Avant de faire l’histoire de ceux d’entre eux qui, — soit parce qu’ils ont fait souche, soit parce qu’ils ont joué un rôle plus considérable, — ont laissé un souvenir plus vivace dans la mémoire des habitants, nous croyons intéresser nos lecteurs en faisant un relevé, aussi complet que possible, des résidants de la seigneurie, pendant la dernière moitié du dix-huitième siècle.

On se rappelle que Jean Gaignon, le premier colon, quitta en 1698 ou 1699, et qu’en 1700, il n’y avait certainement aucun habitant dans la seigneurie du Bic. Combien d’années ce vaste domaine resta-t-il ainsi inhabité ? Nous ne saurions le dire avec certi-

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tude, mais il semble bien que cet état dura un demisiècle. Nous n’avons trouvé, au cours de nos nombreuses recherches sur cette époque reculée de notre histoire, aucun indice qui nous permette de supposer que le fief des Aubert fût habité, de 1700 à 1750.

Mais à cette dernière date, on trouve des traces d’occupation. Ignace-François-Gabriel Aubert de la Chesnaye était alors propriétaire du domaine de son père, le Seigneur de Mille-Vaches. En relisant les pièces du dossier de la fameuse affaire des bornes de la seigneurie, dont nous parlerons plus loin, on voit qu’il loua, en 1750, toutes les pêches à saumon de son fief à Jean Pineault, de Rimouski, “à raison de cinq pour cent de tous les saumons boucannés”. Jean Pineault exploitait donc les pêches du Bic; et comme il lui fallait sûrement résider dans la seigneurie, au moins pendant la saison de la pêche, pour se livrer avec profit à cette opération, on peut affirmer avec certitude qu’il fut un résidant du territoire de notre paroisse. Ce fut très probablement le premier, après “l’homme aux douze enfants”.

A peu près à la même époque, peut-être quelques années plus tard, en tout cas avant 1770, il y avait six colons établis, entre la rivière Hâtée et celle de Rimouski : Louis Canuel, M. Banville, Charles Côté, Pierre Gagnon, Pierre Lavoie et M. Dupéré. Bien qu’ils fussent des habitants de la seigneurie de Rimouski, il est possible que quelques-uns d’entre eux, Louis Canuel en particulier, aient été des pionniers du territoire actuel de la paroisse de Ste-Cécile. Nous le verrons en effet, dans un autre volume, qua-

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rante-trois arpents de ce même territoire furent annexés au Bic, le 15 février 1851.

Mais, puisque nous n’avons pas à faire l’histoire de la seigneurie de Rimouski, revenons à celle des Aubert de la Chesnaye, et continuons à rechercher les noms des quelques habitants qui y vécurent, après Jean Pineault.

Le premier semble avoir été Antoine Gagnon, qui, le 10 mars 1767, concéda une terre de quatre arpents de front, sur une profondeur de quarante. Il y résida jusqu’à l’année 1775, à peu près, se livrant si peu à la culture, qu’après dix ans de séjour, il n’avait fait qu’un demi-arpent de défrichement. La pêche au saumon était sa principale occupation. Il la faisait non seulement sur sa devanture, tel que convenu avec le seigneur; mais dans toute la seigneurie, devenue maintenant la propriété de la marquise d’Albergatti. Ayant cessé de résider au Bic, il continuait à faire acte de propriétaire, et surtout à pêcher le saumon, sur toutes les battures du domaine de la marquise.

Cependant Antoine Gagnon n’était pas le seul habitant du Bic, à cette époque. Deux ans après lui, en 1769, ses deux frères, Jacques et Paschal, François Chabot et Jean Collins, s’étaient fait concéder, chacun une terre de quatre arpents : le premier, au Cap-à-1’ Orignal, les autres au Vieux-Bic. Ils étaient donc en tout cinq, qui vécurent là jusque vers 1775, pêchant le saumon, et n’ayant cure de défricher leurs terres. Des colons de mauvaise foi,

quoi !

La marquise d’Albergatti résolut de les faire déguerpir. Le 3 mai 1785, par l’entremise de Charles

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Thomas, elle adressait à la Cour des Plaidoyers Communs la requête suivante :

“District de Québec

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