‹ Le BicChapitre 20 sur 28 · DE 1818 A · texte numérisé non relu

DE 1818 A

5 décembre 1818

7 janvier

27 mars

25 juin

27 août

11 décembre

4 janvier

17 juin

Antoine Michaud, fils Denys Lucas

Alexandre Mignot dit Labrie Pierre Dubé François Boulé Ulfranc St-Laurent Joseph Jouvin

Célestin Thiboutôt, fils de Pierre Michel Labourlière dit Laplante Pierre Simon Joseph Simon Joseph Lévesque Claude Letourneau Jean Letourneau Alexandre Michaud Raphaël Ouellet Joseph Arseneau Jean-Baptiste Blanchette Benjamin Bélanger Jean-Marie Dessain Bernardin Morin

Donc, au mois de janvier 1822, il n’avait été concédé, dans toute la seigneurie du Bic, que vingtquatre terres, en y comprenant les deux du Cap-à- TOrignal et celle de la Pointe. Il ne faudrait pas croire cependant que chacune de ces ventes représentait une famille résidante. Comme il arrive dans toutes les colonies nouvelles, plusieurs de ces concessionnaires ne vinrent jamais habiter leurs terres. D’autres durent quitter, au bout de quelques mois. Nous verrons, en effet, que le recensement de 1825 ne rapporte pas la moitié des noms de cette liste.

Terminons cet article, par quelques notes biographiques sur la personnalité assez considérable du notaire Joseph Ouellet, dont les minutes, conservées au Bureau du Protonotaire, à la Rivière-du-Loup, nous ont fourni les renseignements ci-dessus. Le notaire Joseph Ouellet a joué un rôle si important dans l’histoire de la région Témiscouata-Rimouski, et son nom reviendra si souvent dans celle de la paroisse du Bic, en particulier, qu’on aimera à faire plus ample connaissance avec ce premier tabellion de notre vaste district.

Né en 1783, il épousa Monique Bélanger, aux Trois-Pistoles. Sa commission de notaire, signée de Sir Georges Prévost, est datée du 7 février 1816. Il pratiqua sa profession, aux Trois-Pistoles et dans toute la région. En 1817, le gouvernement du Canada le nomma Commissaire de Chemins, pour le comté de Cornwallis.

Avant d’aller plus loin, disons tout de suite ce qu’était ce comté de Cornwallis, dont il sera si sou-

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vent question, dans les dernières pages de ce volume et dans une partie du suivant.

C’était “toute cette partie de la province, sur la côte sud du St-Laurent, entre les comté de Gaspé et une ligne courant sud-est de l’angle occidental d’une étendue de terre communément appelée la seigneurie de M. Laughlin Smith ou Ste-Anne, ensemble avec les îles de St-Barnabé et du Bic et toutes les autres îles dans la rivière les plus voisines du dit comté et lui faisant face en tout ou en partie”. En d’autres termes, le comté de Cornwallis s’étendait de Ste-Anne des Monts inclusivement, à Ste-Anne de la Pocatière exclusivement. C’est sous ce nom que ce territoire fut connu, jusqu’au 17 août 1829. A cette date, Cornwallis ayant été aboli, on forma les comtés de Rimouski et de Témiscouata.

Joseph Ouellet, tout en se livrant à la pratique de sa profession, était donc Commissaire de Chemins pour le comté de Cornwallis. Le 20 août 1827, on voit aux Archives du Canada, qu’il demanda au gouvernement une commission de Juge de Paix, pour la paroisse des Trois-Pistoles. Sa requête fut exaucée, et il fut nommé à cette fonction le 30 septembre de la même année. Il pratiqua comme notaire, de 1816 à 1865, et fut mêlé à toutes les questions de colonisation, de voirie ou d’organisation religieuse,, dans toute la région du bas du fleuve. Enfin il décéda, aux Trois-Pistoles et y fut inhumé, le 19 juillet 1870.

‘xnoi

SOUS LA TENURE SEIGNEURIALE

29. — Le seigneur Archibald Campbell. — Son oeuvre dans la seigneurie du Bic. — Construction du moulin seigneurial. — Les belles qualités de cet homme. — Sa mort. — Un article du “Canadien”.

Le successeur de Azariah Pritchard, à titre de propriétaire du fief du Bic, fut le notaire William- Archibald Campbell. De tous les seigneurs de ce domaine, il est, sans contredit, celui qui y a joué le rôle le plus important. C’est lui, en effet, qui présida aux procédures de l’érection canonique et civile de la paroisse et de la construction des premiers édifices religieux.

William- Archibald Campbell était Notaire Royal et pratiquait sa profession à Québec, où il avait un des bureaux les plus achalandés de la cité. Le 18 octobre 1822, il signa, avec Azariah Pritchard, devant le notaire Jacques Voyer, l’acte d’échange qui lui conféra le titre de seigneur du Bic. Ce fut pour le plus grand avantage de ce domaine qui, jusque là, avait végété lamentablement. Sous la sage administration de cet homme de bien, il allait maintenant entrer dans une nouvelle phase de son existence.

Le premier soin du nouveau seigneur fut de pourvoir à la construction d’un moulin seigneurial, dont les colons sentaient déjà l’impérieux besoin, à raison du manque de communications avec Rimouski, où se trouvait le moulin le plus rapproché. Le 3 mai 1824, il passa, avec ses censitaires, devant le notaire Jo-

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seph Ouellet, le marché suivant, que nous nous reprocherions de ne pas reproduire textuellement :

“Archibald Campbell, seigneur et propriétaire de la seigneurie du Bic, demeurant à Québec

et

“Paul Côté, J.-Bte. Blanchette, père, Joseph Brisbois, Jacob Arseneau, Joseph Jouvin, Antoine Michaud, Alexandre Mignot dit Labrie, Joseph Ducas, Alexandre Malenfant, Pierre Dubé, Louis Vaillancourt, Benjamin Bélanger, Jean-Marie Dessain dit St-Pierre, fils et Jean Letourneau, cultivateurs, censitaires de la seigneurie du Bic et y demeurant.

“Les dites parties conviennent de ce qui suit :

“Archibald Campbell s’oblige de faire bâtir un moulin à farine, dans la rivière de la dite seigneurie du Bic, le plus tôt qu’il sera possible et

“les dits censitaires s’obligent de donner, pour le profit du dit A. Campbell, quand le dit moulin à farine se bâtira, chacun vingt-six journées de travail, et ce quand le ou les entrepreneurs travaillera ou travailleront à la bâtisse du dit moulin, et quand ils en seront par lui ou eux requis de le faire.

“En considération de quoi le dit A. Campbell fournira des provisions de bouche à chaque dit censitaire durant les vingt-six jours de travail, et leur laissera couper et enlever tous les foins de grève qui se trouveront sur les terres non concédées de même que sur celles abandonnées, ainsi que sur Pile du Bic, pendant l’espace de trois années, et à partager entre eux par égales parts, avec cette condition expresse entre

SOUS LA TENURE SEIGNEURIALE

les parties que si quelques censitaires de la dite seigneurie, qui ne sont pas présents à cet acte, voulaient donner vingt-six journées de travail au dit moulin, ils auront les droits sur les dits foins de grève.

“Les censitaires sus-nommés s’obligent chacun en la somme de cinq Louis courant, et le dit Sr. Campbell, en celle de cent Ls. courant, obligation qui sera payée par la partie contrevenante à la partie acquiescente, faute de l’accomplissement du présent acte.

“Fait et passé en la seigneurie du Bic, demeure du dit Paul Côté qui a signé ainsi que le Sr. Campbell avec le notaire.

“Les autres ont déclaré ne savoir signer.

“W. A. Campbell “Paul Côté “Joseph Ouellet.”

Les travaux commencèrent la même année et furent poussés avec tant d’activité, qu’à l’automne de 1825, le moulin commença à moudre. C’était une amélioration importante, qui devait contribuer beaucoup au développement du domaine. Aussi se représente-t-on une seigneurie, sans moulin banal C’était la première pièce du mécanisme, une pièce indispensable, sans laquelle la Tenure Seigneuriale n’était plus qu’un vain mot .

Nos lecteurs du Bic savent que cette construction, vestige d’un régime aboli depuis soixante-dix ans, s’élevait au pied de la chute de la rivière du Bic, au nord du chemin de fer. Des mains du seigneur, ce

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moulin passa, après 1854, dans celles de plusieurs meuniers, jusqu’à ce qu’il devint, en 1900, la propriété de La Cie de Lumière Electrique du Bic, qui l’acquit pour le convertir en usine. Il devint la proie des flammes, en 1910, causant la mort du mécanicien, M. Pelletier.

Mais continuons l’énumération des oeuvres du seigneur Campbell. Ce fut sur ses conseils que les colons firent, en 1829, les démarches auprès de l’autorité religieuse, pour l’érection de la seigneurie en paroisse canonique. Plus tard, c’est encore lui qui détermina les habitants à se construire des édifices religieux, leur promettant le secours substantiel dont ils avaient tant besoin, dans leur état de grande pauvreté. Non content de donner gratuitement le terrain nécessaire, il voulut encore y aller de sa contribution en argent et en matériaux.

Quoique protestant, il fit beaucoup pour ses censitaires catholiques. Aussi jouissait-il de la plus haute considération, non seulement de ses vassaux, mais de l’évêque catholique de Québec et de tout le clergé du bas du St-Laurent. Les curés de Rimouski et des Trois-Pistoles, en particulier, en faisaient les éloges les plus enthousiastes à NN. SS. les évêques Panet, Signay et Turgeon.

Archibald Campbell demeura seigneur du Bic jusqu au 10 novembre 1852. A cette date il céda gratuitement son domaine à son fils, William-Darling Campbell, notaire de Québec.

Enfin, il mourut, dans son manoir seigneurial de la Pointe du Vieux-Bic, au cours de l’été 1861. Sa mort causa d’unanimes regrets, tant chez ses vassaux

SOUS LA TENURE SEIGNEURIALE

que dans toute la province de Québec. Au lendemain de son décès, le Canadien publiait l’article suivant :

“Il vient de mourir, au Bic, un homme que tout Québec a connu et estimé pour ses belles qualités personnelles et sa générosité de coeur surtout. Monsieur Archibald Campbell, notaire royal des plus employés et appréciés de cette ville, vient de clore son utile et laborieuse carrière, à l’âge de 71 ans. Monsieur Campbell avait du goût pour les beaux arts et savait les protéger. Plus d’un de nos jeunes compatriotes lui doit son avenir, et nulle nécessité ne s’est jamais fait connaître à lui sans en recevoir un soulagement. Il dévinait, pour ainsi dire, les talents prédestinés, se tenait continuellement à l’affût des occasions de leur être utile et de les lancer dans la carrière; et nous pourrions citer à ce sujet plusieurs traits qui font le plus grand honneur à sa mémoire. Nous en avons recueilli même de la bouche d’étrangers à notre pays qui publiaient hautement ses nobles qualités . ”

D’après l’abbé Casgrain, notre célèbre artiste, A. S. Falardeau, lui doit ses brillants succès dans la peinture; et c’est grâce aussi à sa munificence que Carneau a doté notre pays de son Histoire du Canada.

Ajoutons qu’il fut un ami sincère et fervent de la cause de la colonisation. Les progrès considérables opérés dans sa seigneurie, même dès les premiers jours de son administration, le prouvent assez. Ces

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progrès, nous serons à même de les constater, quand nous suivrons la marche ascendante de la population, dans la seigneurie du Bic, au cours de la première moitié du siècle dernier.

Enfin, il fut accommodant avec ses vassaux, nous disent les traditions conservées dans les familles. Ce n’est pas le seigneur Campbell qui considéra jamais ses censitaires comme “taillables et corvéables à merci et miséricorde”. Nous aurons encore bien des occasions, dans le cours de notre second volume, de faire l’éloge de cet homme remarquable, dont le nom est mêlé à toutes les oeuvres importantes accomplies dans la paroisse du Bic, pendant un quart de siècle.

En attendant, à cause de l’importance de ce document, citons textuellement l’Acte de “Foye et Hommage” qu’il fit, pour son fief du Bic, devant le comte de Dalhousie, gouverneur du Canada, le 2 mai 1823.

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§ 30. — Acte de “Foye et Hommage” de Archibald Campbell.

“Actes de Foy et Hommages. Vol. VI. Série M. 6,

pp. 216-221. (1)

“Du deux mai mil huit cent vingt trois.

“Archibald Campbell écuyer seigneur et propriétaire de la seigneurie du Bic.

“En procédant à la confection du papier terrier du Domaine du Roi en la province du Bas-Canada, est comparu au chateau St Louis en la ville de Québec et par devant nous Georges comte de Dalhousie, chevalier grand’croix du Très honorable ordre militaire du Bain, capitaine général et gouverneur en chef de la province du Bas-Canada vice amiral d’icelle &c. &c. Archibald Campbell écuyer, notaire du Roi, demeurant à Québec, seigneur et propriétaire de deux lieues de terre de front le long du fleuve St Laurent du coté sud du dit fleuve à prendre du milieu de la largeur de la rivière appelée Métis en remontant le dit fleuve et deux lieues de profondeur ensemble l’isle du Bic qui est vis-à-vis, lequel nous a dit qu’il vient par devant nous pour rendre et porter au Roi au chateau St Louis de Quebec la foy et hommage lige qu’il est tenu de porter et rendre à Sa Très Excellente Majesté George quatre a

(1) Archives Publiques du Canada Ottawa.

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cause du dit fief et seigneurie, et nous a présenté pour titres de sa propriété —

Primo, une concession donnée et accordée par feu Monsieur Louis de Buade comte de Frontenac cidevant gouverneur et lieutenant-général pour le Roi en Canada, à feu Monsieur Maître Charles Denis de Vitré conseiller au conseil supérieur de la Nouvelle- France en date du six may mil six cent soixante quinze de deux lieues de front le long du fleuve St Laurent du coté sud à prendre du milieu de la largeur de la rivière appelée Métis et qui s’appelera dorénavant la rivière (blanc) en montant le dit fleuve et deux lieues de profondeur, ensemble Fisle du Bic qui est vis-à-vis avec les droits de chasse et de pêche, même celui de chasse avec les sauvages, pour par le dit sieur de Vitré ses hoirs et ayans cause jouir des dites terres et Isle ci-dessus en pleine et entière propriété et en tous droits de fief et seigneurie et justice, à la charge de la foy et hommage que lui, ses hoirs et ayans cause seront tenus de porter au chateau St Louis de Quebec duquel il relevera aux droits et redevances accoutumés, et que les apellations du juge qui pourra être établi aux dits lieux ressortiront par devant le lieutenant-général de Quebec, comme aussi qu’il tiendra et fera tenir feu et lieu par ses tenanciers sur les concessions qu’il leur accordera qu’il conservera les bois de chêne qui se trouveront propres pour la construction des vaisseaux sur la terre qu’il se sera reservée pour faire son principal manoir, même qu’il fera la reserve des dits chênes dans l’étendue des concessions particulières faites à ses tenanciers, pareillement qu’il don-

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nera incessamment avis au Roi ou à la compagnie royale des Indes Occidentales des mines, minières ou minéraux si aucuns se trouvent dans T étendue du dit fief, et à la charge d’y laisser les chemins ou passages nécessaires, la dite concession ratifiée par Sa Majesté Très chrétienne le dix may mil six cent soixante seize.

“Secondo, un acte de foy et hommage pour la dite seigneurie rendu par Michel Amable Berthelot Dartigny écuyer comme procureur de Damoiselle Charles Aubert veuve d’Albergaty se faisant et portant part pour Gilles Ignace Joseph Aubert de la Chenaye écuyer son frère absent, tous deux seigneurs et propriétaires par indivis de la dite seigneurie entre les mains de Sir Frédéric Haldimand gouverneur en chef de la province de Québec en date du douze janvier mil sept cent quatre vingt un dans lequel acte de foy et hommage est mentionné un contrat passé devant Mtre Rageot notaire à Québec et témoins le treize novembre mil six cent quatre-vingt huit de vente par Monsieur Charles Denis de Vitré et Dame Catherine Costelneau son épouse à noble homme Charles Aubert de la Chesnaye du dit fief et seigneurie.

“Tertio, un acte du vingt-cinq septembre mil sept cent quatre-vingt huit devant Mtre A. Dumas notaire à Québec, de donation par Dame Charlotte Aubert, veuve du comte et marquis d’Albergaty Veza en faveur de Monsieur Charles Thomas écuyer avocat et Dame Charlotte d’Albergaty Veza son épouse, gendre et fille de la donatrice du susdit fief et seigneurie et à elle appartenant par voie de succession de

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Charles Aubert de la Chesnaye et autres y mentionnés.

“Quarto, un autre acte passé devant le dit Mtre A. Dumas notaire à Québec le douze octobre mil sept cent quatre-vingt onze de vente par les dits sieur et Dame Charles Thomas à Henry Cull du susdit fief et seigneuries moyennant cent cinquante livres du cours de la province.

“Quinto, un contrat d'échange entre Henry Cull et Azariah Pritchard passé devant les notaires à Québec dont Mtre Jacques Voyer l’un d’eux a gardé minute le vingt-sept juin mil huit cent un, par lequel le dit Henry Cull a cédé et transporté au dit Azariah Pritchard la dite seigneurie et Isle du Bic, au bas duquel est une quittance de John Caldwell receveur général de Sa Majesté du 24 avril 1823, du droit de quint dû sur un retour payé par le dit Pritchard.

“Sexto, un contrat passé devant les notaires à Québec dont le dit Mtre Jacques Voyer l’un d’eux a gardé minute le dix-huit octobre mil huit cent vingtdeux d’échange entre le dit Azariah Pritchard et le comparant par lequel échange le dit Pritchard a cédé et transporté au dit Archibald Campbell écuyer la propriété du susdit fief et seigneurie et Isle du Bic, moyennant d’autres propriétés et sans soulte ni retour.

“Qui sont tous les titres que le dit comparant a dit avoir à nous présenter, nous suppliant qu’il nous plaise le recevoir à la dite foy et hommage lige de la dite seigneurie dite du Bic et de l’isle du Bic, relevant en plein fief de Sa Majesté, et à l’instant s’étant mis en devoir de vassal, tête nue, sans épée ni épe-

rons et un genouil en terre, aurait dit à haute et intelligible voix qu’il rendait et portait entre nos mains la foy et hommage qu’il est tenu de rendre et porter au Roi au chateau St Louis de Québec pour raison du dit fief et seigneurie et isle du Bic, à laquelle foy et hommage nous l’avons reçu et recevons par les présentes sauf les droits du Roi en autre chose et de l’ autrui en toutes. Et le dit comparant a fait et souscrit entre nos mains le serment de bien et fidèlement servir Sa Majesté et de nous avertir et nos successeurs s’il apprend qu’il se fasse quelque chose contre son service, s’obligeant de plus de fournir son aveu et dénombrement dans le temps présent par les lois, coutumes et usages de cette province. Dont et du tout il nous a requis acte que nous lui avons accordé par le présent. Et a le dit comparant signé avec nous.

“Dalhousie Gouverneur “Archd Campbell “G. Vanfelson Atty gen.

“Par ordre de Son Excellence “Jh Planté, G.P.T.”

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§ 31. — Concessions du seigneur Archibald Campbell, de 1822 à 1825. — Retour de l’Enumération de 1825. — Le premier “moulin à scie”.

La première concession du seigneur Archibald Campbell fut faite, le 26 février 1823, par son agent, Joseph Rioux, des Trois-Pistoles, à Dame Marguerite Bouchard, épouse d’Azariah Pritchard, son prédécesseur. C’était, dit l’acte de vente “une terre de quatre arpents de front, sur le fleuve, sur trente arpents de profondeur, bornée au sud-est à Paul Côté, au nord-ouest à Jean-Baptiste Blanchette”.

Le 26 juin de la même année, un nouveau contrat intervenait, entre la même Dame Marguerite Bouchard et le même seigneur Campbell, pour la ratification de l’acte d’échange de la seigneurie du Bic, signé le 18 octobre de l’année précédente.

Puis ce furent de nombreux actes de concession aux colons. On se rappelle qu’en 1822, il y avait vingt-quatre terres concédées, dans toute l’étendue de la seigneurie. Sur ce nombre, la moitié, au plus, étaient habitées par autant de familles. On ne trouvera pas la même anomalie dans les concessions du seigneur Campbell. On constatera, en effet, que la plupart des colons de 1824 et 1825 ont fait souche au Bic et y ont laissé des descendants.

Voici, par ordre chronologique, les ventes faites par Joseph Rioux es-qualité, devant le notaire Joseph Ouellet, dans les années 1823, 1824 et 1825 :

LES ETAPES D’UNE PAROISSE

15 octobre

25 mars

8 septembre 1824

il U

10 décembre

21 janvier

3 février

25 juin

20 juillet

15 août

15 novembre

Joseph Brisebois Janvier Mignot dit Labrie Amable Tardif Hubert Goltier (Larouche) Ambroise Nadeau André Gagnon, fils Gabriel Turcotte Joseph Miville dit Déchêne P. Nadeau

Joseph Dessaint dit St-Pierre

J. Bte. Chastel

Joseph Martin

Ignace Gagnon

J. B. Gagnon

Vincent Dasmours

Claude Letourneau

Joseph Fortin

Eustache Boucher

Joseph Brisebois

Firmin St-Jorre dit Sergerie

Benjamin Bélanger

Charles Côté

Charles Hambelton.

Au cours de ces trois années, vingt-quatre nouvelles concessions. Ce chiffre, ajouté à celui des années précédentes, aurait dû former un total de quarantehuit familles, en 1825.

Mais, nous l’avons dit déjà, quelques-unes de ces ventes n’eurent pas de suite, pendant que plusieurs autres n’eurent leur effet que dans les années suivantes. Il est évident aussi que certains concessionnai-

SOUS LA TENURE SEIGNEURIALE

res ne firent pas long feu dans la seigneurie, comme cela se produit toujours, dans les colonies nouvelles.

Nous avons la preuve de ces affirmations, dans un document précieux, trouvé aux archives paroissiales de Rimouski. Il a pour titre : Retour de la population, depuis le bas de Rimouski jusqu’aux premières habitations des Trois-Pistoles, le portage compris, en le comté de Cornwallis. Au bas, se trouve le certificat suivant : “Certifié comme état d’un Retour véritable fait par moi, conformément à l’entête, pour faire l’Enumération et Retour de la Population de cette Province, la présente Copie déposée dans le dit lieu de Rimouski, entre les mains de Messire Marc Chauvin, prêtre et Curé de Rimouski.

“Daté à Rimouski 19 Septembre 1825

“P. Gauvreau, E. M.”

Ce recensement accuse une population de 1962 âmes, pour la paroisse de Rimouski, comprise alors entre Ste-Luce inclusivement et la Rivière-Hâtée. Il énumère ensuite, dans l’ordre suivant, les familles du Bic et du Portage, avec le chiffre de leur population.

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Noms des Chefs de Nombre total de Personnes Familles. demeurant dans chaque

maison.

Jacob Arseneau 4

Antoine Michaud 6

Zacharie Gendreau 1

Louis Dessein 2

Pierre Alex. Gendreau 3

Joseph Lucas 7

Abraham Chénard 4

Joseph Jouvin 2

Jean Pierre Thiboutot 8

Paul Côté 7

John Carnell 9

Jean Bte. Planchette 5

Pierre Pierre-Jean 8

Pascal Michaud 2

Jean Marie Dessein 9

Benjamin Bélanger 5

Joseph Beaulieu 2

Firmin Sinjor 6

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