‹ Le bien et la loi moraleChapitre 8 sur 19 · PREFACE. XXIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XXIII

D'un autre côté, il y a les doctrinaires de l'ignorance qui décident, dans leur dogmatisme a priori, qu'on ne saura jamais rien de certain sur quoi que ce soit; qu'en pratique il faut se conformer à l'usage, et, en théorie, aux décisions du sens commun ; sans s'apercevoir de la contradiction que renferme leur profession de foi pyrrkonnienne : puisque, si tout est incertain, il n'est pas même certain que tout soit incertain. Ce scepticisme systématique, qui n'a rien de commun avec les prudentes réserves du doute cartésien, n'est donc qu'un prétexte à la paresse pour se dispenser de rien étudier et un voile commode pour cacher l'incapacité sous la modestie.

Il faut tenir compte encore de ceux qui, affectent pour la science un respect qui consiste surtout à n'y point toucher, et pour les savants une vénération qui se manifeste par d'humbles déclarations d'incompétence, dès qu'il s'agit de lire leurs livres ou d'assister à leurs cours.

D'autres, enfin, avec le même respect pour

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