‹ Le bien et le mal qu'on à dits des enfantsChapitre 3 sur 14 · JULIEN · texte numérisé non relu

JULIEN

As-tu fait ta lecture?

CAMILLE

Oui... cVst-à-dire non !

C'est dimanche aujourd'hui.

JULIER.

Respect au droit canon.

Mais on peut embrasser son père le dimanche?

CAMILLE

Oh ! oui.

{Elle court à lui et l'embrasse sttr les deux joues.)

jCLiEX, la prenant dans ses bras.

Te voilà belle avec ta robe blanche !

CAMILLE

C'est ma bonne qui m'a coiffée, et pas maman. Parce qu'elle lisait dans un livre.

JULIEN, à part.

Vn roman.

Pour quoi faire lit-elle après qu^elle sait lire?

Ma foi, je serais bien en peine de le dire ;

Car elle a constamment ouvert devant les yeux

Le livre le plus pur et le plus gracieux

Que poète ait jamais tiré de sa cervelle...

Un enfant rose et blanc qui grandit autour d^elle !

— Tu ne me comprends pas, mais cela m'est égal. Va, cher petit roman de mon destin banal,

Ma seule rêverie et ma seule aventure!...

Ce n*est pas moi qui cherche un bonheur en peinture !

Ta présence suffit à verser largement

La gailé dans mon cœur cl raltcndrissement ;

Et la seule cliimère à laquelle je tienne,

C'est de jeter ma vie en litière à la tienne.

cher trésor ! Elle est si belle, qu'on rirait

Si j'osais avouer qu'elle est tout mon portrait !

— M'aimes-tu bien, au moins?

CAMILLE

Oui, bien ! bien !

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