‹ Le bienheureux curé d'ArsChapitre 13 sur 21 · I. H. J0I7, Psychalogi* dês Saints^ p · texte numérisé non relu

I. H. J0I7, Psychalogi* dês Saints^ p

On n'aurait pas une idée complète de Timmense action exercée par le Bienheureux Vianney, si on ne savait pas qu'elle s'est étendue à un très grand nombre de personnes qui n'ont jamais fait le pèlerinage d'Ars. Il guérissait, consolait, conseillait, convertissait de loin celles qui, n'ayant pu venir jusque-là, lui envoyaient des mandataires ou lui écrivaient. Nous avons vu au chapitre précédent qu'il contribua à fonder la société des Dames Auxiliatrices du Purgatoire sans avoir reçu la visite de la fondatrice, mail que ce fut par l'intermédiaire d'une amie de celle-ci, puis par lettres qu'il la dirigea.

Chaque jour, au moment où il venait prendre sou repas de midi, il trouvait sur sa table un monceau de lettres. Il y en avait de toutes les provenances et il y en avait de tous les styles. Comme le temps lui manquait pour les lire toutes, il brûlait sans les achever celles qui commençaient par des compliments; il parcourait rapidement les autres.

On en a recueilli dans sa chambre après sa mort une quantité considérable, faible portion toutefois de ce qu'il avait reçu. Il y en a dont les signataires demandent à être éclairés sur leur vocation, sur leur caractère, sur leurs défauts : les uns expliquent longuement leurs aptitudes et leur passé ; les autres se bornent à de rapides indications, se fiant à la pénétration merveilleuse de leur guide. Si les lettres de ce genre n'ont pas été trouvées en plus grand nombre, c'est que le Curé d'Ars détruisait par discrétion, aussitôt après en avoir pris connaissance, celles qui étaient confidentielles.

leià LE BIENHEUREUX CURÉ D'ARS.

Beaucoup racontent des maladies, des infirmité» des chagrins de famille, des infortunes lamentables et demandent des guérisonsou des consolations. Beaucoup aussi sollicitent des prières pour la conversion d*uneâmeou d'une famille, et ilenest dans le nombre de fort touchantes, comme celle où lord Howard fait demander au Bienheureux par un ami de prier pour la conversion de son père, le duc de Norfolk. Dans d'autres lettres, des prêtres le sollicitent de leur obtenir de Dieu la régénération de leur paroisse; des évêques, celle de leur diocèse ; des œuvres de toute nature lui sont recommandées.

Il ne répondait presque jamais lui-même ; où en aurait-il pris le temps ? Il faisait répondre, quand il le jugeait à propos, par ses collaborateurs. Les lettres qui réclamaient des prières plutôt que des avis demeuraient en général sans réponse. Mais elles ne demeuraient pas sans eflPet. Car elles étaient souvent suivies de lettres nouvelles où les signataires exprimaient avec une joie plus ou moins débordante leur reconnaissance pour les grâces obtenues : du jour où ils avaient demandé au Curé i'Ars de prier à leurs intentions, disaient-ils, le malade avait vu ses maux adoucis, les yeux du pécheur avaient commencé à se dessiller, le succès de l'œuvre s'était dessiné. Quand on a jeté les yeux sur les actions de grâce que tant de correspondants divers le chargent d'offrir à Dieu en leur nom, après l'avoir chargé de lui adresser leur requête, on n'a plus de peine à comprendre pourquoi la renommée de M. Vianney avait pénétré dans des régions si éloignées d'Ars, ni pourquoi ce petit village fut un des principaux foyers d'où la vie chrétienne en France au XIX* siècle reçut la lumière et la chaleur.

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