‹ Le Bienheureux Raymond Lulle (1232-1315)Chapitre 13 sur 60 · VAmi et VAimé · texte numérisé non relu

VAmi et VAimé

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contre rinclémence des saisons et l'emportait sur elle. Il supportait la faim, les tribulations de toutes sortes et les maladies.

« Bon pèlerin, lui disaient parfois des gens charitables, il fait froid : voici des vêtements meilleurs. »

Il répondait :

« Je suis vêtu iVun drap vil ., mais V amour vêt mon cœur de plaisantes pensées et mon corps d'un vêtement de pleurs^ de larmes et de passions^. »

Ils lui disaient encore :

« Où allez-vous sans compagnon? Vous vous perdrez ainsi dans ces sentiers étroits, loin des routes que suivent les pèlerins en troupe, et vous mourrez, pauvre homme, dans les forêts et dans la nuit. »

Il répondait :

« Mon amour me guide et m'achemine vers la patrie oit il ny a pas de nuit^. »

Car c'étaient surtout les lieux solitaires et les chemins difficiles qu'il recherchait; là, rien ne venait le distraire de sa contemplation, il avait toujours la compagnie de l'Aimé qui l'abandonnait parfois lorsqu'il se mêlait à la foule des hommes. Lorsqu'il pouvait se reposer seul, dans une belle vallée, sous des arbres et auprès d'une claire fontaine, il pensait aux livres qu'il s'était proposé d'écrire, plus tard lorsqu'il aurait conquis la science, pour l'utilité des chrétiens et la conversion des infidèles.

C'est ainsi que, dans un amoureux commerce avec la nature, mêlant la réflexion à la poésie, son esprit

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